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Critique d’ “Hélène, fleur de soufre” et “Les honneurs de Sophie”

Les éditions Dominique Leroy proposaient récemment de lire leurs deux derniers opus : « Hélène, fleur de soufre » de Julie Derussy et « Les Honneurs de Sophie » de Jean-Luc Manet en échange d’un petit commentaire. Ni une ni deux je me porte volontaire, heureuse de lire mes premiers e-book.

Je commence par l’ouvrage de Julie Derussy qui se classe dans une catégorie spécifique de la collection e-ros : celle des « figures mythiques ». Bercée enfant et adolescente dans les livres de mythologie gréco-romaine j’avoue avoir adoré l’idée de mettre en scène mes héros dans des situations sensuelles…  Le texte est court et illustré par Denis Verlaine qui sait mieux que quiconque m’émouvoir. Sous son pinceau Ménélas, Hélène, Pâris et Cassandre prennent vie et leurs corps invitent au plaisir. J’aime vraiment l’idée de mêler le texte aux dessins, le confort de lecture n’est pas perturbé et le plaisir en est accru.

Le texte commence par le mariage d’Hélène avec  Ménélas, se poursuit avec l’enlèvement par Pâris  et se termine par la chute de Troie.  Les amateurs de l’épopée homérique seront comblés : Julie Derussy suit le récit original. Sa plume est un vrai plaisir comme l’atteste dès le début le superbe poème d’introduction.

Hélène confesse ses aventures à la première personne et ce parti pris la rend extrêmement touchante.  La reine passive de nos livres illustrés devient une femme de caractère qui rêve un instant de paix, d’amour et de sensualité dans une forteresse réputée inviolable. Hélène est « fleur de soufre », un être aux multiples interrogations qui ne laissent pas le lecteur indifférent. N’est-elle que vile séductrice, amoureuse malheureuse, libertine incomprise aux envies multiples, jouet des Dieux, fleur du mâl(e) ? En dix ans la reine va se lasser de l’amour de Pâris,  regretter  la brutalité de Ménélas et oser fantasmer sur le corps musclé d’Hector et la poitrine gourmande de Cassandre. Les scènes érotiques sont très bien écrites mais ne constituent pas l’essentiel de cet ouvrage : la force d’ « Hélène, fleur de soufre » réside dans les questionnements qu’il soulève chez le lecteur. On aime, on déteste puis on plaint Hélène. Nos sentiments permettent à cette héroïne de se révéler sans que le mystère ne se dévoile entièrement… Hélène est à l’image des Femmes : trop complexe pour se laisser enfermer.

« Hélène, fleur de soufre » est un coup de cœur absolu parce que Julie Derussy ose rendre actif le lecteur, écrit merveilleusement bien et nous emmène loin dans la sensualité féminine. S’il n’y avait qu’un livre à s’offrir ce serait celui-ci.

« Les Honneurs de Sophie » de Jean-Luc Manet jouent sur un tout autre registre et j’avoue avoir eu plus de mal à le commenter étant encore sous le charme d’Hélène. Ici point de noble dame à la chevelure parée de bijoux anciens ni de Troyens en guerre. Le récit se déroule à notre époque sous forme de courts souvenirs racontés par Sophie à son amant. Cinq aventures toutes plus excitantes les unes que les autres dont l’érotisme m’a plu. Le style est concis et se prête bien à la lecture orale comme le souligne ChocolatCannelle (la version audio de cet opus existe d’ailleurs).

Sophie y relate certaines de ses rencontres  avec malice en nous emmenant dans sa danse sensuelle. Sa personnalité badine est attachante et on imagine aisément une suite à ses aventures.

J’ai aimé les différentes situations notamment la scène dans le camping entre Sophie la quadra et deu x jeunes plus qu’en forme, moment de plaisirs à trois fort sympathique. Le ton léger est divertissant et il me tarde de lire une autre nouvelle de cet auteur habitué d’ordinaire aux ouvrages plus sombres.

Merci aux éditions Dominique Leroy de m’avoir fourni gracieusement Les Honneurs de Sophie et Hélène Fleur de Soufre pour écrire cette critique

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