#27486
bzobzo
Participant

durant mon parcours avec masseur,
j’avais fait toutes sortes d’expériences,
il est nécessaire de s’engager dans toutes les voies possibles, explorer tous les culs de sac
pour arriver finalement à tracer une voie indépendante, ferme, claire,
facile à retrouver et à emprunter selon notre envie, selon notre disponibilité

une voie qui n’appartient qu’à nous, une voie sans limites,
qui semble pouvoir nous emmener au-delà de l’horizon à chaque instant

j’avais beaucoup expérimenté par période durant mes séances
une alternance de moments où j’avais les yeux fermés
et d’autres où je les avais, ouverts,
j’avais déjà pu me rendre compte à quel point les sensations étaient différentes
selon que les paupières étaient closes ou pas
mais cela n’avait jamais vraiment abouti, plusieurs fois je me suis enthousiasmé
et autant de fois j’avais finalement laissé tomber, déçu finalement

là en aneroless où les sensations sont tellement plus précises, plus fines, plus acérées
cette dualité, cette différence m’est apparue avec une netteté criante, stupéfiante,
il y a moyen d’exploiter cela, de combiner cela,
il y a moyen de les rendre complémentaire à condition de bien s’y prendre

un petit résumé non exhaustif des différences entre les sensations ressenties
quand on a les yeux ouverts ou fermés:

-yeux ouverts, c’est bien des sensations beaucoup plus extériorisées,
moins subtiles, moins de variété, moins de richesse, certes
mais il y a une force brute nettement plus marquée à l’oeuvre,
le corps se matérialise devant nos yeux, on voit nos membres,
nos membres en action, les hanches qui bougent,
les mains qui vont et qui viennent, le corps prend chair,
galoper à cheval sans selle

le monde extérieur aussi est là soudainement
avec tous ses objets inertes qui semblent s’imbiber de notre plaisir
jusqu’à finalement sans avoir changés d’un iota,
devenir plus tout à fait inertes mais turgescents, raides dans notre champ visuel,
le monde semble en rut face à nous, vibrant, impatient, prêt à venir partouzer avec nous,
prêt à venir nous pénétrer par tous les pores de la peau, prêt à nous prendre de tous les côtés

pas négliger non plus l’aspect exhibitionniste, yeux ouverts,
définitivement exhibitionniste vis à vis de nous-même
de nous voir si impudique, si oublieux de notre masculinité, bougeant comme une femme en chaleur

-yeux fermés, d’un autre côté, on est tout de suite dans un espace feutré, un monde clos,
on perçoit plus distinctement les multiples variations des sensations,
on goûte chaque nuance, chaque nouvelle coloration

on perçoit aussi incroyablement puissamment ce corps de femme de l’intérieur,
on le sent sous nos doigts, il prend vie, il se dessinent avec une telle netteté inouïe, les yeux clos,
il n’y a plus l’espace extérieur avec ces milles objets pour nous en distraire,
on est dedans, on vit dedans et on sent le vit dedans,
on sent chaque millimètre de ce vit dedans nous pénétrant,
on sent chaque millimètre de la progression de ce vit dedans nous pénétrant

cependant la sensation de confinement, la sensation d’un couvercle
peut naître, peut apparaître au bout d’un certain temps,
la sensation de tourner en rond, de ne plus avancer,
c’est le moment d’ouvrir les yeux,
de se retrouver instantanément à galoper sans selle sur l’échine du mustang,
c’est le moment de hurler comme un cosaque déchaîné son plaisir à galoper à l’air libre,
de sentir son plaisir jaillir, éclabousser, éjaculer vers le dehors,
se disséminer, imprégner tout ce qu’on voit
avant qu’en retour les objets dans notre champ de vision engrossés,
cherchent à nous baiser en retour par tous les orifices frénétiquement

arrivera immanquablement un moment où on se sentira lassé de tant de frénésie,
de si peu de subtilité, de variété, de si peu d’intimité,
c’est le moment de refermer les paupières,
de goûter à nouveau aux sensations dans l’obscurité bienveillante et chaleureuse,
luxe, calme et volupté

quelque chose comme cela,
c’est encore encore du working in progress