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Participant

Quand j’observe certaines femmes et leur prétendue féminité, j’ai du mal à m’y reconnaitre. De même, quand j’observe certains hommes et leur prétendue masculinité, je ne peux m’y reconnaitre non plus.

En fait, je suis incapable de dire si il existe une sensibilité féminine. Et si elle existait, je serais encore moins capable de la définir. De même pour une sensibilité masculine. Supposer l’existence d’une féminité, ou d’une masculinité implique de la considérer comme naturelle, comme s’imposant à nous comme une détermination naturelle, venant en quelque sorte de l’extérieur. Si tel était le cas, elle serait d’origine physiologique. L’homme et la femme ne portant pas les mêmes organes génitaux, cela les conduirait, naturellement, de par leurs sécrétions hormonales et leurs organes différents, à avoir des comportements, des affinités, des désirs différents.

Faut-il encore plus de défilés d’homosexuels, de bisexuels, de transgenres et autres transsexuels, pour venir affirmer haut et fort que tel n’est pas le cas.

Pourtant, il y a bien des sensibilités différentes ? Mais il n’y a pas de féminité naturelle, ni de masculinité naturelle. Il n’y a que des comportements appris, construits, élaborés par le rapport des hommes et des femmes entre eux, par le rapport des humains avec leur corps, par le rapport des générations entres elles.

Je ne me sens donc ni femme, ni homme, ni féminine, ni masculin. Je me sens existant. Contrairement à certains qui pensent qu’il suffit de penser pour se sentir exister, je pense à travers mon corps. Mon corps n’est rien sans sa pensée, et ma pensée n’est rien sans son corps.

Ainsi, la pensée peut penser son corps comme elle l’entend. Si le corps social dans lequel évolue ma pensée a défini une sensibilité féminine et une sensibilité masculine, alors je peux m’y conformer, ou m’en indigner. Je peux élaborer à mon tour la place que ma pensée et mon corps doit, peut, essaye de prendre dans ce corps social, qu’il soit en conformité ou en totale opposition avec le corps que j’entends avoir.

Personnellement je ne revendique aucune masculinité, ni aucune féminité. Je ne souhaite pas m’y maintenir. Cela dit, ma sensibilité évolue grâce au massage prostatique. Il accentue la connexion à mon corps, il accorde ma pensée à la vibration de mon corps qui joue sa partition de plus en plus quotidiennement car elle se manifeste aussi sans masseur. Il réunifie ce que des siècles d’histoire humaine ont cherché à séparer : le corps et l’esprit, tout en maintenant la distinction claire. Il n’y a ici, aucune divinité, aucune spiritualité orientale ou ésotérique, aucune magie. Il n’y a que moi, comme corps vibrant, uni à ma pensée jouissant de la vibration.

Cela ne produit rien. Ni enfants, ni œuvre, ni relations humaines, ni sens politique. Ce n’est pas un travail. Si cela est apparenté à la féminité, je comprends mieux qu’elle ait été maintenue tant de siècle dans un rôle subalterne, voire presque exclusivement reproducteur. Je parle de cet être dépourvu de pénis, et pourvu d’un vagin, d’un clitoris, que l’on appelle femme, qui menace, par sa seule existence, tout ce que l’homme, le mâle, à construit, à la sueur de son front, et avec du sang sur les mains. Si la femme est perçue comme cet être pourvu de la capacité de jouir à répétition, sans rien produire, je comprends que cela puisse générer la haine. Dommage que l’immense majorité des hommes passe à côté de cette capacité, dont ils sont pourvus également. Si ce n’était pas le cas, il y a fort à parier que la civilisation occidentale serait cette fois réellement civilisée.

Bon cheminement à tous