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Participant

C’est bien tout le problème que tu soulèves là cher @BZO : Accepter d’aller nulle part. Tu n’as besoin d’aucune technique puisque tu ne vas nulle part. Pourtant ton désir te donne l’énergie de te lever pour y aller, dans cet endroit qui n’existe pas. Quand tu as acquis la certitude que cet endroit existe, et que enfin tu sembles y être parvenu, que tu le touches du bout du doigt, et bien tu t’aperçois qu’il est tout à fait de l’autre côté. Toutes tes certitudes se dérobent sous tes pieds, et s’ouvre là un gouffre. Si tu te laisses tomber, tu deviens fou, alors tu dois t’accrocher à autre chose, pour recommencer.
Les pensées orientales, certaines pensées religieuses, et d’autres plus exotiques, donnent à penser qu’on peut rester en suspension, au-dessus de ce gouffre, et le contempler. Qu’il faut se débarrasser de tout ce qui nous alourdi, qu’il faut renoncer à tout ce à quoi l’on s’accroche, et pourtant, tout cela, c’est ce qui fait de nous des êtres humains, et non des bêtes sauvages. Mais peut-être que cela ne fera pas de nous des bêtes sauvages, peut être que c’est cela qui réalisera véritablement notre humanité ? C’est bien tout le problème ! Quand on se débarrasse de tout ce qui nous alourdi, on est écartelé entre deux extrêmes : l’amour inconditionnel pour son prochain d’un côté, et l’absence de désir pour son prochain de l’autre. Mais sont-ils, ces deux extrêmes, si opposés que cela ? L’absence de désir pour son prochain est -il absence de désir tout court ? L’amour est-il un élan vers l’autre, ou un accueil de l’autre ?

Bon cheminement @bzo