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Participant

Bonjour à tous !
Bon, ce que j’ai « pondu » sur le sujet est encore une fois très cérébral, mais bon, vous me connaissez maintenant…

Du plaisir féminin, je ne peux rien en dire, je suis incapable de dire ce que serait un plaisir de type féminin. Je crois que même si j’étais une femme, ça me serait difficile d’en parler, comme il m’est difficile de dire ce qu’est le plaisir masculin. Je croyais le savoir, et puis j’ai rencontré une nouvelle forme de plaisir, et là, je ne sais plus.

Quand on parle de genre, il faut faire attention de ne pas opposer ce qui serait de l’ordre d’une réalité objective, indépendante de notre interprétation, à une perception subjective et personnelle pour pouvoir dire de cette subjectivité, qu’elle a moins de valeur que la réalité objective qui elle repose sur des critères scientifiques.
Pour faire simple : être homme ou femme est affaire personnelle. La réalité objective de nos organes génitaux n’a pas et ne doit pas avoir la primauté sur le sentiment que nous avons d’être homme ou femme, ou les deux à la fois, ou ni l’un ni l’autre.
De même, Si Il ‘y avait une réalité objective de ce que serait le plaisir féminin, ou masculin, cela ne changerait rien à la perception que j’ai, dans mon fort intérieur de ce plaisir. Cela permettrait simplement de mieux communiquer à son propos, ce qui est déjà pas si mal.
Notre structure mentale, relative à la perception du masculin et du féminin (mais pas que), a été façonnée par une histoire personnelle qui s’intègre dans une histoire collective. Or cette histoire collective (occidentale) repose sur l’idée que le monde est composé d’une part idéelle, intelligible, faite de lois, et d’une part matérielle, physique, mécanique, soumise aux lois de cette part idéelle. L’observation et l’expérience de cette part matérielle, nous permettrai de dégager les lois intelligibles auxquelles elle est soumise.
La distinction masculin/féminin, fidèle à cette dualité tendrai à placer l’une (féminin) du côté de la matière, du plaisir, et l’autre (masculin) du côté de la supériorité de l’intellect, qui soumet la matière.
De cette structure mentale, qui constitue le jus culturel de base dans lequel nous baignons, nous pouvons nous émanciper.

Je préfère aujourd’hui ressentir le plaisir comme étant ce que fait la vie à notre corps, cette vie qui nous rend vivant. Cette présence silencieuse, qui n’a pas besoin de science pour être révélée ni d’apparition divine ni de communion avec les éléments de la nature, fait palpiter mon corps de plaisir. Cette vie n’a besoin que de notre consentement, et peu importe la forme dans laquelle se coule ce consentement, elle est l’expression de notre liberté.

Cela étant dit, la lecture, sur ce forum, du récit des expériences des uns et des autres, » se chevauchant dans les éthers immatériels », vivant dans leur chair la caresse de cette palpitation, transpercés par cette fémininité, adoubés par cette masculinité, tour à tour hommes femmes, masses de chair informe et gorgées de désirs, hésitantes et persévérantes, sont toujours pour moi un vrai bonheur.

Bon cheminement à toutes et à tous