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AndranerosAndraneros
Modérateur

Tu nous dis @aneveil:

Je me pose beaucoup de questions sur le plaisir prostatique en solitaire et mon besoin d’altérité. Je crois que c’est une question importante qui explique sûrement (en partie) la quasi-désertion de ce forum par les femmes.

Même si notre forum et le site auquel il est attaché traitent de tous les aspects de la sexualité, le plaisir prostatique y tient une place particulière parce qu’il est à l’origine du site ( @adam tu as le droit de me contredire… ), parce qu’il est mentionné dans un gros pavé sur la page d’accueil et que cette section du forum est la seule à avoir bénéficié d’une activité régulière en constant développement.
Quand on découvre le site et son forum en y jetant un coup d’œil rapide on peut être désemparé et avoir envie de parler sexualité dans un contexte plus habituel. Nous avons sans doute un effort de communication et d’animation à faire pour rendre le forum attractif à toutes celles et à tous ceux qui ne sont pas tombés dans notre marmite.

Je constate que de nombreux intervenant semblent trouver suffisamment de satisfactions grâce au plaisir prostatique pour se passer totalement de rapports avec un ou une partenaire.

Je fais la même constatation que toi mais je l’analyse un peu différemment. En effet les intervenants masculins qui s’expriment sur les forums spécialisés sérieux me donnent souvent l’impression d’avoir une vie sociale plutôt isolée ou une vie de couple peu satisfaisante avant le développement de leur pratique du plaisir prostatique. Dans ce cas leur pratique leur apporte, en remplacement ou en complément d’une relation inexistante ou frustrante, ce dont ils manquent dans leur vie. Je pense que le plaisir prostatique exclusivement solitaire est plus la conséquence de difficultés à vivre une relation satisfaisante que la cause de cette situation. Plus les difficultés à vivre avec les autres sont importantes, plus il est tentant de s’enfermer dans sa pratique solitaire, surtout quand elle procure des satisfactions qui semblent illimitées dans les meilleurs des cas.
Mais
• d’une part le succès de son cheminement contribue à améliorer l’image que l’on peut avoir de soi, à restaurer la confiance en soi, ce qui redonne l’envie de relations avec les autres ;
• d’autre part la répétition à volonté d’orgasmes, dont l’intensité et l’ampleur renversent la conscience, libère des quantités d’hormones qui contribuent à éliminer toute forme de stress et donc à faciliter les relations ;
• enfin l’accroissement de la sensibilité aux stimulations, la multiplication des zones érogènes sur tout le corps et l’apparition d’un état d’excitation permanent contribuent à un véritable renouveau du désir sexuel.

Le problème est que le plaisir prostatique maintient mon corps dans une énergie sexuelle, un état de désir semi-orgasmique de plus en plus fréquent, et que malheureusement nos contacts corporels sont à mon goût bien trop espacés (surtout en ce moment).

C’est peut-être la principale difficulté que fait apparaître un cheminement réussi, le déséquilibre au sein du couple ente celui dont le désir sexuel et l’aptitude à jouir sont en plein développement et l’autre qui ne répond plus à ce désir et prend peur devant la transformation de son compagnon comme tu le mentionnais :

Alors que je vivais (il y a encore peu) dans mon corps des orgasmes de plus en plus forts et fréquents avec ou sans objet inserrés, ma compagne glisse de plus en plus vers l’anorgasmie.
Cela crée bien sûr entre nous un fort déséquilibre tant au niveau de nos énergies sexuelles qu’au niveau du désir. Je crois comprendre qu’elle apprécie de moins en moins l’idée que je puisse avoir « beaucoup plus de plaisir seul » et en dehors d’elle, même si pour moi ce n’est pas du tout comparable et que la relation comme le contact de son corp et sa présence reste pour moi très important.
Mon évolution lui fait peur et mes besoins comme mes expériences lui semblent totalement sans limites ce qui l’in-sécurise totalement, car elle me dit avoir peur de ne plus me reconnaître.

Ai-je trop d’attente ? Mon besoin de l’autre est il trop grand ?

Oui, dans la mesure où faire une demande quand on sait qu’il n’y aura pas de réponse est bien « trop attendre ». Non, dans la mesure où ton besoin est tout à fait naturel dans ton nouvel état.

« Mes orgasmes du popotin » sont-ils encore trop faibles pour me combler pleinement ?

De mon point de vue non, dans la mesure où ils t’apportent beaucoup plus de jouissance que tu n’en avais avant de commencer ton cheminement, sauf si tu as encore des attentes non satisfaites par ce que tu vis déjà.

Ai-je une croyance bien ancrée comme quoi « sexuellement on ne peut être réellement comblé qu’a deux » ?

C’est une question qui touche le cœur de ta personnalité. Je pense qu’à deux c’est mieux, comme toi. Ce qui nous grandit dans une relation à ce point intime c’est la capacité à donner le plaisir que l’on connaît et à recevoir celui que connaît l’autre. C’est une des formes du partage ultime. Tu as d’ailleurs bien eu plusieurs occasions de pratiquer cette forme de partage avec ta femme au cours de ton cheminement avec et sans aneros et avec ta copie de Pure Wand. Comment a-t-elle vécu ces moments, comment se les est-t-elle appropriés ? Que lui en reste-t-il ? Début juillet tu nous permettais de croire qu’il y avait une évolution positive.

Bon cheminement @aneveil.