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luckylucky
Participant

Bonjour tout le monde,

Le terme transsexuelle est à garder pour les transgenres opérées. En fait, on pourrait même dire que ça ne sert à rien puisqu’arrivée au bout de sa transition physique, une transsexuelle est une femme comme les autres.

Le terme transgenre convient mieux dans la mesure où il est plus général et recouvre toutes les subtilités que l’on peut trouver dans un continuum homme/femme, et donc non-binaire. La non-binarité est l’idée que les genres ne se réduisent pas à 2, mais à une multitude.

Il faut faire la distinction entre l’identité sexuelle et la sexualité. Les orgasmes prostatiques peuvent nous conduire à une sexualité « féminine », c’est ce qui s’est produit pour moi. Mais l’identité sexuelle qui nous amène à la transitude n’en découle pas forcément. C’est encore autre chose.

Je me demande si :
l’on me proposait une après-midi d’orgasmes prostatiques ou une après-midi de shopping, je ne préfèrerais pas le shopping malgré le plaisir intense que les orgasmes me procurent.
C’est pour vous donner une idée de l’importance de cet être femme.

Cette identité, c’est un sentiment, une situation, un état de conscience, celui de se reconnaître dans le miroir comme femme, c’est un sourire qui ne nous quitte plus, c’est l’envie de sentir une jupe sur ses jambes, c’est parfois et même sans hormones pleurer et se dire que c’est beau d’être triste, c’est le besoin de se vêtir, de se maquiller, de se faire belle, d’acheter…. Un ensemble de subtilités difficiles à définir. Ce sont aussi les souvenirs de détails dans nos vies qui se remettent en place, s’expliquent alors que jusque là toute explication échouait.

Deux exemples en ce qui me concerne :

– Des petites filles me rejettent. J’avais 6 ans. J’ai toujours pensé que c’était parce que j’étais gros. Mais non, elles m’ont dit :  » Tu ne joues pas avec nous, tu es un garçon !  » Pas compris. Moi je me sentais comme elle. Pas compris. Je ne voulais pas être un garçon.

– Des petits garçons, 8 ans, jouent à qui a la plus grosse. Moi, je suis là. Tous montrent leur sexe sans honte. Moi, je ne peux pas. Je m’en vais sous les quolibets. J’peux pas ! J’ai honte ! J’ai toujours pensé que mon sexe était trop petit et que c’était pour ça que j’avais honte, mais non, j’avais honte d’être un garçon.

Il y a des tas de petits détails comme ceux-là qui, au final, montrent que j’étais une fille inconsciemment depuis toujours. C’est cela l’identité !

Bisous
Julie Armande