#34155
bzobzo
Participant

le plaisir dans ses formes les plus intenses,
semble tellement proche de la souffrance, tellement proche,
il y a une zone d’extrême intensité où on a la sensation constamment que c’est insupportable bon,
que notre cervelle va exploser de tant de bonheur lascif,
cette zone aurait pu aussi bien être de la souffrance,
en d’autres lieux, en d’autres heures, en d’autres circonstances

c’est un drôle d’espace de jeu en nous, tellement ambivalent, tellement équivoque,
les frissons intenses, sont d’autant plus perçus dans toute leur acuité
que si on perçoit à quel point un rien les sépare d’une douleur d’une intensité équivalente

on fait l’équilibriste quelque part quand on a abandonné toute volonté
et qu’on se laisse emporter par les vagues de la volupté en des contrées inconnues,
on frôle des ravins, on côtoie des précipices,
la cruauté est au repos tout prête à bondir

on retombe toujours sur ses pattes néanmoins car le désir est un cocher souverain
mais la carriole tangue dangereusement par moments, du moins on a l’impression

l’identité sexuelle peut nous abandonner,
ce repère qui semblait intangible depuis toujours, peut nous lâcher peu à peu durant nos séances,
nous forçant à marcher parmi des ruines momentanément,
ce constat:la chair n’a pas de sexe, elle est tout autant masculine que féminine,
on peut vivre dans n’importe quel corps indifféremment de son sexe,
tout ce qu’un homme peut éprouver comme sensations
et en même temps, tout ce qu’une femme peut éprouver comme sensations,
la chair a tout le spectre en elle