#34425
bzobzo
Participant

une question intéressante que je me pose dans ma cage dorée
d’où je chante les délices de ma pratique

vaut-il mieux éprouver un plaisir moins conséquent, moins riche, moins varié et moins longuement
voire beaucoup moins conséquent, beaucoup moins riche,
beaucoup moins varié et beaucoup moins longuement
avec quelqu’un d’autre,
une autre personne donc,
qu’atteindre des sommets absolus de plaisir, des sommets absolus de qualité de sensations
avec un nombre incalculable d’orgasmes à la clef
mais tout seul?

un dicton populaire nous suggère qu’on n’est jamais mieux servi que par soi-même,
est-ce vrai aussi dans l’amour physique?

quand mon moi masculin caresse, manipule par l’intermédiaire de mon corps et fait jouir interminablement,
mon moi féminin,
toutes ses actions sont exactement celles qu’elle attend,
celles que ma chair à travers elle, désire, celles qui la rendront folle d’ivresse,
qui la feront monter jusqu’au ciel

bien évidemment puisqu’ils partagent le même corps, le mien en l’occurrence,
parce qu’ils se connaissent parfaitement,
parce qu’ils sont tous les deux en moi,
ils s’ébattent en parfaite coordination, en parfaite synchronisation,
enfin quand tout fonctionne bien, quand tout tourne comme il faut,
ce qui désormais chez moi, est le cas très souvent,
une bonne partie du temps en tout cas

les imperfections de l’action, j’ai même appris à les tourner en force,
en prise de recul dans l’instant, pour décoller encore plus haut, encore plus loin,
l’instant d’après

parce que j’ai développé ces deux pôles en moi,
parce que je suis capable de les faire s’ébattre,
ils peuvent aussi en moi s’unir totalement, complètement,
ne plus faire qu’un en moi et me faire connaître ainsi des sommets inouïs
communion ardente, communion fusionnelle, dans l’instant, incandescence unique,
ce que je ne pourrais jamais, mais jamais atteindre, avec une autre personne
ou du moins, très peu probable

d’un côté, nous avons donc un plaisir absolu,
un plaisir atteignant avec le temps, avec l’expérience,
avec le développement d’une technique riche, sophistiquée, variée,
une sorte de perfection et de puissance absolument inégalables
avec une palette de sensations diversifiées à l’infini,
un spectre allant de la pure copulation animale, du coït le plus bestial qui soit
jusqu’à des extases comme totalement dématérialisées dans l’éther,
des sensations d’irrésistible élan spirituel,
le tout avec une facilité déconcertante , souvent même après quelques instants

des sommets et une palette donc qu’on n’atteindra jamais avec une autre personne
si on ne prend en compte que ce qu’on a éprouvé quand on était avec l’autre
en faisant abstraction de ce que l’autre a éprouvé
mais si on additionne ce qu’on a éprouvé et ce que l’autre, a éprouvé,
si on essaie de les mêler, de les entremêler inextricablement
alors les paramètres changent du tout au tout, la perspective change

en fait on peut dire même
que c’est là que les choses commencent à devenir vraiment intéressantes,
quand on parvient à mettre de côté son ego complètement
et qu’on est entièrement concentré sur l’autre

vivre ensemble dans l’instant le déchaînement des énergies sexuelles,
le déchaînement des énergies sexuelles de deux corps habités par deux êtres différents,
il y a une fusion qui peut s’opérer, qui peut être vécue
malgré la barrière infranchissable d’être dans deux corps séparés

certes c’est souvent très imparfait, l’accord est difficile,
l’union est balbutiante, maladroite malgré toute notre bonne volonté, tous nos efforts,
il est en fait beaucoup plus facile d’aller plus loin, beaucoup plus loin
quand le pôle masculin et le pôle féminin sont en un seul et même corps,
quand le résultat au niveau des sensations d’un acte charnel
est reproduit et vécu dans une seule et même chair

mais l’addition de deux sources d’énergies sexuelles dans deux corps différents,
peut potentiellement décupler les sensations d’une façon tellement constamment inattendue,
du fait que l’autre n’est pas en nous mais dehors avec sa chair bien à lui ou bien à elle,
avec sa volonté bien à lui ou bien à elle,
avec ses gestes et ses mouvements bien à lui ou bien à elle
du fait que l’autre nous est et restera à tout jamais,
malgré tous nos efforts de le ou la sonder, avec toutes sortes de moyens,
hors de nous, terra incognita, terre impénétrable malgré tous nos efforts à jamais,
malgré qu’ on y enfonce un braquemart le plus turgescent possible
et qu’on a notre peau tout contre la peau de l’autre
et nos mains posées sur la chair de l’autre

parvenir à mêler nos énergies sexuelles, parvenir à les emmêler le plus possible,
éveille en nous un potentiel d’empathie mystérieuse, insoupçonnée,
un langage de fluides subtils de chair à chair,
une communication dans l’invisible d’être à être ayant laissé leur ego et leur moi pensant au vestiaire,
qui nous permet parfois de vivre de plus en plus ce que l’autre vit

on peut éveiller aussi dans une certaine mesure tout ce mécanisme tout seul aussi,
l’appliquer à un seul corps,
c’est même grâce à cela que l’on peut parvenir à vivre tout seul
une bonne partie de ce que l’on peut vivre à deux durant des ébats
mais différemment, en mieux et en même temps, en moins bien,
définitivement différemment
mais pourtant en même temps tellement semblablement, avec tellement de poins communs

l’autre semble tellement différent de nous et il l’est!
mais en même temps il est fait de 80% d’eau comme nous,
avec les mêmes énergies de vie aussi au fond de lui, d’elle,
les mêmes forces subtiles dans l’invisible qui nous animent, l’un comme l’autre,
une même viande sans sexe, qui peut avoir les deux…
des nerfs prêts à nous faire ressentir tout, tout ou rien…
bref beaucoup de points communs,
beaucoup , beaucoup de points communs,
beaucoup, beaucoup de terrain commun pour vivre ce que l’autre est en train de vivre

notre source d’énergie n’a pas de sexe,
on peut la garder durant l’acte sexuel à deux, juste comme source correspondant à notre sexe,
on se restreint ainsi, on se restreint tellement,
on peut aussi profiter de ce superbe geyser qui monte en nous,
pour essayer de vivre aussi ce que l’autre vit,
essayer de vivre ainsi une communion, une communion et une union,
par delà la séparation des chairs

notre source d’énergie n’a pas de sexe,
on peut grâce à cela, dans la solitude, grâce à cette divine propriété,
développer et alimenter un pôle masculin et un pôle féminin bien séparés, bien différenciés, en nous
et ainsi vivre de véritables ébats charnels d’une richesse et d’une variété inouïes
dans un seul et même corps