#35170
bzobzo
Participant

le plaisir, une fois que notre pratique est bien établie, arrive par vagues,
une houle constante, puissante, riche,
au moins on est avancé, au plus elle sera irrégulière, erratique, faiblarde

chaque sensation que nous ressentons, est donc comme une vague,
elle naît, elle prend son essor, monte en puissance, gagne en richesse, en nuances, en coloris,
culmine
puis décline, perd de la vitesse, s’appauvrit et meurt,
c’est ce que j’appelle, le cycle de la sensation

pour en profiter au maximum, la goûter pleinement, lui faire honneur,
il faut synchroniser à ce cycle un autre cycle qui dépend de nous,
celui de l’action et de l’inaction
ou plutôt de l’action et d’une non-action directe

quand une sensation commence à décliner sérieusement en nous, qu’elle commence à être en bout de course,
c’est à ce moment qu’il faut se remettre en action, qu’il faut relancer la machine,
on va contribuer plus ou moins fortement, selon les moments,
à faire naître la vague ou les vagues suivantes par nos actes, aussi minimes soient-ils,
chez moi, par exemple, ce seront des caresses,
des ondulations de tout le corps ou seulement du bassin, des mouvements du bassin, du cul,
les frottements des cuisses sur mes bijoux de famille et les contractions bien sûr,
chez d’autres, adeptes de techniques plus minimalistes, l’action pourra être réduite à une portion congrue,
néanmoins, j’ai la conviction, qu’elle existe toujours, aussi minime soit-elle,
puis quand on sent que la sensation est bien sur sa lancée,
on ralentit, voire on s’immobilise complètement pour déguster ce qu’on a faire naître en nous

et ainsi de suite, quand on sent qu’elle est à nouveau en bout de course,
on se remet en action,
on accompagne avec une écoute privilégiée la course de la vague ou des vagues en nous
et on aide à l’éclosion des suivantes,
deux cycles qui s’interagissent en fait, sont en étroite collaboration

avec le temps, cela devient un automatisme,
vous n’avez plus du tout à y réfléchir tellement cela devient naturel,
bien sûr cela peut et c’est la plupart du temps, moins nettement délimité, précis que ce que je décris,
si on essaie d’appliquer cela à la lettre,
on ne se relâche pas assez, on tente de trop contrôler,
il faut que cela reste détendu,
avec l’habitude, cela se fait vraiment tout seul

cependant il peut y avoir un moment de notre parcours, de notre apprentissage
où il est nécessaire de faire plus attention à tout cela
pour bien l’intégrer,
pour que notre corps puisse s’en emparer

se forcer à un rythme lent de l’action durant la pratique,
permet de bien sentir ces cycles,
c’est beaucoup plus facile ainsi d’y arriver