#35463
bzobzo
Participant

j’étais en train de regarder un documentaire sur un peintre que j’aime bien, Francis Bacon,
quand j’eu une brusque envie au creux des reins

je mets en pause le film sur mon ordinateur,
je me lève, abaisse mon sous-vêtement chauffant, collant dans lequel j’évolue à la maison pour l’instant,
il fait trop froid pour être encore nu,
je n’arrive pas à obtenir des températures dans mon appart qui le permettrait
malgré que j’ai particulièrement soigné l’isolation,
je glisse ma main droite sous le tissu pour aller caresser ma poitrine, j’agrippe un sein
tandis que mes cuisses libérées, à l’air libre, se serrent contre mes roubignolles, mon pénis flasque

je suis directement envahi de la tête aux pieds de soie chaude, frissonnante,
je reste ainsi sans bouger quelques instants,
dégustant jusqu’à la dernière goutte cette première vague

je me mets à onduler un peu, lentement, sur place,
le jeu de mes cuisses avec mes parties commence,
un tango sensuel, un dialogue érotique,
comme c’est divin, ma chair est envahi d’une telle douceur ineffable,
cela parait irréel tellement c’est bon,
je ne sais pas comment je fais pour ne pas hurler sans cesse tellement c’est sublime ce que je ressens

j’appuie de plus en plus fort en maintenant la contraction,
j’ai envie d’un orgasme, j’ai envie de fondre, de me fondre à l’univers dans l’invisible
il arrive bientôt,
une densité chaude de plus en plus présente dans mon bassin, comme un corps étranger qui grandit,
masse se déployant, incroyablement douce, caressante, poussant en moi,
me happant, m’incorporant, incorporant ma chair , happant ma chair,
m’incluant au fur et à mesure qu’elle progresse,
se densifiant toujours plus,
tout en se répandant comme une lente vague de raz de marée dans toutes les directions

en quelques instants mon corps est envahi,
tout mon être semble fondre comme un bonhomme de neige soumis à un rayonnement intense,
divine sensation de fondre, de fondre à l’univers, de se répandre dans l’univers,
c’est cela, ainsi habité, ainsi colonisé, j’ai l’impression un moment
d’avoir la même densité que la pierre, que la terre, que les océans,
quelque chose de lourd, de très lourd, avec de la lave dedans, de la lave bouillonnant très lentement,
tournant et tournant imperceptiblement,
un touillage engagé depuis la nuit des temps
qui tourne en toute chose et que je perçois en moi aussi pour quelques instants,
je fais partie du monde végétal, je fais partie du monde minéral, je fais partie du monde animal,
moi aussi, petit atome insignifiant désormais,
tournant avec tout le reste, sur un axe invisible,
depuis toujours,
pour toujours