#36019
bzobzo
Participant

vivre chaque sensation dans l’instant comme un surfeur vit la vague,
faisant corps avec elle, se laissant emporter par elle,
étant corps et âme avec elle

vivre son corps dans toute sa richesse, dans toute sa diversité,
vivre son corps vague après vague,
vivre le grand océan vague après vague,
vivre son corps comme un accès au grand océan, vague après vague

chaque vague est formée de tout ce qui se passe avec ce corps,
chaque déplacement de partie du corps, chaque mouvement, chaque geste,
chaque attitude, chaque posture, chaque pensée,
l’état émotionnel dans lequel vous êtes,
votre état de fatigue, votre ardeur, votre enthousiasme,
tout, absolument tout qui vous concerne de près ou de loin,
participe à la formation des vagues, instant après instant

vous changez la trajectoire du mouvement de votre bras, la vague change de coloris,
vous amorcez un mouvement du bassin, la vague change de nuance,
votre main bouge, parcourt, frotte, caresse, des parties différentes du corps,
les nuances de la vague évoluent sans cesse plus ou moins fort,
comme un film dont la vitesse ralentit, s’accélère où défilent des personnes, des actions différentes,
vous vous frottez un peu contre la couverture,
de nouvelles nuances apparaissent,
vous arrêtez mais vous pressez maintenant vos cuisses avec plus de force contre vos parties,
de tas de nouveaux coloris dans la vague, apparaissent

vous êtes inquiet tout à coup parce que vous vous rendez compte
qu’il est plus que temps d’aller promener le chien,
la vague perd de ses coloris, devient terne,
tout ce qui se passe en vous à chaque instant,
absolument tout contribue à la vague,
à vous d’apprendre à le percevoir
à vous d’apprendre à tisser l’océan en vous
et le ressentir vague après vague

car l’océan se tisse en nous
comme une majestueuse tapisserie,
il faut assembler avec patience les fils
et puis un jour c’est là, tout un pan de tapisserie est là en nous
prêt à prendre vie, prêt à s’animer, prêt à nous animer,
prêt à faire vivre l’océan un instant en nous,
comme un film en trois dimensions, expérience complètement immersive,
tout d’un coup on est dans l’écran, on est dans ce qui se passe sur l’écran,
on est dans l’image, on est dans le film, on est les acteurs, on est le paysage, on est l’action,
on est les coups d’éclats, la tension dramatique, le suspens

une idée arrive dans votre cerveau, s’installe,
mauvaise facteur, toujours,
cela plombe immédiatement, voile la perception des sensations,
leur présence n’est acceptable que si elles passent fugacement, en catimini, en sourdine,
qu’on ne leur laisse pas le temps de s’installer,
de reprendre pied en vous dans le fauteuil du pilote,
d’installer leur grisaille sur la perception de ce qui se passe dans votre corps,
on ne peut pas en même temps percevoir, ressentir à 100%
et réfléchir, avoir des idées,
c’est comme boire ou conduire, il faut choisir

le secret espoir de tout prostatonaute,
au lieu d’un hypothétique super O,
cela devrait être cela,
parvenir à ressentir son corps de cette manière,
comme un océan de vagues aux nuances infinies,
à ressentir instant après instant, à vivre instant après instant,
où tout, absolument tout, participe,
où dès que l’on bouge déjà le petit orteil du pied
et cela fait changer le coloris de la vague en nous et nous le ressentons, nous le dégustons

à vous d’apprendre aussi à ne plus se laisser influencer
par tout ce qu’il peut nuire dans l’instant à la vague
mais laisser le désir reprendre le dessus en vous,
juste laisser le désir s’exprimer sans restrictions en vous
contre vents et marées parfois
mais le désir peut ce miracle en nous,
il peut tout vaincre, anxiété, dépression, mal être, perte de confiance,
tout cela peut être emporté par le désir
si on s’en remet entre ses mains et qu’on le laisse prendre les rennes de ce corps