#36166
bzobzo
Participant

je ne suis pas psychanalyste, ni philosophe, ni autre profession,
ayant une idée du moi plutôt précise, conceptualisée,
quand je parle du moi et de l’autre en moi,
je me suis bricolé quelque chose, à partir de l’expérience dans ma pratique,
à partir de ce que je vis durant mes séances

quand je parle de moi, je pense essentiellement à ce moi pensant,
vivant essentiellement dans la tête comme dans un donjon,
n’ayant que des rapports distants avec ce corps,
coupé de celui-ci, même s’il est son véhicule au quotidien, qu’il ne peut rien faire sans lui,
lui participant à peu près à toutes ses actions mais comme à distance,
avec une sexualité limitée par l’identité sexuelle de ce corps

quand je pense à l’autre en moi,
je pense à un autre moi bien sûr
mais qui parait tellement étranger, tellement inhabituel au moi du quotidien
avec mon moi pensant dans le siège du conducteur
celui que je viens de décrire juste au-dessus

cet autre en moi a un rapport tout à fait différent au corps,
il semble être partout dans ce corps, être ce corps
mais aussi tout ce qu’il porte en lui
qui habituellement est quasi inaccessible
et qui là semble tout d’un coup, murmurer de partout

un autre moi qui a un accès direct aux énergies des profondeurs,
d’où une sensibilité aux caresses, aux contacts divers et variés tout à fait décuplées,
des sensations qui en paraissent tout à fait différentes, plus riches, plus puissantes,
une identité sexuelle différente aussi bien sûr,
pour l’essentiel féminine, enfin ce que moi je qualifie de féminine
car toutes ses caractéristiques semblent le placer du côté du féminin
mais aussi avec du masculin,
une identité sexuelle avec deux pôles,
un pôle féminin et un pôle masculin en constant dialogue

ce moi « augmenté » parait tellement différent,
semble vivre tellement différemment ce corps dans les instants,
que je le qualifie d’autre en moi
et je peux y accéder instantanément, vivre les instants qui passent totalement avec lui

contrairement à ce que j’écrivais, il y a encore pas longtemps,
le moi pensant a son rôle à jouer,
il n’est pas seulement dans sa niche, couché la queue entre les jambes
tandis que la place libérée est occupée par les sensations,
un monceau de sensations arrivant de toutes parts

non, je me suis rendu compte depuis qu’il a un rôle à jouer
mais beaucoup moindre, il est juste un acteur parmi d’autres,
en aucun cas dans le siège du pilote,
il peut intervenir ponctuellement, comme maintenu en laisse, ne faisant donc pas ce qu’il veut,
non, il intervient quand une réflexion est nécessaire dans le cours de l’action,
une pensée passe, aide un moment et déjà le moi pensant n’est plus là,
des interventions éclairs donc, utiles à l’élan général, au bon cours de l’action

cet autre moi, ce moi avec lequel je vis une sexualité différente,
androgyne pour reprendre un terme que j’utilise fréquemment
parce qu’un entremêlement de féminin et de masculin
ébattant librement et sans restrictions dans mon être,
une sexualité en solitaire mais avec cet autre moi qui semble décuplé, augmenté,
occupant un espace immense tout à fait inhabituel,
de la cave au grenier, partout en même temps dans ce corps,
percevant avec toutes les cellules de cet être que je suis