#36968
bzobzo
Participant

dégager des lignes de force, quels aspects travailler, où démarrer, où insister, où se détendre, où se tendre?
que dire à un débutant nu comme un ver sur son lit,
qui ne sait pas par où commencer,
qui voudrait s’engager dans une voie aneroless,
habité par le fantasme de vivre un plaisir au féminin?

je me rends compte en analysant mon parcours
que ce lent et patient travail sur moi-même
qui aujourd’hui, a abouti, a fructifié au-delà de tous mes espoirs,
dans ma chair désormais, un nid comme un grand estuaire
où le soleil, la mer et le ciel, se sont donnés rendez-vous,
est complexe, difficile,
exige beaucoup de patience

certes, à toute étape du cheminement, à tout moment de l’avancement,
il y a eu des récompenses
qui en leur temps, ravissaient, enchantaient, enthousiasmaient,
mais jetant un oeil insistant derrière,
je suis effaré de la sinuosité et de la longueur du chemin parcouru,
de tout ce qui a été construit peu à peu,
des territoires tellement éloignés des normes où je me suis installé

rectification,
c’est pas si difficile que cela en fait,
il faut juste pratiquer et encore pratiquer,
les choses viennent toutes seules, si on donne le temps au temps
et si on a quelques bons repères, quelques bonnes indications

le musicien,
avant d’arriver au stade
où il ne cherche plus qu’à exprimer ce qu’il a en lui, sans réfléchir à ce qu’il fait,
de tout son être, de toute sa sensibilité, de toute sa puissance, de toute son imagination,
fait naître la musique, fait naître les notes,
le musicien,
il a d’abord acquis la technique, les automatismes,
dans les doigts, dans la tête, dans tout le corps,
dans tout l’être
une fois que tout cela est là,
il n’a plus qu’à,
il n’a plus qu’à,
il n’a plus qu’à laisser monter la musique

ainsi en est-il pour nous,
nous, en quête de plaisirs rares, de jouissances subtiles, infinies,
de volupté ineffable comme des baumes chauds, caressants,
comme de la soie frissonnante, la danse de lentes vagues lumineuses traversant notre corps,
à partir d’un moment, il n’y a plus qu’à laisser le désir s’exprimer, sans restrictions,
qu’à laisser les notes monter dans notre chair
sans penser à ce que l’on fait ou ne fait pas

mais donc à ce débutant nu comme un ver sur son lit,
brûlant de désir,
brûlant du désir secret de vivre un plaisir au féminin dans son corps d’homme,
que lui conseiller, par où commencer?
que doit-il avoir en tête?
que ne doit-il pas avoir en tête?

avant tout oser, oser bouger, oser se caresser,
oser remuer ses hanches,
éveiller le désir endormi dans notre chair,
oser fracasser les limites de sa masculinité,
ce corps est aussi le corps d’une femme, enfouie en nous,
et pour éveiller tout ce féminin dans nos soubassements,
il faut être prêt à se faire violence, à se bousculer,
à provoquer des réactions de nos abysses,
prêt à laisser évoluer notre gestuelle, nos mouvements, durant l’action
laisser du féminin s’injecter dedans, ne pas se retenir, ne pas avoir peur de se féminiser,
il y aura un moment où le désir nous prendra en main,
où tout semblera naturel et simple,
mais pour cela, il faut qu’on soit descellé, fracturé, béant,
prêt à se laisser entraîner dans toutes les directions,
cela se fera tout seul à partir d’un moment, on n’y pensera plus,
les gestes, les mouvements se feront tout seuls, reflétant notre nature androgyne
mais en attendant, il ne faut pas hésiter à provoquer dans notre chair,
à se faire violence, à oser s’encanailler, à se pervertir,
plus le purin est odorant, putride, riche de sucs et de minéraux des profondeurs,
plus la rose sera magnifique,
sera irriguée par la beauté, la pureté et la grâce

liste non exhaustive de repères importants,
work in progress pour un futur manuel hypothétique:

extinction momentanément du moi pensant
élément tellement important pour que quelque chose comme un autre moi puisse peu à peu se mettre en place
suppression momentanée des limites de notre identité sexuelle
cet autre moi par lequel nous cherchons à ressentir, à bouger, à nous émouvoir, à nous envoyer en l’air,
n’a pas de sexe, a les deux, est androgyne,
pour qu’il puisse s’exprimer, pour que son désir soit notre moteur,
nous ne devons plus être restreint par les limites sexuelles de notre corps d’homme
acquérir la gestuelle, les mouvements, de l’acte sexuel avec un seul corps
il s’agit là d’un nouveau vocabulaire, d’une nouvelle grammaire,
un nouvel langage avec lequel cet autre moi pourra exprimer son désir,
aller chercher son plaisir, vivre un acte sexuel bien particulier mais réel, en tout cas ressenti comme tel,
ces gestes et ces mouvements, évoqueront irrésistiblement
les gestes et les mouvements de l’amour avec partenaire,
ce sont bien les mêmes en fait, on s’en rendra compte mais adaptés aux spécificités de la situation,
un seul corps avec un pôle masculin et un pôle féminin, s’ébattant, tentant de s’ébattre
acquérir une complicité totale avec son corps, apprendre à dialoguer avec lui, à l’écouter
ce point est tellement gratifiant, tellement épanouissant, tellement lumineux,
car ce dialogue est tellement riche, tellement confortant, tellement se renouvelant constamment,
on découvre que toute cette barbaque irriguée de nerfs, d’os et de sang, sous nous,
est un continent immense, un continent infini,
habité par toutes sortes de mystères, de magies, de puissance animale magnifique,
de puissance tellurique encore plus magnifique
et puis que peu à peu c’est tout notre quotidien, par la bande comme au billard,
qui s’en trouve modifié subtilement, façonné peu à peu autrement
car nous éveillons des forces inconnues, magnifiques, en nous
et que nous faisons pousser des racines
qui vont aller chercher les sucs nécessaires toujours plus lointainement dans nos profondeurs

éveiller totalement la prostate
éveiller totalement la prostate et la faire vibrer par l’intermédiaire des contractions.
Ce point sera développe plus en détail ultérieurement,
est peut-être plus facilement acquis si, parallèlement, on a recours dans un premier temps, aussi à un masseur
qui pour un débutant, permet plus facilement d’y arriver