#37099
bzobzo
Participant

été faire mon tour, après ma journée de télétravail,
essaie de me promener au moins une heure,
histoire de ne pas oublier comment il faut se servir de ses jambes,
je débouchais au gré de mes pérégrinations sans plan dans un parc,
un vieux parc plein de grands arbres,
quelques bancs, un calme sépulcral, encore pas mal de lumière malgré tout,
je m’asseyais

un oiseau chantait, comme ces notes étaient rondes, chaudes, colorées,
pas le bruit d’une voiture à la ronde,
un tel calme m’envahissait peu à peu, je me sentais vraiment bien,
entouré de ces grands arbres à la frondaison encore rare,
le printemps ne fait encore que ses premiers pas
mais cet oiseau qui chantait pour moi, rien que pour moi,
m’emplissait d’un plaisir rare

je me rendis compte que j’étais en train d’appliquer le même mécanisme
que lors de mes séances en mode yin,
e mécanisme intérieur de s’ouvrir, de se laisser aller, de se laisser emporter,
là assis, sans aucune intention sexuelle,
juste une envie de me laisser envahir par ces arbres, par ce chant, par ce vent,
je me sentais comme pénétré dans tout mon être par ces vocalises,
par ces branches qui semblaient onduler harmonieusement depuis leur tronc
comme si elles se faisaient des signes entre elles,
comme si elles cherchaient à se joindre

je me sentais envahi par ces arbres de plus en plus,
elles semblaient se rejoindre en moi,
leurs branches se toucher entre elles, en moi,
danser de plus en plus formant comme une frondaison unie

et puis il y avait ce chant, tellement gorgé de coloris de vie,
tellement roulant harmonieusement dans les airs jusqu’à dans mes oreilles,
il semblait se dissoudre en moi, m’alimenter en beauté pure, fugitive,
comme des gouttes de soleil, directement injectées dans mon âme

je me suis dit, « en voilà de sacrées perspectives,
à la maison le plaisir charnel le plus débridé qui soit
plus des moments de communion mystérieux
et puis là au parc, de superbes moments aussi de transe,
de dialogue étrange, superbe, avec la nature,
c’est de bonne augure pour mes vieux jours, tout cela »
et je me levais pour retourner tranquillement chez moi

avec mon petit flacon de gel hydro-alcoolique en poche
que je dégaine pour un oui ou pour un non
pour m’en enduire les mains