#37562
bzobzo
Participant

accepter son plaisir est un acte de notre part, un choix, une décision,
pas juste quelque chose de complètement passif,
oui, une fois que vous avez quitté le tremplin, votre plongée vers l’onde se fait toute seule
mais une fraction de seconde avant que tout s’enchaîne comme sur roulement à billes,
il a fallu faire ce petit pas qui vous fait quitter la surface solide de la planche,
c’est votre décision seule qui vous précipite vers le plaisir

celui-ci ne va pas de soi,
surtout pas pour nous autres hommes,
vous n’y parviendrez jamais si vous ne vous décidez pas à faire ce pas,
l’onde restera là toujours à distance, vous la devinerez toute proche, tentante en diable
mais vous ne serez jamais immergé dedans, juste éclaboussé de temps à autre,
c’est une sorte d’automatisme chez la plupart des hommes
d’être bloqué à ce stade plus ou moins longuement
car on devine qu’avec un pas de plus, quelque chose va céder en nous, quelque chose va s’écrouler,
quelque chose va échapper à notre contrôle,
nous autres hommes, on accepte difficilement d’abandonner les commandes,
vite, un petit jet de sperme accompagné de son explosion
et voilà on est déjà à nouveau fermement agrippé au volant
mais une fois qu’on en a pris l’habitude, de faire ce pas décisif, cela vient tout seul,
on enchaîne en une fraction de seconde, tout le chemin jusqu’au bord du tremplin
et on le quitte dans la foulée sans l’ombre d’une hésitation, sans temps d’arrêt,
il y a donc toujours une décision à un moment donné à prendre dans l’action,
de plonger vers le plaisir, d’être précipité de tout son poids vers lui,
de faire ce petit pas en avant qui nous fait quitter la planche

cependant notre possibilité de décision dans l’instant par rapport au plaisir,
peut aller plus loin, beaucoup beaucoup plus loin,
on peut faire le choix au long cours de restructurer la nature-même du plaisir dans lequel on va plonger,
au-delà même des limites de notre identité sexuelle, si on le décide,
notre chair contient toutes les possibilités de sensations imaginables,
nous avons la possibilité de changer ce que l’on perçoit dans l’instant,
la possibilité de percevoir une autre réalité sensible avec son corps,
la décision alors, est non seulement d’être précipité vers le plaisir
mais aussi de transmuter constamment avec la complicité de son corps
le plomb en or, l’inerte en vibrant,
le fantasme conscient ou inconscient, en réalité vécue dans sa chair