#38219
bzobzo
Participant

ma pratique 2.0 prend bien forme
et je l’adore, comme je l’adore déjà,
éveiller ce corps, en faire une fontaine, un bouquet, plus resplendissant que jamais
comme j’adore, comme j’adore

le rythme s’est considérablement ralenti, cela s’est fait tout naturellement,
ce qui a été décisif ici, pour son adoption,
c’est que je laisse bien chaque groupe de sensations qui s’élancent en moi, aller à son terme
et comme je l’écris déjà,
je me laisse dans la continuité envahir par le silence qui suit, parfois longuement,
il semble entraîné dans le sillage écumeux des vagues,
nageant lentement au milieu d’elles, s’éteignant progressivement, en livrant leurs dernières nuances
comme on dit en musique, « le silence qui suit la musique de Mozart, appartient encore à Mozart,
cela fait partie constamment de mon élan, de mon rythme, désormais,
les vagues dansent un instant ou deux puis meurent, ont accompli leur tache,
ce moment, où le doux fracas, le délicieux fracas, dans ma chair retombe,
est comme un moment de recueillement en moi-même, de béance tranquille,
avant de me relancer dans l’action

il se prépare, il se manigance, quelque chose,
je vais offrir ma chair à de l’inconnu en moi, je suis sur l’autel déjà,
étendu, bras en croix, toutes baies ouvertes,
la jungle magique prête à repousser, prête se redéployer instantanément,
pour m’offrir une nouvelle faune et une nouvelle flore, grouillantes

le rythme donc est nettement plus lent,
au début il semblait saccadé, décousu
mais depuis, j’ai bien intégré ces moments de pause, d’interlude, entre chaque série de sensations,
ils font totalement partie du rythme, de l’élan, ils le ponctuent,
leur restituent toute leur puissance de résonance
et c’est devenu fluide, des pas de danse, une chorégraphie voluptueuse

ces moments de silence, d’inaction, sont tellement importants,
l’immensité de l’hangar, semble se reconstituer
et les vagues suivantes s’élancent avec une précision, une intensité et une finesse, renouvelées

plus lent donc,
les grands fonds sont là avec toute leur densité,
il n’y a plus de distance jusqu’à mes abysses, ils semblent partout, jusqu’à fleur de peau,
rien n’échappe à la grande oreille, la plus petite sensation trace son parcours unique,
je suis une éponge de la tête aux pieds,
je suis imbibé de la tête aux pieds