#38287
bzobzo
Participant

rien à voir mais alors rien à voir avec les sujets
qui nous occupent habituellement sur ce forum
mais j’ai eu envie de conter ma petite mésaventure

comme on s’affole facilement,
enfin en tout cas moi, comme je m’affole extrêmement
et comme je m’affole avec une extrême facilité

étant sorti un peu après une journée de télé-travail devant l’ordinateur,
rentrant de la promenade, m’étant bien aéré et bien dégourdi les jambes,
un rapide tour aussi chez un bouquiniste
et puis enfin des courses,
chargé comme une mule en fait,
j’arrive devant la porte de l’immeuble,
je dépose mes sacs de course emplis à ras bord
et porte la main vers la poche de ma veste où j’enfouis habituellement les clefs

soudain, consternation, elle est vide!
cela commence à tourner à toute vitesse dans ma tête,
comme le carrousel infernal d’un avion en train de tomber en vrille,
de l’affolement extrême, me voyant exclu de mon logement,
tentant de retrouver mon calme
et essayant de réunir mes pensées,
me demandant comment j’allais rentrer,
avec tous ces sacs emplis de provisions en plus, m’encombrant

première option, une des habitantes de l’immeuble, une infirmière
chez qui j’ai laissé un double depuis que la concierge a pris sa retraite
et qu’elle n’a pas été remplacée par une autre à plein temps
mais cette femme, un week-end sur deux, se rend en Hollande chez son amoureux,
je réalisais en plus que je ne savais même pas son nom
et envisageais déjà d’appuyer sur toutes les sonnettes l’une après l’autre

option deux, la plus probable,
aller à Waterloo, chez ma mère qui possède aussi un double de mes clefs,
30 km aller, 30 km retour,
le dernier bus partant de là à 22h, j’avais peut-être encore juste le temps
mais avec mes sacs de course emplis, chargé comme une mule, quel calvaire cela allait être

et puis soudain la délivrance,
je réalisais que comme il faisait assez chaud durant la promenade, j’avais enlevé ma veste,
l’avait pliée et mis dans un des sacs de course dans un premier temps
avant de le ressortir pour y mettre les provisions et l’avais remis sur moi
mais que tout ce qui étaient cartes de paiement,
je les avais mis dans la poche de ma chemise,
gel hydroalcoolique et masques dans la poche de mon pantalon
et les clefs, accrochées à ma ceinture
j’avait remis les moyens de paiement,
le gel hydroalcoolique et les masques à leur place dans ma veste
mais pas les clefs qui étaient restées à ma ceinture

ce fut comme un orgasme, sérieusement,
le relâchement soudainement de la tension dans ma tête,
pendant un instant, le soulagement fut tel
qu’il y eu plein d’étoiles chaudes et douces derrière mes yeux, mon regard se voilât
et mon visage s’illuminât d’un sourire béat
tandis que j’agrippais d’une main les trois sacs de course
et qu’avec l’autre, j’appuyais le badge qui donnait accès à l’intérieur de l’immeuble
contre la petite plaque en pierre prévue à cet effet