#41351
bzo
Participant

ah merci d’écrire des choses aussi gentilles sur mes textes, c’est touchant

ce qui prouve bien d’ailleurs que ce côté Yin est au delà de la simple « orientation sexuelle ».

oui, tout à fait, c’est que je ressens aussi,
je sens comme deux pôles en moi,
ils ont comme des canaux privilégiés pour interagir avec notre corps, selon qu’on soit homme ou femme
le pôle masculin, dans un corps mâle, avec ses génitaux, par exemple,
mais rien n’est gravé dans le marbre, tout peut se reprogrammer,
ce sont juste des schémas par défaut, avec lesquels on peut jouer, parmi lesquels on peut semer le trouble,
on doit même,
momentanément, on peut tout bouleverser, tout mettre sens dessus, sens dessous
pour élargir notre plaisir, goûter à des nuances de sensations et des jouissances toujours plus inconnues,
pour laisser le yin se mettre en place dans notre chair et la faire vibrer momentanément

et puis oui, au quotidien,
tout cela laisse des traces merveilleuses, j’ai constaté au fur et à mesure des années,
cela nourrit par les racines comme un riche engrais,
pas question de révolution, enfin dans mon cas,
juste une évolution très lente, un épanouissement très progressif,
me sens mieux dans ma peau, me sens plus ouvert, plus tolérant, plus souple, plus sensible, plus accueillant
je sens un terreau tellement riche en moi,
il est tellement agréable de sentir ses racines baigner là-dedans

Moi même, je connais la sodomie, mais je m’apperçois que je l’ai toujours vécue en mode Yang. Toujours avec une masturbation dont le but était l’assouvissement par l’éjaculation…Donc en clair, très vite, quand je me faisait prendre, je quittais ma concentration sur mes sensations annales et prostatiques- en tout cas je ne me suis jamais autorisé à m’y laissé aller….donc forcément, assez rapidement je m’emmerdait quand on me prenait et très vite, je me surexitais de la situation en m’astiquant à fond les ballon pour éjaculer très fort en hurlant de plaisir et….ben c’était fini…1 minute de sodomie pour 6 secondes d’orgasme…bonjour la pauvreté sexuelle…

oui, je vois très bien, j’habite près du quartier gay à Bruxelles,
je ressens chez eux une sorte de frénésie sexuelle et de course à la performance,
plus jeune, je fréquentais pas mal les bars gay,
j’avais beaucoup d’amis et puis j’aimais bien me faire draguer,
on me laissait être là, on m’acceptait juste comme cela,
cela a pas mal changé, je trouve,
me sens plus du tout à l’aise,
enfin, c’est juste peut-être que j’ai vieilli
et que je ne me sens plus du tout à ma place, n’étant pas homosexuel moi-même

Mais je sens que ma piste Yin passe par une forme de trangression personnellle

oui, il faut oser, progressivement libérer notre corps,
que le désir puisse nous mener où qu’il veuille, sans tenir compte des frontières de notre identité sexuelle

Tes écrits m’invitent à aller dans une trangression bien plus vertigineuse (et délicieuse) pour moi : recevoir le plaisir, s’y lâcher…ouille, très envie…pas facile

non, pas facile, en effet, chez certains, cela vient tout seul
mais pour la plupart, c’est très progressif,
s’ouvrir, se lâcher, abaisser toutes ses défenses,
ce sont des expressions que j’utilise souvent

c’est une sorte de geste intérieur, on se laisse aller, emporter, par le plaisir,
on n’oppose pas de résistance,
on l’invite à venir en nous, par une sorte d’attitude de soumission à lui, on accepte d’avance à être son jouet à lui,
rien qu’à lui,
c’est lui, notre seul partenaire, le plaisir, l’enfant du désir,
on peut le partager à deux, ou à plus, même, néanmoins, bien entendu,
si le , la ou les partenaires, sont à la hauteur

cela devient tellement facile, juste se laisse aller, se laisser faire,
entre les mains du plaisir, j’insiste bien, on se remet uniquement entre ses mains à lui,
de personne d’autre,
c’est une attitude intérieure d’acceptation, d’invitation, de tentation,
ce n’est pas forcément une passivité physique,
l’accepter, l’inviter, le tenter, de tout son être,
pour qu’il surgissent, tout en puissance et en douceur, en nous

J’aime me mettre à quattre pattes devant une glace par exemple et me caresser…une question à ce sujet : le miroir peut il être un frein

personnellement j’ai un peu essayé, pas très concluant, on tombe vite dans le cliché,
cela s’extériorise trop
mais c’est peut-être juste moi, peut-être je n’ai jamais essayé comme il faut ou pas assez longtemps

J’ai un petit côté narcissique qui est peut être un peu trop prononcé?…J’ai lu que tu t’étais filmé en session…ça t’a exité de te voir ou c’était juste une curiosité scientifique?

je me suis en effet filmé à un moment donné, j’ai même dépensé pas mal d’argent pour acquérir du relativement bon matériel
mais c’était essentiellement par curiosité, « scientifique » comme tu écris

narcissique? bah on l’est tous, plus ou moins,
enfin, moi en tout cas, je le suis aussi

Quand tu parles de faire l’amour à sois même, c’est pas « se regarder » faire l’amour à sois même…c’est juste faire l’amour à sois même.

tout à fait, tu as très bien compris,
se voir n’apporte pas grand chose, c’est se sentir avant tout qu’il faut,
cela gêne même plus qu’autre chose,
dans la mesure où se voir, distrait, on parvient moins à se sentir

par contre, par moments, mon regard plonge sur une partie de mon corps
et semble participer à la scène,
des sortes d’instants de voyeurisme très puissants
mais c’est spontané, jamais avec un miroir, juste la vision directe, une fraction de seconde, parfois plus longuement,
dans ces moments, je sens mon regard comme participer, comme le faisceau du regard caressait ou s’imbibait de l’action
mais c’est toujours spontané, jamais prémédité

en tout cas, je suis toujours disponible si tu as des questions ou des remarques