#41496
bzo
Participant

creusons un peu, voulez-vous,
essayons de définir quelles sont les raisons de l’apparition d’un plaisir en mode yin chez un homme,
personnellement, j’en vois deux,
d’une part, un manque chronique de féminin dans la vie de quelqu’un,
c’est mon cas
et puis d’autre part, qu’on soit habité plus ou moins,
par le fantasme de vivre son plaisir au féminin, de se sentir femme pour quelques instants

dans mon cas personnel, j’écarte tout de suite la seconde hypothèse,
je n’ai à ce jour, jamais eu ce type de fantasme, jamais la moindre lueur,
même maintenant que je suis capable totalement de me mettre en mode yin,
de vivre mon plaisir au féminin,
cela n’a pas enflammé mon imagination,
une fois la séance terminée, cela ne me hante plus, cela ne me travaille plus,
aucune fantasme apparu ou nourri, renforcé

pour être plus précis, j’ai rarement de séance, au sens traditionnel
où je me mets au lit pour une heure ou deux,
de plage de temps spécifiquement consacré au plaisir,
cela arrive rarement pour plus d’une demie heure
et puis ce sont plutôt, saupoudrant ma journée, quand je suis chez moi, seul,
des micro-séances, des moments qui peuvent durer que quelques secondes,
une ou deux minutes en moyenne, sur la journée, disons,
les plus longues durant 5, 10 minutes,
spécifiquement dédié ou alors totalement mêlé à une autre activité, faire à manger, ranger,
sortir le linge de la machine à laver,
c’est possible car comme je l’ai déjà écrit,
chez moi, l’intensité du plaisir ne dépend pas de la durée

il faut imaginer ma pratique comme si j’étais un couple dans un seul corps,
ils sont amoureux, ils sont ardents, leurs corps se cherchent constamment,
ils se frottent l’un contre l’autre, le plus possible, se caressent, se pelotent,
elle cherche son braquemart, il lui appartient, pour l’instant, autant qu’à lui,
lui règne sur son vagin, il s’en sert comme s’il était à lui,
leurs deux désirs se confondent, s’entremêlent, tant ils vivent l’un pour l’autre,
tant ils s’aiment, se font confiance,
un amour tendre et ardent, à la fois, sans restrictions

maintenant vous prenez ces deux amants et par un petit miracle,
vous placez l’un dans l’autre, vous avez fait un « drag and drop » de l’un dans l’autre,
ils ne sont plus qu’un seul corps avec deux sensibilités, deux spectres de sensations,
deux façons de jouir, de bouger, de se déplacer,
mais elle, ce qu’elle a en elle, est bien plus puissant, bien plus omnipotent, plus riche, plus varié,
et elle prend automatiquement quasi toute la place quand ils sont en action ensemble,
lui, n’est plus qu’une sorte d’étincelle pour mettre le feu aux poudre,
une bougie d’allumage, plutôt, pour permettre au moteur d’exploser et encore d’exploser

voilà, en gros, c’est peut-être la meilleure description
de la façon dont je vis ma pratique au quotidien,
il n’arrête pas de la peloter, de lui mettre la main au panier,
de saisir ses seins et elle aime cela, elle aime cela jusqu’à la dernière miette,
elle le provoque, bouge son cul constamment de façon à l’exciter,
elle est sans petite culotte quand ils sont à deux tout seuls à la maison,
elle écarte les jambes, elle remue son popotin de façon suggestive, pour l’exciter, à tout bout de champ
elle aime voir sa bite se dresser pour un oui, pour un non,
sa petite colonne de chair est à elle pour l’instant, elle en dispose, elle en abuse,
elle n’a qu’une envie, de s’en saisir, de la caresser, de la cajoler, c’est sa sucette préférée,
et son petit bélier, son bouc ardent,
comme elle aime le sentir au fond d’elle, allant et venant, la rendant folle de plaisir

voilà, voilà, donc dans mon cas, le manque de féminin,
oui, je me suis tellement bien coupé des femmes dans ma vie
à la suite de plusieurs déceptions amoureuses, à un moment donné, dans mon parcours,
que j’ai coupé complètement les ponts
et comme je ne fait jamais les choses à moitié, cela a été particulièrement effectif,
les circonstances de la vie ont fait que cela a perduré, perduré et encore perduré
au point que je ne sais plus comment faire pour les rétablir, ces ponts,
je ne sais plus comment me déplacer dessus, faire le chemin dessus, vers une autre,
je n’ai plus l’ingénierie
alors que l’envie est désormais bien là, est devenue même criante

oublier tout cela, cela peut étonner, c’est un piège très con
dans lequel il paraît vraiment difficile de tomber, à moins de vivre tout seul sur une île isolée,
mais on peut y arriver en faisant un effort constant de rétropédalage, jour après jour
puis un jour, plus besoin de faire d’effort, la distance s’est creusée, s’est installée,
on a réussi à faire le désert autour de soi, c’est aride mais au moins on est tranquille,
dans les premiers temps, cela paraît un baume apaisant,
un remède qui permet d’oublier les blessures,
je suis loin d’être un cas unique

finalement, de fil en aiguille, pour remplacer la masturbation basique, ridicule que j’exerçais
qui est tellement peu satisfaisante,
juste du vide-couilles où l’on reste après à ruminer sa pauvreté sexuelle,
je suis tombé sur le massage prostatique ,
enfin une activité sexuelle différente, riche
qui pouvait en se développant, apporter de réelles satisfactions,
une fois que c’est bien au point, apporter de l’épanouissement, de l’assouvissement même,
le manque de féminin était toujours là, certes
mais au moins c’était déjà sérieusement compensé

alors que j’étais, donc, bien engagé, dans une pratique prostatique plus classique,
que je goûtais quotidiennement aux chapelets d’orgasmes,
que j’avais aussi très régulièrement des super O
et toutes sortes d’extases interminables qui me mettaient dans des états de transe délicieuse,
sont apparues peu à peu des sensations différentes,
des variations plutôt,
il y avait de plus en plus de nuances étranges, singulières, exotiques, très agréables

je me rappelles vaguement, je m’en suis rendu compte peu à peu
que c’était des façons un peu différentes de bouger le bassin qui provoquaient cela,
plus langoureux, disons, plus féminins,
enfin peu à peu, toutes sortes de gestes et de mouvements sont apparus, dans ma pratique
qu’on pourrait qualifier d’un peu féminisé,
enfin c’est plus compliqué que cela
car je me suis filmé quelques fois et je me suis rendu compte que c’était beaucoup moins apparent que ce que je percevais,
je croyais que c’était très marqué
mais non, beaucoup moins qu’on pourrait le croire

oh au début, quand on est homme dans un corps d’homme,
sans aucune tendance particulière ou si peu,
cela se fait vraiment par toutes petites touches,
on ose très très progressivement,
cela ne vient pas en une fois, ce sont des processus très lents,
trouver la bonne façon de laisser s’exprimer tout cela,
c’est loin d’être évident,
aller chercher en soi, dans ses profondeurs, ce yin
car il faut bien se rendre compte qu’il ne s’agit pas de faire la folle,
d’exprimer caricaturalement la femme en nous
non, il s’agit de s’ouvrir, de laisser monter
et de se laisser emporter par ce qui a été activé dans nos profondeurs,
de laisser le yin, de plus en plus, prendre les commandes de son corps,
c’est loin d’être évident,
aujourd’hui, je le fais d’une façon très naturelle
et cela ne me coute aucun effort, c’est tellement simple

mais donc, c’est un processus qui a pris des années chez moi
tant de tabous, tant d’automatismes, de limites, à vaincre,
oser peu à peu, complètement désagréger les frontières de son identité sexuelle
pour se laisser aller entièrement au yin en nous

le manque de féminin est toujours là, ne nous leurrons pas,
cela n’est pas la même chose que d’avoir une femme à coté de soi, en chair et en os,
en parole et en imagination, en tendresse, rires et en attention

non, c’est différent, à certains égards, c’est mieux,
vivre le yin de l’intérieur, dans sa propre chair, est une expérience unique
mais avec ses limitations et ses restrictions, donc,
cela ne remplacera jamais une présence

le manque est toujours là mais très sérieusement adouci,
enfin plus ou moins, disons, selon les moments,
ce sont des injections à haute dose, de féminin,
dont l’effet diminue, disparait graduellement,
il faut se réinjecter de nouvelle doses régulièrement,
cela explique la constellation de micro-séances dont j’égrène mes journées

c’est du féminin de synthèse, du féminin artificiel, chimiquement très pur, très concentré
mais de synthèse néanmoins,
c’est fondamentalement étranger à mon corps d’homme, même si cela monte de mes profondeurs
cela disparait de moi, une fois que la séance est finie