#47672
bzo
Participant

pour l’obtention du plaisir,

on peut être devenu un expert dans l’établissement du dialogue avec le corps d’autre(s),

condition sine qua non, pour un assouvissement épanouissant, du désir, un instant

mais être, finalement, assez maladroit, pour dialoguer avec son propre corps

 

cela s’explique par le fait,

qu’on met en route, plus facilement, plus spontanément,

un mécanisme d’effacement du soi,

au contact rapproché d’autres corps,

que quand on est seul

 

que quand on sollicite uniquement sa propre chair

pour essayer d’y éveiller des feux d’artifice,

sans l’altérité d’une autre chair,

d’un autre désir, d’une autre sensibilité, d’un autre instinct,

sans des gestes, des mouvements, des odeurs, une peau

qui ne sont pas les nôtres

 

on habite dans notre tête,

ou plutôt, notre intellect, notre moi, y habitent,

en ont fait un donjon, coupé du reste,

pour le meilleur et pour le pire

 

mais pour se mettre à l’écoute d’un corps,

le sien ou celui d’un ou d’une, autre

il faut qu’ils fassent preuve d’humilité, un moment

et acceptent  de s’effacer, plus ou moins,

pour que la tête puisse, à nouveau, faire partie du corps,

refaire partie de l’ensemble,

qu’elle ne soit plus, à nouveau, qu’un organe parmi d’autres,

qu’elle puisse participer, à nouveau,

au grand jacassement continuel qu’il y a dans le sang

 

certes, la tête n’est pas un organe comme les autres,

elle a des capacités, des pouvoirs, un peu spéciaux,

un peu beaucoup, même

mais elle doit pouvoir se mettre, à un moment donné,

au service du reste , refaire partie de l’ensemble,

pour que notre plaisir, soit un tant soit peu de qualité

et ne se limite pas aux quelques instants de l’explosion de l’orgasme

 

avec la tête-corps, le corps-tête,

le dialogue est inhérent, le lien est ardent,

la communion est charnelle, spirituelle,

les énergies se mettent à circuler,

dans un réseau plus  vaste que l’océan,

les vagues de sensations à danser à perte de vue,

la volupté peut se généraliser à tout notre être, au monde entier,

monter en puissance, sans aucune limite

et la jouissance, déjà, pointe le bout de son  nez curieux,

à tout bout de champ

 

le terrain est devenu propice,

le corps et l’esprit, sont réunis, un moment,

en un gigantesque bac à sable

où le désir peut batifoler

 

dans le plaisir en solitaire, (ou pas du tout en solitaire, d’ailleurs)

c’est une affaire d’ébat entre le masculin et le féminin, avant tout,

en action, en solo,

on devrait pouvoir complètement oublier son genre,

s’autoriser tous les écarts, faire fi de tous les tabous

pour pouvoir s’explorer sans fin

et goûter au potentiel illimité de sa chair

mais,  bien sûr, toujours,

dans le respect absolu de celle-ci