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Jam de Shibari

Shibari et cordes - NXPL

J’arrive impressionnée, je ne connais pas, ni les procédures, ni les codes, ni l’ambiance, le comportement à adopter… Mais je suis avec elle, je lui fais confiance et elle me fait confiance. 

J’aime les cordes avec elle, c’est tout ce qui importe. L’espace est beau, lumineux, adapté. C’est ma première jam de shibari.

On nous accueille sur la terrasse d’abord avec une petite boisson, on parle de tout et de rien, sauf de cordes. Et puis un couple se lève et va commencer.

Je comprends que ce soir, nous serons peu nombreux. Quatre couples, c’est déjà beaucoup pour moi. Je n’ai jamais vécu les cordes autrement que dans l’intimité, chez ma chérie.

D’habitude, je suis nue. Je vois les autres couples sont en tenues, en leggings, justaucorps.

J’ai prévu un débardeur et une culotte noirs. Je ne suis pas pudique. Mais peut-être que les autres le sont. Ma chérie a demandé à l’organisateur si la nudité et la sexualité était possibles. On lui a répondu que ce n’était pas interdit.

Elle sort les cordes de son sac, les dispose. Elle réfléchit, elle sent. Elle m’accueille avec un regard joueur. Mais en baissant les yeux sur ma tenue, elle dit… « Je suis déçue… ». Je regarde autours, et puis je la regarde elle, on fera notre bulle ensemble, par ailleurs j’aime bien lui obéir. 

Je retire mon débardeur. C’est vrai que j’aime être nue. Et je lui glisse à l’oreille que je ne tiens pas beaucoup à cette culotte. Sans me répondre, elle sort le sécateur, pour une fois, il servira.

Elle me prend dans ses bras. Je me confie. Je me pose. Je respire l’odeur de son corps. Je ferme les yeux et oublie tout le reste. Elle lance la corde devant elle, elle se déplie en fouettant l’air, en cinglant l’espace et cela me fait frémir. Puis, elle les fait glisser longuement sur ma peau nue. Elles passent sur mes seins, mes épaules, mes bras qu’elle place derrière mon dos. Je penche la tête en avant, je me concentre. Elle place beaucoup de cordes en harnais, par égard pour une blessure à l’épaule, je vais mieux, mais elle est prudente. Si je dois avoir mal, j’aurai mal, mais seulement parce qu’elle l’aura voulu.

Illustration de Shibari

Elle me porte pour m’allonger à plat ventre. Elle me demande si ça va. Cela me réveille. J’ai envie de jouer. Je réponds par une rebuffade. Elle me dit que je ne vais pas rire longtemps. Alors fais mine de ramper, je lui montre que je peux lui échapper. Même les bras noués dans le dos, je reste libre. Elle me rattrape d’une main par les cordes derrière mon dos et me dit « tu veux vraiment sortir comme ça ? Moi, je veux bien, je serai curieuse de savoir ce que tu ferais… ou alors, on continue ce qu’on est venues faire. » Elle a raison… j’aime bien quand elle gagne…

Un futomomo, deux futomomo. Mes jambes sont maintenues pliées sous mes cuisses. C’est serré. Plus que d’habitude. Je progresse. J’ai mal, mais je sais que le pire est à venir. Il y a des bambous qui pendent au plafond. J’aime les suspensions.

Je respire, je gère. J’aime sentir mon corps réduit dans ses mouvements, ma peau limitée par la griffure de la corde. Je me sens plus dense, plus présente et en même temps plus tournée vers le dedans de moi.

Elle fait courir une corde derrière mon dos puis au-dessus de moi sur les bambous. Elle tire, me hisse. Mon corps est verticalisé. Je suis en équilibre sur mes genoux. Je peux jouer avec mon poids afin de repartir mon poids et donc la tension des cordes. C’est un jeu d’équilibre, de distribution de la douleur. Je joue et ne me concentre plus. Une corde vient fouetter ma fesse : « reste calme ». J’obéis. Je n’ai guère le choix. Je veux qu’on poursuive. Je veux vivre l’expérience. Et elle le sait.

Suspension en Shibari

Elle tire sur deux autres cordes et je suis soulevée du sol. Le poids de mon corps repose sur la tension des cordes autours de mes jambes. Je souffre. Ça brûle. Ça étreint. C’est vif, c’est aigu, c’est fort. J’aime quand c’est fort. Je sais qu’elle épie mon visage, elle écoute mes émotions. Elle identifie mes sensations. Je traverse, j’accepte, puis j’aime. Je me sens forte, je suis capable.

Je suis suspendue à quelques centimètres du sol. Regroupée, je peux enfouir mon visage sur mon genou ficelé. Repliée.

Je pars au dedans de moi. Je me dépasse, quelques instants qui semblent des heures.

Elle me dit « Comment te sens-tu ? ». Alors, je reviens à moi. J’ouvre et referme mes mains. Tout va bien. Je lui dis « bien ». Et je retrouve son regard. Elle sourit. Elle sait ce que je traverse, elle aime aussi être à ma place. Quand elle n’est pas à la sienne.

Je reconnais son regard complice. L’expérience est loin d’être terminée. Je suis à sa merci. Elle tient son sécateur à la main.

Je sais ce qu’elle va faire. Je lui en ai donné l’autorisation en lui parlant de ma culotte et j’ai même fourni le matériel pour la suite. Elle découpe le pubis de ma culotte. Mon sexe est découvert.

Je ressens un troublant mélange d’excitation et de gêne. Je sais ce qu’elle va faire. J’aime quand elle me le fait. Quand elle me masturbe… Mais je ne l’ai jamais fait devant d’autres personnes…

J’enfouis mon visage derrière mon genou. Je lui fais confiance. Je lui laisse la responsabilité de consentir pour moi. Elle sort le petit vibro que j’aime beaucoup. Elle va le presser comme j’aime contre la pointe de mon clitoris. Ça va être rapide, fort, intense. Mes jambes et cuisses sont cisaillées de douleur, elle va mêler douleur et plaisir sexuel.

Elle disait qu’elle ne mêlait jamais corde et sexualité avant… avant moi. 

Qui pervertie l’autre ? On est toutes les deux dans notre bulle, et le jeu est délicieux.

Elle presse l’objet. Je réagis légèrement plus lentement que d’habitude. Je me crispe. Réprime un gémissement. Elle a son visage très près du mien et je m’imagine que son corps cache ce qu’elle fait. Mais le bruit des vibrations ne peut tromper personne… Elle me dit : « Reste discrète, tout le monde te regarde voyons ». Salope, pensé-je. Je l’adore.

Suspension en Shibari

Elle continue. Mon corps s’arc-boute. Et je m’évade dans le plaisir. Je ne jouis jamais aussi bien que complètement immobilisée, confiée et offerte. Elle le sait. Elle prend plaisir à m’offrir ce moment. Et je lui offre mon plaisir. Merci ma chérie.

Je voyage, je suis loin, tout dans mon plaisir, jusqu’à ce que je sente que je dois arrêter. Une sorte de peur de ne pas revenir. Et mon corps qui crie l’épuisement. Mon cœur qui brûle de célérité.

« Arrête ». Elle cesse immédiatement. Caresse mes cheveux. Elle me demande comment je vais. 

Je vais très bien. Parfaitement détendue. « Mais je ne sens plus mes mains ». Elle détache et fait glisser une corde, mes appuis changent et libèrent du poids sur mes épaules. Elle sait très bien ce qu’elle fait, et je le sais.

Mes mains retrouvent en quelques minutes leur mobilité. Je suis rassurée. Et je peux profiter des dernières tortures qu’elle me fait endurer. Aussi détendue et apaisée, je peux tout traverser… je crois.

Mon corps est suspendu sur le côté, maintenu par le harnais et par une de mes cuisses. Je laisse pendre ma tête. Je m’abandonne. Ne plus lutter, c’est accepter. Accepter c’est traverser.

Elle change à nouveau mon inclinaison, c’est difficile. Je lutte à nouveau, ma respiration s’accélère. Je ne vais plus tenir longtemps, mais je sais déjà que je vais regretter quand cela va se terminer.

Je lui dis, « ça suffit ». Elle a suivi les changements sur mon visage, sur ma respiration. Elle m’a même demandé plusieurs fois si on continuait. Là, je ne peux plus.

Elle laisse glisser une des cordes sur le bambou et retient mon corps avec ses mains pour me déposer au sol. Elle me porte. Elle me pose.

Je ris… Elle me dit « les cordes, le meilleur moment, c’est quand ça se finit ». Et je lui réponds « même pas mal ». Alors le jeu reprend. L’intense et le fulgurant sont passés. J’évacue de la tension par de la provocation. Et le jeu est notre connexion. Elle termine de découper ma culotte pour me la mettre dans la bouche et me faire taire pendant qu’elle me libère. Je la recrache.

Elle libère mes membres, lentement. Elle me cajole, me caresse. Elle me contient de ses mains tendres après le dur des cordes rêches. Merci.

C’est un beau moment, plein d’amour et d’humilité. Elle prend le temps. On savoure ensemble ce moment où je retrouve mon corps, où je me retrouve, ou je la retrouve.

Je l’embrasse, la fait basculer pour qu’elle s’allonge avec moi dans une câlinerie, en paix.

Je me rhabille. Nous échangeons quelques mots. Mais je suis comme ailleurs. Je ne me souviens plus. Tout ce que je veux, c’est rentrer avec elle. Et poursuivre ce moment de tendresse dans ses bras.

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