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Le Pony Play, un art fetish méconnu (Partie 3)

Suite et fin de ma série sur le Pony Play grâce à Melissa Tofton. Après le premier article sur les accessoires indispensables pour pratiquer et le second article sur le Pony Play dans l’histoire, de l’antiquité à nos jours, voici le dernier article sur les liens entre le Pony Play, l’art et la mode.

En effet, l’influence du Pony Play est finalement visible dans l’art contemporain et dans le monde de la mode de multiples manières, voici une sélection qui est la plus représentative et respectueuse de l’esprit de cet art fétichiste.

De l’influence du Pony Play sur les artistes contemporains

Il est impossible de discuter du fétichisme de type Pony Play sans parler de l’incroyable travail de l’artiste Rose English. En effet, Rose English est une artiste multidisciplinaire qui se concentre sur l’intégration de la féminité et la sexualité dans son travail.

Voici par exemple des pièces du spectacle de Rose English “Quadrille performance”, exposition Frieze Masters, 2013.

Dans l’oeuvre Quadrille de Rose English, six femmes apparaissent portant des accessoires les transformant en cheval. Elles portent des tabliers qui couvrent le haut du corps, des harnais en cuir, des queues de cheval et des sabots à talons hauts. Dans un espace extérieur orné de figurines de chevaux, les six femmes exécutent une danse basée sur le dressage, et sont entourées par les visiteurs de ce spectacle équestre bien spécial. Les chaussures à sabots rendent leurs mouvements lent et maladroit, faisant un contraste entre une beauté absurde et une contrainte douloureuse. Plein d’humour mais engagé, ce spectacle met en évidence la fétichisation du corps des femmes.

La mode et le pony play

Il y a toujours eu une pollinisation croisée entre les mondes de la mode et du fétichisme, mais jamais cette connexion visuelle été plus vive qu’avec le Pony Play. Par exemple, John Galliano utilise clairement les codes du Pony Play de manière sublime et décalée dans sa collection pour Christian Dior Haute Couture, à Paris en 2000.

John Galliano pour Christian Dior Haute Couture, 2000

Alexander McQueen est un autre designer de Haute Couture qui n’a pas peur d’utiliser des inspirations fétichistes dans son travail .

Pièce de haute couture d’Alexander McQueen en 1998 très inspirée du pony play

Plus récemment, Steven Klein a utilisé le Pony Play de manière récurrente dans sa photographie de mode. En effet, Il a toujours joué avec l’idée de la sexualité et de la soumission d’une manière assez étonnante, photographiant ​​des femmes de caractère (comme Lady Gaga ou Madonna) dans des poses inhabituellement dociles à contre courant de leur image. Il présente des femmes comme des créatures éthérées, sexuelles, sous-humaine, intouchables et l’effet est vraiment saisissant.

Dans la série représentée ci dessous, Klein transforme Madonna à la fois une fille soumise à quatre pattes sur le sol mais aussi en une femme dominante portant un corset, une queue de cheval et un chapeau haut de forme avec fouet à la main. La transition entre des deux rôles opposés révèle l’aspect fantastiquement puissant de l’échange des rôles (soumis/dominant) dans le fétichisme.

Madonna par Steven Klein

Madonna par Steven Klein

ll est clair que le Pony Play a été interprété et traduit dans les usages et œuvres de bien des façons différentes en fonction des sensibilités. D’un Frédéric Nietzsche, en passant par le théâtre Burlesque des années 1950 ou par les aspects esthétiques assez avant-gardistes comme on le voit dans les œuvres de Steven Klein et Alexander McQeen.

Dans le Pony Play, la tension sexuelle résultante à ce jeu implique d’ailleurs rarement une relation sexuelle classique. L’aspect érotique et puissant du Pony Play vient de la fantaisie d’être sous le contrôle du dominant. Le rapport sexuel ne survient que quand les poneys humains sont engagés ensemble dans une saillie volontaire et cela nécessite une autorisation explicite du propriétaire du poney humain.

Un autre aspect du Pony Play est simplement lié au plaisir de la fantaisie fetichiste lié à la mise en situation sans aspect sexuel. Il est à noter que de nombreux poneys humains et leurs cavaliers sont cependant dans une relation amoureuse, affective et/ou sexuelle en dehors du Pony Play (bien que d’autres ne se connaissent que dans le contexte du Pony Play). Pour beaucoup, l’activité de Pony Play n’a que pour objectif l’évasion du cadre de la vie de tous les jours.

Maintenant c’est à vous, tentez de porter une queue si vous en avez envie, découvrez comment cela vous transforme et si vous aimez cette sensation. L’expérience est facile et enrichissante.

Adam: J’invite tous ceux qui pratique le Pony Play à commenter l’article, ne soyez pas timide 😉

Adam: Merci à Melissa Tofton pour le texte original de cet article sur le Pony Play et à Brigade Mondaine pour le contact et informations. Visitez les deux sites, vous y trouverez des merveilles.

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