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Masochisme, le plaisir de la douleur – partie 2

Masochisme

Dans la première partie de ce texte nous avons exploré les sensations qu’on peut ressentir en séance BDSM. On peut vivre des expériences très fortes, mais c’est au prix d’une certaine mise en danger. Il est impératif d’éviter tout dérapage.

Note : Tout au long du texte on utilisera les termes « Top » et « bottom ». Pourquoi pas « Dominant » et « soumis » ? Parce que les deux derniers font référence à un lien de soumission qui n’existe pas nécessairement. Un·e Top est simplement une personne qui officie sur un·e bottom. Si un Dominant est nécessairement Top, un Top n’est pas forcément un Dominant.

Pratiques à risques

Ces séances ne sont pas anodines. Les risques de blessures sont réels. Il convient, que l’on soit Top ou bottom, de prendre bien garde à son partenaire. Le premier venu n’est certainement pas le bon !

Pour commencer, un Dominant qui se dit sadique n’est certainement pas un bon choix pour un masochiste. En effet, le sadique trouve son plaisir dans la douleur de l’autre. Que le maso se sente bien n’est pas, pour eux, une priorité. La rupture du consentement est un risque trop important.

Pour ma part, quand on me demande si j’aime faire mal, je réponds que non, j’aime donner du plaisir. En tant que maso c’est une réponse que j’aimerais entendre plus souvent.

Si vous voulez vous essayer au masochisme, gardez en tête que si vous êtes attaché·e quelque part, l’autre vous a à sa merci. Dans quelle mesure est-ce qu’un « non » sera entendu et compris ?

Une solution pour réduire les risques consiste à pratiquer en club, au moins le temps que la confiance s’installe. Dans ces établissements vous ne serez jamais seul·e, et un cri de votre part pourra donner l’alerte.

C’est donc une bonne idée de refuser le gagball ou le bâillon lors des premières séances. Que le Dom soit expérimenté ou célèbre n’est pas forcément un gage de sérieux ou de bienveillance.

Personnellement je refuse toute interaction avec un Dom que je ne connais pas et qu’il me sera impossible de joindre par la suite (Numéro de téléphone bienvenu!). Je me renseigne. Est-ce que d’autres personnes ont eu affaire à lui, quel est leur ressenti à son sujet ? Des témoignages de bienveillance sont un bon indicateur. Si possible, observez-le officier sur quelqu’un d’autre.

La responsabilité du Top

En tant que Top, il y a aussi des règles de sécurité à respecter. Pour vous, comme pour le bottom. Il arrive régulièrement que des bottoms accusent des Tops d’abus en tous genres. Même si vous estimez que vous n’avez pas eu de comportement abusif, à défaut de preuve c’est vous le méchant.

Pour limiter les risques, préférez les premières séances en club. Avec des spectateurs les accusations se trouveront désamorcées. Certains bottoms accueillent la douleur comme je le fais. Le risque avec ces personnes c’est que, perdues dans le subspace, elles oublient de signaler que leurs limites sont atteintes. Il faut donc redoubler de vigilance.

D’autres personnes ont pour objectif de lutter. Elles ne diront jamais stop : c’est à vous de fixer les limites. Certaines désirent être punies. Elles aussi risquent de refuser d’arrêter la séance, estimant qu’elles méritent ce qu’elles subissent.

Pour finir, certaines personnes recherchent la douleur pour faire craquer leurs barrières, et relâcher la pression. La catharsis. Elles vont pleurer, crier. C’est impressionnant vu de l’extérieur. Elles sont généralement capables de dire stop.

Dans tous les cas la prudence est de mise, un accident est vite arrivé. Dans le doute, abstenez-vous. Une séance arrêtée prématurément, c’est mieux que des séquelles à vie.

Quelques pratiques

La pratique des cordes est très intéressante, dans le sens où elle donne à l’encordeur toute une palette de ressorts sur lesquels jouer. On peut serrer fort, faire des câlins avec les cordes, lutter avec le bottom. On peut aussi jouer avec sa peur, le suspendre, le tourmenter de diverses manières. Avec un grand pouvoir…

Je crois que les cordes est l’une des pratiques les plus risquées. Les bras, les épaules et le cou sont parcourus de nombreux nerfs. Si on serre trop fort (Attention notamment à la suspension, à réserver aux connaisseurs) on peut en léser un et entraîner une paralysie définitive des mains.

Il est recommandé de suivre des cours en présentiel, ou à défaut de se renseigner un maximum. En terme de cordes, préférer celles de 6mm de diamètre, 7 ou 8 mètres de longueur, en chanvre ou en lin. Bio, bien entendu. Le chanvre a une odeur agréables pour certains, repoussantes pour d’autres. Pour moi elle évoque surtout d’agréables moments en séance.

Les impacts sont un domaine très vaste. On peut s’amuser avec des baguettes en carbone de 2 mm de diamètre, des cannes en bambou, des fouets, des spatules de cuisine, des cravaches à 7€ de chez Decathlon…

Il y a une foule de choses à essayer. Les règles de base sont relativement simples : Prendre son temps, rester à l’écoute du bottom, commencer doucement, toujours avertir d’une manière ou d’une autre qu’on va frapper, négocier avec le bottom sur la prochaine série de coups.

Toujours frapper en coup droit, jamais en revers. En matière de cibles, préférer le bas du corps : les fesses, les jambes. Éviter absolument la colonne vertébrale et le coccyx. Les malléoles (Chevilles) sont très douloureuses mais pas d’une bonne manière. Un endroit que j’aime beaucoup : La plante des pieds ! Terrible et relativement peu pratiqué.

Derniers conseils, code couleur et safeword

On ne le répétera jamais assez : en BDSM comme partout, le consentement est de mise. Le Top se doit de s’enquérir de l’état d’esprit et du consentement du bottom de manière très régulière.

Dans le cadre d’une séance, un « Non » ne correspond pas forcément à un retrait du consentement (Par exemple, en cas de viol simulé, ou juste l’expression de la peur de la bottom). Il faut donc d’autres mots pour exprimer le consentement.

D’où l’utilisation du code couleur (donné par la bottom à la demande du Top) : Comme les feux de circulation, un « Vert » indique que tout va bien, qu’on peut continuer. « Orange » (ou « Jaune ». Si la séance se déroule dans un environnement bruyant, « Orange » et « Rouge » se ressemblent trop) signifie qu’on approche de la limite. Un « Rouge », on s’arrête.

Le safeword est défini à l’avance. Ce mot sert à mettre la séance en pause : Quelque chose ne va pas et un échange entre le bottom et la Top doit avoir lieu. La séance peut ensuite reprendre si les deux parties y consentent.

Pour les situations où le bottom n’est pas en mesure de parler (Baillons, étranglements, etc) on doit décider d’un geste particulier : Ouvrir et fermer le poing rapidement, cligner les yeux… Dans tous les cas, la Top est responsable de la sécurité du bottom.

Photos d’illustration par Dainis Graveris sur SexualAlpha

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