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“S’occuper en t’attendant” de Marion Favry

Marion Favry publie son premier livre, un livre chaud, érotique … non plus fort, je dirais carrément pornographique. Mais pas celle qui est dégradante, non… de la belle pornographie, celle qui est intense et désirable, celle qui fait bander et mouiller, celle qui donne du plaisir et donne envie de continuer à une main.

S’occuper en t’attendant” est donc le premier ouvrage de Marion Favry, une habituée de l’écriture à travers des textes courts et des ateliers d’écriture. Elle décrit à la première personne, l’histoire d’une femme en mêlant ses aventures libertines, ses amants, ses expériences sexuelles avec intensité, volupté et soif de jouissance.

Le personne principal passe ainsi de tranche de vie en tranche de vie, enfin, je devrais dire de tranche de baise en tranche de baise. Les descriptions sont directes, explicites et crus sans jamais être vulgaires. Voici un paragraphe qui vous donnera une bonne idée du style du livre:

Je me souviens de ma surprise, lorsque, au début de mes aventures que l’on appellera libertines (le mot me semble bien pompeux, surtout depuis qu’on m’a expliqué que je n’étais qu’une bleue bien naïve – c’est que je n’ai pas connu les grandes heures du bois de Boulogne moi, mais tant pis, il faut bien un début à tout, et des mots pour le dire), je me souviens donc de ma surprise quand, au début de mes aventures libertines, j’ai rencontré un monsieur qui, sans avertissement, et même comme une évidence, a consciencieusement poursuivi le cunnilingus auquel il procédait sur ma personne par un léchage en règle de l’orifice dont il est question.

Ma stupéfaction a été d’autant plus grande ce jour-là que, en même temps que je réalisais que ma tare physique n’avait pas pu échapper à cet homme, je découvrais que l’ardeur de ce dernier, ainsi que son plaisir assez évident, étaient communicatifs. Tout cela était parfaitement délicieux et pourtant totalement déstabilisant.

Je connus dès lors des expériences variées. Certaines parfaitement délicates, d’une sensualité souvent bouleversante. D’autres, beaucoup moins plaisantes : certains considérant la feuille de rose seulement comme le préliminaire vite expédié d’une intromission plus conséquente, ils me privent de mon plaisir le plus sûr pour ne penser qu’au leur. Mais, toujours la même honte me surprenait : la physionomie de mon petit trou, même dorloté, ne quittait pas beaucoup mes préoccupations et m’empêchait de goûter parfaitement l’instant.

ou encore ce beau passage où le personnage principal s’amuse avec une femme fontaine:

J’ai connu une femme fontaine. Une femme fleuve devrais-je dire. Allongée sur le dos dans un coin câlin du sauna, elle semblait prendre beaucoup de plaisir à mes caresses. Je l’avais léchée, je crois, et pour l’heure j’étais étendue à côté d’elle et caressais son sexe follement humide. Son clitoris, ses lèvres, et puis je glissais deux ou trois doigts dans son vagin. Elle gémissait, balbutiait, secouait la tête.

Pour autant elle n’en était pas à l’orgasme. Je ressentis alors une humidité plus franche et soudaine. Elle mouillait terriblement. Et tout à coup, je reçus un jet puissant et saccadé dans le creux de ma main. Je ne me démontai pas et poursuivis mon mouvement de va-et-vient. A chaque poussée je recevais quelques puissantes giclées dans la conque formée par ma main, qui se remplit, puis déborda.

Ce livre est vraiment plaisant à lire, il est puissant. Il m’a distillé de douces sensations chaudes dans le bas ventre, celle qui viennent en lisant un paragraphe qui vous touche, puis qui partent alors que l’intensité diminue et reviennent ensuite encore. On se retrouve facilement à la moitié du livre, le sexe humide ou la queue tendue. Un peu pour donner écho à cette puissante pornographie que nous distille Marion Favry à travers les pages.

Les sujets d’une femmes très libérées sexuellement sont pratiquement tous abordés, que ce soit le club libertin, l’éjaculation féminine, la masturbation, la sodomie, la double pénétration, le plan à quatre, le gang bang, le plaisir, l’orgasme,… chaque tranche de baise va un peu plus loin et découvre encore un peu plus les frasques de l’héroïne.

Finalement, ce livre donne une image vraie de la sexualité féminine, parle de manière crue de la manière dont une femme voit son corps, son sexe, ses seins, son anus et sur les sensations ressenties. Il livre aussi une belle illustration de ce que peut vivre une femme seule décidant d’arpenter le milieu libertin.

J’aime pour être honnête, c’est un bon premier livre, le style est direct et fait mouche (en tout cas sur moi). J’ai souvent eu envie de tenir le livre à une main tout en continuant à le lire. Je n’aime pas donner des notes à des livres car c’est toujours un exercice très scolaire dans ce cadre, mais pour le comparer aux autres que j’ai déjà lu c’est tout de même assez efficace. Alors, je donnerais la note de 4 / 5 à “S’occuper en t’attendant” de Marion Favry aux éditions La Musardine, et j’attends avec impatience son second livre car j’ai hâte de me replonger dans son univers si décadent.

Merci à Marion Favry qui m’a donné son livre pour écrire cette critique !

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