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Sortie à l’atelier d’écriture de la librairie L’Etabli d’Alfortville

L’atelier d’écriture de la librairie L’Etabli d’Alfortville nous a accueilli hier soir. Mention spéciale à Marc Verhaverbeke toujours excellent guide dans ces ateliers.

Le texte présenté ci-après devait comporter deux phrases trouvées dans l’exposition et deux mots tirés de la couverture du livre de Barthe “Fragment d’un discours amoureux”. Il était de bon ton d’inclure quelques œuvres vues lors de notre visite libre de l’exposition.

Belle lecture. Soyez indulgents nous n’avions que 30 minutes pour écrire ce texte.

Fragments de Nous sur Tout.

Je te caresse. Mes mots sont des caresses.Des bras. Des lèvres. Une langue. Un sexe brûlant aussi.
Approche. Comble-moi. Oui. Encore…Excite moi plus que ces jouets.

Je suis nue sur ce lit, offerte. Tu veux voir mes fontaines : tu dois le mériter.Écris moi encore, en instantané. Oui sur MSN. Vite !!!!!Des mots crus, sales, surtout pas tendres. Les portables ne sont pas des lettres : la tendresse n’y a pas sa place.

Caresse moi fort bon sang je ne sens rien ! Caresse moi. Caresse toi, Caressons nous…

MERDE ! J’y arrive pas. Marre de ces échanges virtuels. STOP !!!!!! On dirait des fantômes. Fantômes sans contours : de l’amour et même du sexe. Virtuels. Virtualité et sensualité : comment ça peut fonctionner ?????

Regarde tu as même changé l’orthographe de mon prénom sur ton répertoire. Bon sang même à l’écrit tu me déformes.

Déforme. Former. Mes formes : rondes, voluptueuses, juteuses. Carlos, mes formes sont là sur ce lit. Elles attendent ta bouche , tes bras, ta peau, ton sexe. Des bruits aussi. Ceux de nos va-et-vient, de mes cris, de mes pleurs. De nos peaux en sueur qui claquent.

Je forme des mots de mes formes.Tu formes mes maux par l’absence de tes formes. Bizarrerie moderne.

Mon lion, tu te rappelles ce que c’est qu’être un homme, ce que c’est qu’être une femme ? Dansons ensemble l’amour. «  L’amour ça n’a jamais sauvé personne » nous dit Emma Dusong. Soit. Mais le sexe bordel ça nous rend libres, imparfaits et heureux non ? Libres et néanmoins attentionnés l’un pour l’autre.

Philosophons un peu veux-tu. « Faire l’amour » est une bien curieuse expression. Faut-il aimer pour jouir ? Ne pouvons-nous pas désirer l’Autre (la personne ou son image comme le souligne Jacques Derrida) sans sentiments ?
Je sais aimer sans baiser.

Baiser sans aimer.

Désirer sans consommer.

Des hommes. Des femmes.

Laisse-moi à présent t’écrire tendrement que je t’aime et que j’adore unir mon corps au tien. Quand ton Toi fond dans mon Moi et que le Nous se transforme en objets d’amour : je vibre.
Je vibre. Je tremble. Je bourdonne.

Objets.

Sujets d’amour.

Je t’ai déjà dit comme ton corps est adorable. Comme j’aime m’y blottir pour dormir. Comme son odeur déclenche en moi des vibrations puissantes qui peuvent exploser même si je suis sans toi, dans le métro.

Corps-Stimuli-Amour. Ce jour là y avait rien de tout cela.

Mon cerveau a fait apparaître ton odeur comme surgi de nulle part.

Orgasme, discret. Furtif. Déconcertant.
Revenir à l’instant présent. Ne pas se faire remarquer. Mince : l’homme là-bas me dévisage. Sait-il ?

Voyeur/ Exhib : un thème qui t’est cher en tant que peintre.
Pourquoi tu ne peux plus me peindre !!? Nue devant toi ce n’est pas la femme qui t’aime qui pose. Ce n’est pas non plus celle que tu prends sauvagement sur ce fauteuil. Au studio je suis ton modèle, celle dont tu loues en soirée la luminosité, l’éclat. Ta Muse.

« Elle crève la toile ». Merde tu le répètes sans cesse à qui veut l’entendre : mais tu ne me peins plus. Je veux être ta Sylvia pour toi devenu mon Agnès.

Oublie mon « Moi, » regarde « Elle » et laisse moi t’inspirer encore et encore.
Fais de moi un être de chair et de sang. Un animal. Oui, ce soir, fais de moi ta bestiole. Définis moi

à nouveau. Fabrique moi une odeur, une sueur, une bouche.

Mange moi.

Croque.

Serre.

Frotte.

Laisse-moi dans tes bras, devenir liquide. Que mon âme, mon corps, mon cul et mon cœur disparaissent. Que je sois morte. Louée, chantée comme l’amoureuse d’Emma sur ce mur au fond de cette expo. A jamais inscrite dans l’avenir.

Morte mais pas seule. Avec toi. Ici et maintenant. A tout jamais.

Tu seras l’objet de mon amour, l’amour incarné et sublime, l’idéal même de l’amour, l’homme que j’aime, le peintre dont je suis le modèle, le corps qui me rend folle.
« Corps adorable, je te caresse ».
Sors de ces vapeurs. Vivons. Viens. N’aie plus peur. Je veux devenir Tienne et toi Mien.

Mourir pour Vivre : étrange paradoxe.
Je te caresse. Mes mots sont des caresses.

Des bras. Des lèvres. Une langue. Un sexe brûlant aussi.

Approche. Comble-moi. Oui. Encore….
Fragmente notre Nous pour en faire un Tout.

Je t’aime.                            Te Désire.
T’adore.             Carlos.
Tu me manques.
A TOI.

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