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Témoignage : Bref, j’ai fait un spermogramme…

Sperme

Aujourd’hui, je suis allé faire un spermogramme. Je porte un anneau de contraception thermique depuis plusieurs mois et il est temps d’aller en vérifier l’efficacité. 

Le voyage …

Il fait un froid de canard. Quitte à se masturber, autant rester au chaud sous la couette. Mais bon, c’est pour la bonne cause. Et ça permettra de savoir si enfin, je pourrais à nouveau mêler mes fluides à ceux de ma tendre compagne qui comme moi n’attends que ça. 

Je suis pas particulièrement heureux à l’idée d’y aller ; je connais la démarche, ayant déjà dû réaliser un spermogramme lors de notre parcours PMA. 

Je dois prendre le train avec près d’une heure de trajet parce que chez moi on ne fait pas ces tests là. Il faut aller “à la ville “. Pendant le trajet, j’essaie de retenir le côté positif de l’examen : on me donne le temps et l’espace pour me masturber. C’est quand même la classe ! Mais très vite la réalité bien concrète me revient : tu vas arriver dans un endroit que tu ne connais pas avec plein de gens autour, pour te branler dans un petit pot. Difficile de trouver ça excitant. 

J’arrive finalement devant le laboratoire. Je suis ronchon. Il faut attendre dehors. Je vois 2 files d’attente, une file tests covid, une file pour les autres. Je suis le seul autre. Combien se disent que je vais m’astiquer dans une petite salle à quelques mètres de ceux qui se font curer le nez ? Certainement personne, mais pour moi, tous. 

Il fait toujours aussi froid dehors. Lassé que personne ne vienne, je rentre et annonce l’objet de ma venue d’une manière faussement assurée à la secrétaire. J’ai tout fait pour me convaincre que des types comme moi, ils en voient passer des centaines par an, et que ça ne doit pas leur faire plus d’effet que pour n’importe quel test. 

“Ah ben fallait entrer”, qu’elle me dit. 

“Oui mais c’est écrit qu’il faut attendre dehors.” 

” Oui mais pas pour ce type de test, on ne vous l’a pas dit ? “

“Non.” 

” Bon… ” Je n’étais déjà pas d’humeur, ça continue de me refroidir. Elle me demande le nom de ma compagne. Je vois pas bien ce que ça vient faire là, mais je réponds quand même. 

L’enregistrement

On m’enregistre, et une laborantine vient me chercher. Elle m’accompagne dans une petite pièce dont la porte une pancarte avec écrit ” Bureau “. Quoi ?! Il n’y a même pas une salle réservée ? En fait si ! C’est un petit sas, peut-être 3m², meublé d’un fauteuil, d’un porte manteau, d’un ordi et d’un placard, au fond duquel une porte coulissante donne sur une deuxième petite salle, avec un canapé noir, qui n’est pas sans rappeler ces vidéos porno de castings. Ça me fait marrer. Au mur, un petit écran de télévision, à côté un lavabo, du savon et un urinoir inutilisable. Je me marre à nouveau intérieurement en pensant au nom de cette petite salle spéciale branlette : Bureau. 

” Elle est où Stéphanie ? ” 

” Au bureau ” 

Mon cerveau construit en 1sec ce que serait une société avec des salles de branlette au travail. Comme des salles pour la sieste, mais en plus sexy. 

Ceci n’est malheureusement pas du tout ce qu’il se passe dans la vraie vie lors d’un Spermogramme

La laborantine me pose 2-3 questions, me demande si tout va bien, félicite mes spermatozoïdes qui ont bien fait leur travail parce que je suis papa. 

Quand il faut y aller …

Elle m’explique la procédure : on se lave les mains, le sexe et ” zou c’est parti mon kiki fais toi plaiz’ et finis bien dans le petit tube “. Il faut noter l’heure de prélèvement sur un papier, et appuyer sur la sonnette pour dire ” J’ai finiiiiiiiii ! “. 

Puis une fois sonné, je n’ai plus qu’à y aller, et foncer vers la sortie vite vite vite. Elle viendra chercher le tube plus tard. 

Je sais bien que c’est pour la précision des mesures qu’il faut noter l’heure, mais je ne peux retenir ces questions cons : En combien de temps c’est acceptable ? C’est la honte si je viens trop vite ? Trop lentement ? Et si ça ne vient pas ? Et si j’ai envie de prendre mon temps ? Au bout de combien de temps ils débarquent pour savoir si tout va bien ? Bon. Ça viendra quand ça viendra. 

Et avant tout, il faut aller uriner. Je me dirige vers les toilettes du laboratoire. 

La laborantine m’intercepte et me demande : ” Je vous mets le film ? ” 

J’ai envie de répondre : ” Non, mets-moi la télécommande dans le derrière, peut-être que je m’en sortirais mieux. ” Je n’ai pas confiance en ce que je vais voir sur l’écran. 

” Oui s’il vous plaît. ” 

Je me retiens d’ajouter que je vais avoir besoin d’aide, de peur qu’elle prenne ça pour une invitation. Ce n’est pas l’idée, et je pense qu’elle doit essuyer un paquet de vannes foireuses de mecs gênés qui esquivent avec de l’humour potache. Bref, le film démarre, je n’y prête pas attention, je pars aux toilettes vider le litre d’eau que j’ai du avaler avant le rendez-vous. 

Je reviens. Je jette un œil à l’écran de télé. Mince, j’ai loupé les préliminaires on dirait. Me voilà donc en train d’admirer une nana avec une paire de seins beaucoup trop ronds et solides, se faire prendre par 2 gars. Je n’étais pas prêt là, sans préliminaires. 

En plus il n’y a même pas le son, alors je ne l’entends pas kiffer ou à défaut faire semblant. Je suis déçu, mais pas surpris. 

Je vais au lavabo pour faire ma petite toilette intime. L’eau est tiède, le savon ne pique pas. Tiens on pourrait commencer par là, ça glisse, c’est pratique. J’en profite et commence à bander. Puis même si c’est pas mon délire le porno mainstream, je reste un garçon sensible. Je fini de laver l’engin, et après avoir bien frotté je vais pour m’assoir sur le canapé. Ce n’est pas très confortable, il y a un grand papier dessus. C’est bien pour l’hygiène, mais côté sensations, on repassera. Je continue mon affaire, mécaniquement, avec peu d’enthousiasme 

La scène touche à sa fin. Comme d’hab en plein dans la tronche. Ça ne me fait pas beaucoup d’effet de voir ça. La courbe de l’excitation a tendance à la baisse. 

Je profite du temps mort pour me lever du canapé et chercher un bouton de volume sur l’écran. Rien. Juste un bouton “eject” pour sortir le DVD. Si jamais il sort je n’ai plus aucun moyen d’espérer un truc sexy pour m’aider. Je me rassois et me dispute en me disant que je pourrais bien me débrouiller tout seul avec ma tête et mon imaginaire. 

Scène suivante. Un mec ” méga moche ” conduit une voiture ” méga chère ” avec une passagère ” une meuf méga bonne “. Je ne sais pas de quoi ils discutent, je m’imagine un dialogue : 

” Ça a été le boulot? ” 

” Oui, on a eu la réunion avec la compta, on est sur un bon trimestre ” 

“Ah super ! Je suis contente pour toi. As-tu pensé à prendre du pain ? “. 

Ok, mon imaginaire a vraiment décidé de ne pas m’aider. 

Ils arrivent dans une espèce de manoir. Encore un décor de dingue me dis-je. C’est fou ces décors de pornos. Quand on est un riche et qu’on a une baraque de malade, on tourne nécessairement un porno dedans ? Je me fais la promesse de devenir riche afin de répondre à cette question, mais surtout de revenir à mes moutons. 

Madame assoit monsieur sur une chaise, et lui attache les mains aux accoudoirs. L’espace d’un instant j’ai fantasmé un trip bondage, je suis même aller jusqu’à oser penser à du Shibari. Mes espoirs se sont vite envolés quand entrent dans la pièce 3 bonshommes. (Dans le film hein, pas dans ma salle !) Et aller, encore des fellations. Ça me soule. Et voilà qu’on me colle une scène interminable, avec 3 bites en gros plan. J’ai rien contre les bites, mais j’aimerai qu’on s’occupe de la mienne là. Je craque. Je me rhabille au cas où, et je retourne dans le sas où j’ai laissé toutes mes affaires. Je fonce vers mon manteau et saisi mon téléphone. 

Ouf, ça capte. Vite, un site porno. Vite du son. Pas le temps de niaiser, je prends la première vidéo qui vient. Un trio FFH. Ça me plaît un peu plus, on dirait que tout le monde prend vraiment du plaisir ici. J’aime bien. L’écran de mon téléphone est minuscule. Je ne saisis pas très bien tout ce que je vois, il y a beaucoup de chair, mais mes oreilles entendent bien. Ça me suffit pour me redonner un peu de vigueur. je m’active. La tension monte. Tant mieux j’ai envie d’en finir assez vite. Ça fait trop longtemps que je suis dans cette pièce, je veux retrouver l’extérieur et les potes que je dois retrouver après. J’accélère le mouvement, sens que le point de non retour est proche et vais pour saisir le flacon. Je l’ouvre d’une main, et tiens mon sexe pas franchement dur dans l’autre. M’y voilà ! enfin ces spasmes libérateurs. Ma jouissance est aussi molle que ma bite. Je laisse couler ma semence dans le tube en plastique. 

10h22. Ça fait presque une heure que je suis arrivé au laboratoire. 

J’enclenche la sonnette pour prévenir que l’affaire est terminée. A peine appuyé, un laborantin débarque. C’est limite si j’avais fini de rattacher ma ceinture. Ça ne correspond pas à ce que m’avait raconté la laborantine un peu plus tôt. Je me sens trahi et bien envahi dans mon espace intime. Le monsieur me demande si tout s’est bien passé. Je marmonne un ” Oui oui… ” gêné, en remettant ma veste. Le salaud insiste ” ça va, ça a été ? ” 

Raaaah ! Mais lâchez-moi! Prenez-donc mon foutre et laissez moi partir ! 

” Attendez, je vérifie quand même la quantité “. 

Je crois que j’ai pas attendu de savoir pour partir. De toute façon ce n’est pas comme si j’allais pouvoir y faire grand chose. 

Bref, j’ai fait un spermogramme…

Je n’aurai pas mes résultats. Ils arrivent chez le médecin traitant. Je dois reprendre rdv. Avec toutes ces conneries de pandémie, aucun rendez-vous avant 15 jours. On va garder encore un peu les capotes. Je sors enfin du laboratoire. Le soleil brille et me brûle les yeux. Je prends la direction de chez mes amis pour aller boire un café. 

” Alors qu’est-ce qui t’amène dans le coin ? ” 

” Oh ben… je suis venu me branler. Tiens j’ai apporté des croissants.”

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