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Texte érotique : L’Egyptienne

Elle danse l’Egyptienne, elle ondule comme un serpent. Les femmes lui hurlent des « Chienne dégage! Nos maris n’ont d’yeux que pour ton corps de sorcière! Pars ou nous te tuerons! » Elle rit l’Egyptienne. Beaucoup. Son sourire rendrait la vue aux aveugles tant il est envoûtant.

Que caches-tu derrière l’éclat de tes dents? Quels hommes ont goûté aux sucs de ta bouche? Ta langue autrefois a rendu fou tes amants, petite épée délicieuse aux saveurs jusque là inconnues. Tu savais la faire circuler sur chaque parcelle de leurs corps imparfaits, la glisser dans leur intimité la plus chaude et moelleuse.

Tes hommes nus, tête oubliée sur un oreiller, t’ont laissée les pénétrer partout.  Ton bonheur suprême se lisait dans tes yeux de chat quand ils jaillissaient dans ta bouche. Jamais personne ne suçait avec autant de tendresse, autant d’abandon. Fermer les yeux, les rouvrir, leur donner un air de salope: ces codes tu les maitrisais à la perfection. Pour ton homme sauvage tu as même réussi à le laisser t’étouffer de sa queue raide et puissante. Ta tête enfoncée de force, tes cheveux maintenus avec violence ont contribué à son plaisir et au tien par là-même.

Ton plaisir, voilà le nœud du problème pour certaines de tes sœurs. « Je suis enceinte je me force à baiser avec mon mari. On en rigole avec lui et je lui accorde son ptit coup de bite pour qu’il me laisse tranquille ». Toi tu rougis en l’entendant. Tu rougis non de honte mais de colère. Tu ne conçois du corps des femmes que le plaisir et le respect. Jamais tu ne t’es donnée pour satisfaire  un homme uniquement. L’amour, le plaisir sont sacrés. Ils réclament complicité, permissions, consentement, bienveillance, réajustement.

Amour et plaisir peuvent se lier ou se dissocier. Le plaisir brut tu l’as trouvé vite et il t’a rendue folle de joie. Un regard dans un lieu un peu glauque, une main qui effleure, ta bouche qui attrape la sienne. Tes seins qui se dressent, leur aréole qui rougit. Prends-moi là ici et maintenant. Baise-moi. Tes yeux, ton souffle, ta chatte qui coule, tout lui indique ton désir d’être prise comme une salope que tu sais si bien être. Ta tête se pose sur cette table, ton cul s’offre.Toi, l’élu de cette femme, tu vas pouvoir te vider en elle, apprécie le moment, elle ne te le donnera qu’une seule fois.

Pas besoin de préparation tu rentreras si tu la fourres doucement. La lenteur te récompensera: bientôt le cul de l’Egyptienne sera prêt à tes coups violents, tes sorties-rentrées dignes d’un film sur Youporn. Elle tremblera la danseuse, elle hurlera fort aussi. Elle aime ça les coups de bite la femme qui ondule sur scène. Elle jouit vite et fort: tu verras, tu adoreras cela.

Dans tes rêves tu la verras te sucer, se laisser fister, laisser son corps juter…. Dans tes rêves seulement. Jamais tu ne la reverras réellement…
Il est déjà tard, l’Egyptienne bouge ses hanches de feu dans un autre bar. Loin de tes envies, loin de ton sexe qui va gicler sur ce lit défait qui accueillera tes râles dans quelques temps.

L’amour elle l’a connu autrefois avec quelques amants. Le soir lorsqu’elle lève les yeux c’est eux qu’elle voit dans le firmament.
Son ami du bout du monde avec qui elle projetait de vivre. Même toit, mêmes lois. La vie a balayé tout cela.
Son Ptit Bonhomme: parti lui aussi.

Et puis il y a eu son Maitre qui lui a offert la dignité d’être celle qu’elle est aujourd’hui, son Capitaine qu’elle aurait aimé demander publiquement en mariage, son doux soumis….
Une larme. La page se tourne.

Demain elle offrira son corps aux dieux de l’Egypte antique. Comme ses sœurs privées de parole autrefois, elle dansera. Elle dansera pour crier sa joie d’être femme, femme complète: mère et putain. Ses hanches vous raconteront qui elles ont accueillis, quels sexes majestueux elles ont fait gicler encore et encore. Ses seins pointeront leurs bouts vers le ciel en signe de reconnaissance. Ses tétons salueront les bouches de ses enfants comme ceux de ses amants.

Quand ses petits pieds s’en iront de-ci  de-là vous sentirez sa fuite vers cet amour de l’Idée de l’amour qui ne nourrit pas l’esprit des femmes mais le détruit.
Ce soir, libérée de ces fards qui la cachent, L’Egyptienne pleurera. Ses larmes seront celles de ses sœurs bafouées, violées, méprisées. Leur violence la libérera.

Elle se lèvera, s’approchera du rivage et sautera dans le vide. Là un homme-poulpe l’accueillera et la pénètrera de tous ses bras. Sa bouche s’enfoncera dans la sienne et boira l’étincelle de Vie…
Il en faudra encore des fillettes qui se brûleront les ailes comme elle.

Beaucoup écriront, chanteront, manifesteront pour que les femmes embrassent les hommes en égales, rient à leurs côtés. Le jour approche où hommes et femmes danseront autour du feu sacré de la Vie en chœur. Je le sais, je le sens…

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