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Participant

Voilà de quoi me retrouver. Ce sont des petits extrait d’un article paru dans Der Spiegel, relayé ensuite par le magazine BoOks, la NYRB, etc..

Et, quelques dizaines d’années après, je remercie Reimbold qui me démontre qu’être humain, être doué d’empathie, doué de la plus noble qualité, n’est pas un don mortel, cela résistera à travers tous les temps, même en pleine horreur. Je suis fier et consolé.

Voilà ce qui fait mes nuits courtes (c’est la deuxième depuis la vidéo)

Les descriptions du quotidien, le village qu’on rase ou les quelques filles qu’on « culbute », comme on désigne les viols dans le jargon des soldats (…)

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Une retranscription d’écoute datée de juin 1944, qui renonce à entrer dans le détail des dialogues, témoigne de l’importance du sujet pour les soldats :

« 18 h 45 : les femmes.
 19 h 15 : les femmes.
 19 h 45 : les femmes.
 20 h 00 : les femmes. »


Les conversations que l’on s’est donné la peine de transcrire dans leur intégralité abordent, comme on peut s’y attendre, la question de savoir où se trouvent les meilleures filles, pour combien, et s’étendent sur les opportunités rencontrées à l’arrière. Les soldats discutent de ces affaires en touristes sexuels avertis :

« Wallus : À Varsovie, notre compagnie faisait la queue devant la porte. À Radom la première chambre était pleine, pendant que d’autres attendaient dans les camions dehors. Chaque femme avait quatorze à quinze hommes en une heure. Elles étaient remplacées tous les deux jours.

Niwiem : J’avoue qu’on n’était pas toujours irréprochables en France. À Paris,j’ai vu nos pilotes de chasse attraper des femmes au milieu d’un bistrot, les coucher sur la table et hop, fini!… Même des femmes mariées ! »

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Müller : « Elles faisaient les routes, des filles belles à mourir. On est passé devant elles, on les a tout simplement embarquées dans les camions, culbutées et jetées dehors. Tu peux me croire, elles ont fui sans demander leur reste ! »

Voilà, ce qui me fait du bien..

Si un viol collectif peut ne provoquer qu’une petite réprimande, on voit aussi qu’avec la violence sexuelle à grande échelle on touche parfois à une limite difficile à franchir, même dans l’atmosphère de camaraderie d’une cellule de prisonniers.

Les données recueillies contiennent de nombreuses descriptions de violences sexuelles que leur sadisme rend difficilement soutenables pour le lecteur d’aujourd’hui. En général, elles sont racontées à la troisième personne, procédé par lequel l’auteur du récit tente de se distancier des faits qu’il expose. Il n’est pas rare aussi qu’il exprime sans équivoque son dégoût.

Reimbold : « Dans le premier camp d’officiers où j’ai été détenu, il y avait un soldat de Francfort très bête, un jeune sous-lieutenant, un petit morveux. On était huit à une table à parler de la Russie. Il racontait : « Nous avons attrapé une espionne qui rôdait dans les parages. On a commencé par lui frapper les seins avec un bâton, puis on a roué son derrière de coups de baïonnette. Ensuite on l’a baisée, après quoi on l’a jetée dehors, et on lui a tiré dessus. Elle gisait sur le dos, alors on lui a lancé des grenades. Et à chaque fois qu’une d’elles explosait, elle criait. » Imaginez, il y avait huit officiers allemands assis à table avec moi, qui riaient aux éclats. Je n’ai pas pu en supporter davantage, je me suis levé, et j’ai dit : « Messieurs, c’en est trop. » »