#38809
bzobzo
Participant

mon corps est devenu tellement électrique, tellement prêt à vibrer de toutes parts,
j’ai l’impression d’avoir un tambour à la peau tendue dans ma chair,
le moindre effleurement, la moindre caresse, le moindre geste même
à condition, tout de même, que j’y mette une intention sexuelle,
qu’il y ait un peu de langueur, de lascivité qui accompagne
et c’est parti, je suis en roue libre,
je frémis de tous les côtés jusqu’au plus profond de mon être

je me jette sur le lit, je me caresse lentement le sein,
j’écarte les jambes langoureusement,
comme j’aime faire cela, écarter les cuisses,
je sens entre elles comme une ouverture frémissante, vivante, délicieusement chaude,
l’entrée d’un tunnel magique,
au plus je les écarte, au plus il semble s’agrandir,
au plus il semble prêt à vibrer, prêt à s’enflammer

le moindre mouvement désormais, est dangereux,
je me sens en danger délicieusement, mon corps totalement réceptif, totalement ouvert,
tellement prêt à vibrer, à exploser chaleureusement,
je fais monter une petite contraction, là au centre de l’ouverture entre mes cuisses
qui semble avoir sa vie propre,
qui semble comme la gueule d’un volcan relié jusqu’au plus profond de la terre

la contraction remonte le tube chaud,
je me rends compte que ce n’est pas un volcan
mais l’une des deux ouvertures du corps d’un canon,
je viens d’y introduire un boulet, j’ai armé le mécanisme,
ça y est, le boulet se met à à frémir, il commence à remonter en tournant

il se met à rouler lentement, à frotter, à frotter, au passage,
oh comme cela frotte, comme cela tourne, dans mes entrailles
et pour l’instant je le sens toujours dans le tube,
le boulet n’est pas encore sorti, n’a pas encore expulsé quelque part en moi,
il accélère, il monte, il remonte toujours en tournoyant
et toujours en se frottant à tout sur son passage

il a quitté mon bassin, est quelque part plus haut, comme il a grandi,
ça y est, je sens qu’il est expulsé, il est en roue libre
il accéléré terriblement, il éclate, il éclate,
comme cela devient de plus en plus doux aussi au fur et à mesure que cela devient de plus en plus violent,
comme de la mitraille délicieuse, irrésistible, partout en moi
comme une charge de cavalerie,
cela rentre dans ma tête,
il n’y a aucun engorgement, aucun ralentissement,
juste comme l’espace semble plus exigu, cela provoque encore plus de concentration, encore plus de densité,
cela tournoie aussi encore plus

tout mon être en feu, en soie, en chaleur liquide, tout mon être dispersé,
tout mon être unifié, unifié dans le dispersement,
immense et en même temps, nulle part,
seuls mes râles, mes cris et mes gémissements, semblent encore réels,
tout le reste n’existe plus que comme un envers de décor sublime, un envers en feu, en joie,
je suis derrière, à l’état gazeux, à l’état liquide, à l’état vaporeux
autour de moi tout est en fusion, l’anarchie est totale, l’harmonie est totale,
tout n’est plus que danse et chant,
oui le feu danse, le feu chante et la nuit est dense dans mes veines,
la nuit est d’encre et illuminée partout par des feux de joie