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  • #10717
    AndranerosAndraneros
    Maître des clés

    Notre quête parfois désespérée d’un plaisir différent, intense, prolongé et multiple se heurte à de nombreux obstacles dressés par une morale qui privilégie la répression d’un instinct profondément individuel au nom d’une protection de la collectivité, au lieu de promouvoir l’épanouissement individuel et le respect de la différence pour construire une collectivité naturellement protectrice.

    Nous sommes tous affectés, certains plus douloureusement que d’autres, par cette dualité. Nous avons tous beaucoup à dire sur les conséquences de ces interdits, sur les regrets et les souffrances causés par l’isolement qui en découle, sur le sentiment de marginalisation et de dévalorisation qui peut venir tout gangréner.

    Mais il me semble que nos échanges seraient plus lisibles pour les lecteurs de ce forum, et particulièrement les nouveaux lecteurs, si nous faisions un effort pour respecter autant que possible les thèmes abordés par les auteurs des sujets. Je propose donc que nos discussions, questions et réponses sur la difficulté de vivre une sexualité différente de celle que la morale historique impose soient regroupées au sein du forum « Libre parole sur la sexualité ». Ainsi les réponses, conseils et encouragements que nous pouvons apporter seront plus faciles à lire par ceux qui en ont besoin.

    Je soumets cette intervention au(x) modérateur(s) et à toute la communauté.

    #10736
    AvatarAdam M.
    Maître des clés

    Tout à fait d’accord Andraneros. Je vais essayer de réorganiser cela ce weekend si j’ai le temps.

    #10830
    logansanlogansan
    Participant

    Un instinct pris en étau par notre éducation culturelle, cultuelle et occidentale, oui , c’est cela !
    Je vais transmettre cela par un résumé de mon chemin de vie, car, actuellement je ne saurais le faire autrement.

    A l’adolescence, je découvre mon corps, petit être frêle et peu confiant (j’exagère un peu, j’étais un peu rond ;)). La masturbation, quel bonheur. Je découvre aussi, mais très légèrement seulement, le potentiel du plaisir anal, très occasionnellement : toucher de l’anus, insertion mais bof, insertion avec masturbation : wééé, mais honteux de tout cela. En tant que jeune adulte, je mets cela de côté.

    Mon éducation n’est pas très religieuse, baptême, communion, donc catéchisme (ça m’ennuie), je refuse de faire ma confirmation. Mais à 20 ans : crise mystique ! Allez, je me farcie la bible, des écrits historiques, thèses-antithèses… bref, je démonte une partie de mes croyances pour me dire que ce n’est pas Dieu (qui existe peut-être) mais les hommes qui ont traduit des règles de morale et de vie sociale sans toujours se les appliquer à eux-mêmes.
    Intérêt pour d’autres croyances, sans plus de convictions, mais qui m’a amené à penser que le corps et le cerveau humain recèlent de pleins de secrets et de puissances, ainsi qu’à pratiquer des exercices de respirations, de méditations, travail sur les chakras… Mais une vie pas toujours en harmonie avec tout cela, donc cela devient vite occasionnel.

    Dans la même période, je me posais aussi plein de questions qui sont restées sans réponses : la jouissance féminine, c’est comment ? La sodomie, le plaisir n’est pas que pour l’actif mais comment jouit le (la) passif(ve) ?

    Bref, si j’en étais curieux, c’est que peut-être j’avais l’instinct de quelque chose à ma portée mais que je n’étais pas encore prêt à ressentir. Mais encore une fois la vie me fait mettre cela de côté.

    Ce n’est que dernièrement qu’une porte de mon cerveau s’est ouverte. Je voulais rajouter du piment dans notre vie sexuelle et la curiosité de l’orgasme féminin m’est revenue ; achat de livre de massages intimes (axés femme mais homme aussi, à l’époque seulement la première partie m’intéressait mais le livre semblait bien fait). Zones érogènes, clitoris, vagin, point G… la théorie est sympathique. La pratique m’insatisfait car on se fait trop vieux pour faire notre deuxième enfant, fausses couches… mais aussi ma femme est très classique, faut qu’on travaille là-dessus.
    Puis je découvre la deuxième partie du livre, et les plaisirs masculins que je ne connais pas. Doublé de problème à l’anus : fortifier l’anus permet de réduire les risques hémorroïdes. Mais il m’a fallu un accident de voiture pour me décider à essayer.

    Le reste est sur les autres sujets du forum.

    Classifié hétéro, et je le reste et l’assume, mais avec l’instinct de quelque chose de plus grand, j’ai mis le doigt dessus (sigh ;)), et je ne le regrette pas. Mais je ne suis qu’au début.

    J’aime bien parlé de déconstruction-reconstruction pour essayer d’atteindre ce que je ressens comme être ma possible vérité. Et celle-ci n’est pas que sexuelle, elle est aussi vie sociale.

    #10936
    TortuegénitaleTortuegénitale
    Participant

    J’aime vraiment ton histoire logansan.

    J’ai l’intuition que j’y serai le jour où je trouverai l’amour fou.

    Le travail que j’effectue me semble être une tâche ingrate parfois, heureusement récompensé par des petits bonbons.. mais bon (bon). J’ai vraiment hâte de trouver le partage, comme pour s’encourager à deux.

    De manière analogue, j’ai un ami avec qui on se donne des objectifs de travail, et ça fait progresser, là où je suis. J’avais un autre ami : on se donnait des exercices de maths des olympiades internationales, c’est difficile au début, mais l’émulation à deux m’a fait progressé et devenir meilleur et capable de résoudre de subtils problèmes – à tel point que je rentrais chez moi et me précipitait sur les problèmes les plus durs à résoudre, qui me faisaient peur avant, seulement et seulement pour interagir et échanger le lendemain, de nouveau, avec mon ami.

    Mon analogie, très personnelle, est juste une manière de parler d’une intuition qui me vient que c’est le côté profondément humain qui donne tout. Car sinon à quoi bon. Je sais que mes orgasmes les plus cools viennent après des rendez-vous avec des gens qui sont agréables, ou après un vécu sympa en groupe. J’ai l’impression que l’orgasme ne peut pas venir si on a l’impression de s’isoler à cause de ça. Le problème c’est que l’on donne beaucoup de pouvoir aux autres.. et je m’en rends également compte.

    Je n’ai pas encore trouvé une personne encourageante, sur la même longueur d’onde, dans mon entourage. C’est une source de souffrance.

    #10937
    AndranerosAndraneros
    Maître des clés

    A vous lire, @logansan, votre femme semble en retrait par rapport à votre quête de plaisirs plus intenses comme cela paraît être le cas de certains de nos amis, moi y compris, sur ce forum.
    Votre femme est-elle au courant de votre pratique de l’Aneros, directement après que vous en ayez parlé ensemble ou indirectement après certaines découvertes involontaires ?

    La mienne savait et me donnait l’impression de ne pas s’y intéresser. De mon côté je n’osais pas trop aborder le sujet. Finalement c’est elle qui a franchi le Rubicon de façon inattendue et éclatante. Je regrette de ne pas l’avoir fait moi-même plus tôt.

    Votre parcours est à certains égards (pour les questionnements) parallèle au mien et se retrouve assez bien dans le titre de ce sujet. Si vous le pouvez et si ce n’est pas déjà fait partagez votre quête et les résultats obtenus avec votre femme. Si votre couple est solide vous pourriez mettre en pratique votre idée de « déconstruction-reconstruction » en dialoguant avec votre femme pour l’associer à votre démarche en vous appuyant sur votre accession au Super O’ et pour l’amener à découvrir de nouvelles facettes de sa sensualité.
    @Tortuegénitale
    l’échange nourrit l’être et lui permet d’avancer toujours plus loin.

    #10939
    logansanlogansan
    Participant

    En effet, Andraneros, ma femme est en retrait par rapport à cela.
    Nous avons parlé de ces points magiques, féminin et masculin, au tout début de mes ‘recherches’. Nous en sommes restés à la théorie, sans que je lui dise avoir commencé.
    Mais mon affection actuelle m’a fait mettre la continuation de cette discussion de côté. Je la remettrais sur le tapis dans quelques semaines, après complète cicatrisation, il m’est déjà dur d’attendre.
    Sinon, j’avoue avoir très peu caché mon aneros, je ne sais pas si elle ne l’a pas trouvé et attend que je lui en parle…
    Mais ce partage et bien dans mes projets à court terme.
    Vous m’en avez d’autant plus motivé avec votre témoignage.

    #10967
    logansanlogansan
    Participant

    J’ai mis du temps à le retrouver, mais ce commentaire me convient bien
    http://softparis.typepad.com/annelolotte/2007/06/aneros_en_coupl.html

    #10970
    AndranerosAndraneros
    Maître des clés

    @logansan je partage votre opinion. Malgré son ancienneté ce témoignage résume bien certains points dont nous discutons su ce forum.

    #11002
    TortuegénitaleTortuegénitale
    Participant

    Bonjour à tous, je ne sais pas comment lancer un nouveau sujet, quelqu’un pour le créer ? au nom de « Pornographie »

    NE PAS LIRE SI VOUS ETES DEBUTANT, CE N’EST PAS LE MOMENT

    Alors voilà, là ça ne va pas du tout. J’ai repris contact avec la pornographie vidéo depuis l’été dernier, simplement à travers l’univers d’Erika Lust. Je refusais jusque hier, volontairement, de revenir sur les plateformes type youporn, redtube, pornhub, xvideos, xnxx, etc…

    Hier j’ai décidé de réessayer, parce que je voulais voir Deep Throat sorti en 1972, film qui fait partie du Golden Age of Porn (d’après Erika Lust dans son ouvrage intitulé Good Porn). Sauf que.. je ne tombe pas du tout sur ce film, mais sur une ribambelle de vidéos sauvages, sur le site xnxx, avec des visages de femmes démaquillées, forcées à des fellations profondes.

    Ma curiosité est alors devenue une sale gosse, elle m’a conduit sur une des vidéos proposées. Je suis profondément traumatisé par ce que j’ai vu. J’ai pleuré, tremblé, cherché à comprendre ce que j’ignorais à-moitié : le viol. Je ne connais pas le contexte de cette vidéo, mais en venir à filmer, à 3 hommes, une jeune, qui en pleure, qui ne peut pas faire autrement que de subir, qui tremble de peur, là c’était trop. Le pire : les commentaires positifs, et le 99% de « j’aime », heureusement quelques indignations en commentaires. Mais des commentaires comme : « et après, ils la sodomisent, encore mieux », en anglais. Il me vient un dégoût pour la « force », la possibilité même qu’a mon propre sexe de commettre de tels actes. J’ai eu envie de me crever les yeux.

    Je ne vous cache le profond paradoxe, mon pénis s’est dressé, et mon ventre s’est noué. Je stressais, m’indignais, avais envie de me battre, et en même temps mon pénis se dresse ? Je suis face à un cauchemar. J’ai très peu dormi, les images reviennent encore. J’ai l’impression que je viens de ré-apprendre que le monde est fou, les états-unis encore plus (je plaisante à moitié).

    Je suis désolé, ce message ne s’inscrit pas dans une démarche rose, c’est un bonbon noir. Je fais ce message de manière personnelle, si je ne le partage pas, cela va me tuer ma sexualité à vie (j’ai l’impression). Je suis néanmoins heureux de pouvoir partager l’horreur, de me dire que je suis compatissant, de pouvoir comprendre, rien qu’en moi, le conflit entre désirs masculins primaires (là c’était surtout du réduire-à-un-masturbateur la bouche d’une jeune femme, avec des agissements dignes des chimpanzés) et le besoin de sécurité féminin.

    Put*** quelle horreur, c’est à se fracasser le crâne contre un mur, j’en peux plus, je m’en veux terriblement d’avoir vu cela.

    C’est un peu un appel à l’aide, je suis navré pour ceux qui se sentent pas capables de m’aider, ce genre de réalité humaine est difficile.

    Je vous remercie d’avance.

    PS: je ne sais pas si les femmes présentes sur le forum, aussi, peuvent m’aider.. essayer de me parler de leurs questionnements, leur vécu sur le viol.

    #11004
    logansanlogansan
    Participant

    Jeune Padawan, le monde cruel de découvrir tu viens, l’humanité, pas si civilisée, n’est.

    La violence sexuelle te fait de l’effet physique et te dégoute l’esprit, je t’en félicite, mais tu n’en reste pas moins homme et donc avec une part bestiale. Je pense cela normal. Que tu veuilles dominer cette partie me parait aussi très louable. Mais nous sommes jeunes sur l’échelle de l’évolution !
    Le monde n’est pas parfait et il y a de la violence partout, regardes les infos, tu verras.
    Alors digères, prends en ton parti, et continues d’assumer cette cérébralité qui te définit. Fais tes ‘ronds dans l’eau’ (mon expression pour dire que les gens qu’on côtoie prennent un peu de nos idées) dans ton entourage en rapport avec ce que tu es et pense de bien, et le monde changera dans les quelques milliers d’années qui viennent (j’aurais pu dire millions, mais je me veux positif ;))

    Je ne peux rien te dire de plus, je suis un homme aussi, plus cérébral que d’autres (un point commun ici je crois) mais avec ma part d’ombre aussi. Mon fantasme de lâcher la bride à ma colère et à ma violence parfois, tout en sachant que cela ne résoudrait rien, et créerait même plus de problèmes. Le monde actuel est ainsi fait.
    Je sais aussi que cette bestialité m’a plusieurs fois permit d’user de non-violence : 3 à 4 fois, j’ai arrêté des bagarres simplement en m’interposant et en laissant affleurer la violence possible qui m’habite, à chaque fois j’ai fait peur à l’autre. Pourvu que cela dure, car la prise de conscience du risque encouru m’a ensuite toujours fait flipper.

    Pour finir, la violence sexuelle fait partie de cette envie de dominer l’autre, il paraît même que certains(nes ?) n’arrivent à jouir qu’ainsi… Je n’ai aucune solution, seulement un conseil : trouve ta place dans ce monde, prend le temps de te connaître. Tu n’auras pas moins peur du monde, mais tu auras moins peur de toi.

    Que la force soit avec toi.

    #11006
    AndranerosAndraneros
    Maître des clés

    Bonjour @Tortuegénitale,

    Ton cri d’horreur devant le spectacle de la violence et de l’avilissement proposé par cette vidéo, que je n’ai pas vue et ne désire pas voir, est rassurant.

    La recherche de la jouissance, thème autour duquel tourne ce site, est inséparable de la manifestation du respect que chacun doit à lui-même et à tous ses partenaires. De toute évidence ce respect est absent de cette vidéo et de beaucoup d’autres présentées sur les sites porno.

    La facilité associée à la nullité réduit la recherche du plaisir à des gestes parodiques et profondément dégradants. IL n’y a aucune extase dans les actes « sexuels » présentés. Il n’y a aucune présence de l’échange qu’est le véritable acte d’amour. L’absence d’humanité, hors les caricatures de personnages, l’absence d’émotion, hors l’horreur et la domination bestiale, et l’absence d’intelligence des scénarios sont compensés par l’outrance et la violence des propos et des images. Ça ne fait évidemment pas le compte.

    Ta réaction physiologique, ton érection, est normale. Tu est en grand désir sexuel du fait de ton âge et de ta sensualité que ta conscience ne réprime pas. Toute sollicitation, aussi inappropriée soit-elle, déclenche une réaction physique sans que tu puisse toujours la contrôler. Mais cette réaction limitée ne signifie pas que tu approuves ni que tu souhaites vivre une telle situation.

    Je ne sais pas si une femme victime d’un viol ou d’une tentative de viol, situation très profondément destructrice, aura envie d’intervenir sur un forum ouvert. La guérison de ce genre de blessure peut ne jamais être assez complète pour permettre à sa victime de s’exprimer en public même derrière l’abri fragile d’un avatar. Il sera sans doute plus facile pour les autres de te « parler de leurs questionnements ».

    Comme tu le dis « Put*** quelle horreur ». Les gens savent que trop fumer tue, ils fument quand même. Les gens savent que trop boire tue, ils boivent quand même. Les gens savent que trop polluer tue, ils polluent quand même. Etc.
    Notre monde n’est pas parfait. Il faut le savoir. Il faut l’admettre. Une personne seule ne peut pas, sauf exception de nature divine, appréhender tous les problèmes du monde et les résoudre. La sagesse est d’accepter de se spécialiser selon son tempérament, sa culture, sa santé, sa résidence et de contribuer, partiellement, à hauteur de ses capacités, à l’amélioration de ce monde. Nous sommes assez nombreux sur notre Terre pour que cette attitude permette in fine de résoudre presque tous les problèmes.
    @logansan j’aime beaucoup l’image des ronds dans l’eau.

    #11026
    TortuegénitaleTortuegénitale
    Participant

    Merci pour votre chaleur.

    Je suis parti pour une longue anesthésie sensuelle. Quand je pense sexe, ces images reviennent. Je rêve de pouvoir faire la justice moi même, cette fille pourrait être ma sœur.. Elle ne savait peut-être pas dire non, je ne sais pas.. c’est un désastre humain. Je ne comprends pas comment on peut en arriver là, même si bien sûr j’ai pu aussi dans ma vie faire du mal, mais pas à un tel degré..

    Je pense que, malgré tout, cela fait mûrir, grandir, avoir les pieds sur terre. Je suis choqué, lobotomisé.

    Il y a surtout une leçon qui semble s’imposer : j’ai le sentiment que la subtilité est un art difficile, et fragile comme un château de cartes. Je n’ai plus aucune sensation pour le moment, même plus envie de penser à me réserver un moment intime. J’ai le deuxième sentiment que lorsque la jouissance atteint un stade développé, ou le plaisir s’étale jusque dans ma vie de tous les jours, il y a quelqu’un en moi qui apparait au grand jour : quelqu’un qui ne souhaite rien d’autre que la souffrance, veut tout détruire, tout anéantir. Je découvre que l’homme est multivocal.

    À l’avenir, je le verrai venir. En attendant, il faut que je me reconstruise une forme d’amour, de sensualité. Je veux éviter de m’enfermer dans la haine, l’asensualité, cela me semble être mon prochain défi.

    #11027
    TortuegénitaleTortuegénitale
    Participant

    Voilà de quoi me retrouver. Ce sont des petits extrait d’un article paru dans Der Spiegel, relayé ensuite par le magazine BoOks, la NYRB, etc..

    Et, quelques dizaines d’années après, je remercie Reimbold qui me démontre qu’être humain, être doué d’empathie, doué de la plus noble qualité, n’est pas un don mortel, cela résistera à travers tous les temps, même en pleine horreur. Je suis fier et consolé.

    Voilà ce qui fait mes nuits courtes (c’est la deuxième depuis la vidéo)

    Les descriptions du quotidien, le village qu’on rase ou les quelques filles qu’on « culbute », comme on désigne les viols dans le jargon des soldats (…)

    /

    Une retranscription d’écoute datée de juin 1944, qui renonce à entrer dans le détail des dialogues, témoigne de l’importance du sujet pour les soldats :

    « 18 h 45 : les femmes.
 19 h 15 : les femmes.
 19 h 45 : les femmes.
 20 h 00 : les femmes. »

    Les conversations que l’on s’est donné la peine de transcrire dans leur intégralité abordent, comme on peut s’y attendre, la question de savoir où se trouvent les meilleures filles, pour combien, et s’étendent sur les opportunités rencontrées à l’arrière. Les soldats discutent de ces affaires en touristes sexuels avertis :

    « Wallus : À Varsovie, notre compagnie faisait la queue devant la porte. À Radom la première chambre était pleine, pendant que d’autres attendaient dans les camions dehors. Chaque femme avait quatorze à quinze hommes en une heure. Elles étaient remplacées tous les deux jours.

    Niwiem : J’avoue qu’on n’était pas toujours irréprochables en France. À Paris,j’ai vu nos pilotes de chasse attraper des femmes au milieu d’un bistrot, les coucher sur la table et hop, fini!… Même des femmes mariées ! »

    /

    Müller : « Elles faisaient les routes, des filles belles à mourir. On est passé devant elles, on les a tout simplement embarquées dans les camions, culbutées et jetées dehors. Tu peux me croire, elles ont fui sans demander leur reste ! »

    Voilà, ce qui me fait du bien..

    Si un viol collectif peut ne provoquer qu’une petite réprimande, on voit aussi qu’avec la violence sexuelle à grande échelle on touche parfois à une limite difficile à franchir, même dans l’atmosphère de camaraderie d’une cellule de prisonniers.

    Les données recueillies contiennent de nombreuses descriptions de violences sexuelles que leur sadisme rend difficilement soutenables pour le lecteur d’aujourd’hui. En général, elles sont racontées à la troisième personne, procédé par lequel l’auteur du récit tente de se distancier des faits qu’il expose. Il n’est pas rare aussi qu’il exprime sans équivoque son dégoût.

    Reimbold : « Dans le premier camp d’officiers où j’ai été détenu, il y avait un soldat de Francfort très bête, un jeune sous-lieutenant, un petit morveux. On était huit à une table à parler de la Russie. Il racontait : « Nous avons attrapé une espionne qui rôdait dans les parages. On a commencé par lui frapper les seins avec un bâton, puis on a roué son derrière de coups de baïonnette. Ensuite on l’a baisée, après quoi on l’a jetée dehors, et on lui a tiré dessus. Elle gisait sur le dos, alors on lui a lancé des grenades. Et à chaque fois qu’une d’elles explosait, elle criait. » Imaginez, il y avait huit officiers allemands assis à table avec moi, qui riaient aux éclats. Je n’ai pas pu en supporter davantage, je me suis levé, et j’ai dit : « Messieurs, c’en est trop. » »

    #11029
    ModjoModjo
    Participant

    Bonjour à tous,

    Je me permets de m’incruster au sujet de conversation pour apporter une petite observation.
    @Tortuegénitale , je tiens d’abord à dire que je suis totalement d’accord avec toi lorsque tu dis être choqué par ce que tu vois. Hormis l’absence de sensualité et d’érotisme, ce genre de vidéo pornographique renvoi vers quelque de chose parfaitement immoral qu’il faut combattre.

    Cette observation se base sur un livre que j’ai lu sur la psychologie féminine (Les secrets du cerveau féminin, docteur Louann Brizendine), que je conseille. Il m’a aidé à y voir plus clair sur ce genre de sujet, en vulgarisant des faits scientifiques, en se basant sur des témoignages et études récentes. La parallèle entre le cerveau masculin et féminin que l’auteur a établi est saisissante.

    La nuance que j’aimerai apporter concerne le fantasme et le désir.
    L’un des arguments avancé dans ce livre, c’est que l’être humain – dans son inconscient – est resté primitif. L’instinct naturel de notre espèce n’a – en effet – pas suivi l’évolution (trop rapide) de notre société. L’auteur explique que la plupart de nos fantasme ou désires renvoient à un instinct naturel, inné, lié indirectement à la sauvegarde de l’espèce, un instinct de survie quoi :
    – La femme et son besoin maternelle s’explique (en partie) par la nécessité de procréer et faire survivre l’espèce humaine.
    – L’homme, doit être fort et virile pour protéger le foyer et assurer sa descendance.
    Ces idées sont restées encré dans notre inconscient et font inévitablement surface dans nos fantasmes mais plus généralement dans nos actes (de manière plus diffuse certes).
    Remarque : finalement ce livre m’a autant appris sur les femmes que sur moi-même…

    La ou je veux en venir, c’est que tu ne dois pas culpabiliser. Il faut juste comprendre que ta réaction est normale, elle répond à des codes. Ta conscience et ta vision contemporaine de la société te permet de comprendre l’atrocité de ce que tu vois, alors que dans un second temps, ton inconscient apprécie car ça le ramène à ses besoins fondamentaux. Il n’y a qu’à voir : on en contrôle pas directement une érection, c’est elle qui vient d’elle même. C’est dans nos gênes et – tant que le fantasme ne devient pas réalité – il n’y a pas de mal.
    Je condamne fortement ces actes, en revanche il m’est arrivé d’apprécier ce genre de vidéo pour leur côté bestial et primitif (tout dépend du niveau de violence bien entendu…).
    Il suffit d’admettre que c’est immoral, d’en être conscient et de veiller à ne jamais le reproduire.

    Heureusement le livre clos le sujet sur une note positive, en disant que l’inconscient de l’Homme rattrapera probablement son retard dans les prochaines décennies.
    Et c’est probablement des gens comme vous et moi qui ferons évoluer les mentalités.

    Si cela ne t’as pas rassuré et que tu as peur d’être habité par le mal,
    Dis-toi simplement que ce ne sont pas tes désires ou aptitudes qui déterminent qui tu es, ce sont tes choix.
    Si tu as choisi d’être quelqu’un de bien, eh ben c’est que tu es quelqu’un de bien 🙂

    #11080
    HyménéeHyménée
    Participant

    Bonsoir,

    On est dac’, le viol est à bannir, et ces vidéos devraient être hors ligne.

    Maintenant, en ce qui me concerne, autant je suis grand fan des copulations dorées, autant j’ai visionné, fantasmé et jouit en scotchant sur des trucs incroyablement sombres, absolument inouis. Cela m’a permis de m’approcher d’une espèce de lumière noire au fond de moi, que je n’aurai pu voir et apprivoiser sans cette descente en moi-même …

    Avec stupéfaction, j’ai entendu des actrices exprimer avec gourmandise leur envie « d’être prises comme un sac de viande », avant d’être malmenées et en jouir… et de recommencer cela dans plusieurs scènes avec la même ouverture et les mêmes orgasmes.

    J’ai finalement accepté cette diversité et m’en suis détaché, pour ne garder que ce qui me plait de voir à l’extérieur et à l’intérieur de moi : des corps glorieux en toute circonstance.

    Pour rebondir sur ce que conclue Modjo : je crains malheureusement que nous soyons déterminés dans notre sexualité. Il m’a fallu traverser les enfers, pour me reconnaître tel que je suis.

    D’autres ont la chance de ne pas avoir à vivre ces épreuves. Je les ai enviés longtemps. Maintenant, je me dis : chacun sa vie, chacun son chemin … 😀

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