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  • #36187
    EpictureEpicture
    Participant

    Les difficultés rencontrées par un certain nombre d’entre nous peuvent trouver une explication, et par conséquent une possible résolution dans la structure mentale qui supporte notre rapport au corps.

    Comme nous avons pu le dire déjà à maintes reprises, il ne suffit pas de dire la phrase magique « il faut lâcher prise » pour que cela se passe de telle manière que soudain s’ouvrent les portes de l’orgasme. Cela tient possiblement, à cette structure mentale dont nous héritons par voie éducative et qui plaque sur nos représentations une structure que l’on pourrait qualifier de « bloquante », ou de « résistante ».

    Selon moi, cette structure repose sur un dualisme entre le corps, et l’esprit, ou plus exactement entre une dimension rationnelle et coercitive de nous-même, et une dimension corporelle à l’origine du plaisir. Ce dualisme postule une opposition entre la dimension rationnelle qui serait selon la théologie chrétienne une voie d’accès aux « choses divines », et la dimension corporelle qui serait bassement matérielle c’est-à-dire s’opposant à toute élévation spirituelle. Les choses divines sont par nature le lieu de la communion avec dieu, seule capable d’apporter un plaisir qui n’est pas corporel, mais spirituel. Le corps, tel un boulet retient l’esprit dans son effort d’élévation vers la communion divine.

    Nous sommes loin me direz-vous du massage prostatique, mais à en croire certains témoignages, nous ne sommes pas si loin d’un effort pour atteindre un sommet de jouissance souvent qualifié de divin.
    Ce qui selon moi pourrait conduire à une difficulté majeure est de rester cantonné dans ce dualisme. Le corps n’est pas notre ennemi certes, cela tout le monde ici l’a bien compris. Mais faut-il pour autant condamner l’esprit comme étant responsable de cette incapacité chronique à lâcher prise ? NON.

    L’esprit et le corps sont comme les deux partenaires d’une danse dans laquelle ils se répondent tour à tour. En s’insinuant dans l’esprit, cette idée forme une représentation du couple corps/esprit qui s’unifie en un tout qui dépasse l’idée de dualisme. Le corps et l’esprit ne s’opposent pas, ils participent ensembles à la formation d’un tout qui explose de plaisir dans l’unification que procure cette danse entre concentration mentale et réactivité corporelle, dans un tourbillon de plaisir. Le dualisme sépare, divise, clive et crée un gouffre entre deux entités qui sont faites pour s’entremêler, où contrôle et absence de contrôle fructifient. Mais il ne faut pas non plus nier l’existence de ces deux entités c’est pourquoi il ne s’agit pas non plus de monisme, mais plutôt de non-dualisme.

    Le non dualisme a été pour moi la voie royale vers le plaisir et l’accueil mutuel du corps par l’esprit et de l’esprit par le corps. Cela n’a rien d’ésotérique, c’est juste une réflexion sur la nature bloquante d’une structure mentale, et la nature vivante d’une autre structure mentale le corps et l’esprit forment une substance où 2 éléments, a priori incompatibles et opposés, sont en réalité intriqués l’un dans l’autre, dans une forme en perpétuel mouvement. De ce mouvement peut naître une danse harmonieuse productrice de plaisir. Touchons-nous là la nature profonde de l’être humain ?

    #36210
    AndranerosAndraneros
    Modérateur

    L’image que contient le titre de ton nouveau fil de discussion, @epicture, est fort intéressante. Je partage le constat

    Les difficultés rencontrées par un certain nombre d’entre nous peuvent trouver une explication, et par conséquent une possible résolution dans la structure mentale qui supporte notre rapport au corps.

    Comment se manifestent les effets de cette structure mentale ? Est-ce la morale qui nous interdit de vivre sereinement une expérience de plaisir sexuel autrement que par un acte reproductif réduit à son « minimum vital » (expression à prendre dans tous ses sens, bien sûr) ? Est-ce le mode de déclenchement d’un tel plaisir de l’intérieur, par pénétration à l’opposé de l’acte instinctif dont le plaisir est localisé dans un pénis tendu vers l’extérieur ?

    il ne suffit pas de dire la phrase magique  » il faut lâcher prise » pour que cela se passe de telle manière que soudain s’ouvrent les portes de l’orgasme.

    C’est le point de départ de la majorité des pratiquants, ceux qui rêvent du super O’ mais ne parviennent pas à le vivre spontanément. Encore faut-il accepter l’idée que notre cheminement ne se limite pas à l’acquisition d’un savoir faire mais demande aussi à la plupart d’entre nous l’acquisition d’un savoir être. Ce dernier point est le plus difficile parce qu’il conduit souvent à une remise en question de ce que nous sommes, ou comme tu le dis ce que notre éducation a fait de nous :

    cette structure mentale dont nous héritons par voie éducative et qui plaque sur nos représentations une structure que l’on pourrait qualifier de « bloquante », ou de « résistante ».
    Le corps n’est pas notre ennemi certes, cela tout le monde ici l’a bien compris. Mais faut-il pour autant condamner l’esprit comme étant responsable de cette incapacité chronique à lâcher prise ?

    S’il y a conflit entre deux entités, la tentation est grande d’y mettre fin par la victoire de l’une ou de l’autre. C’est le plus facile mais ce n’est pas le plus efficace parce qu’au bout du processus il reste un vaincu, il reste une blessure, parce qu’au bout du processus notre être n’est pas complet. Donc tu réponds

    NON

    C’est là que tu nous proposes, bien mieux que la simple cohabitation, l’image de la danse. Un couple qui danse forme un ensemble où chacun met ses qualités au service de l’autre. Quand c’est réussi l’ensemble vaut toujours plus que la somme des deux.

    Le dualisme sépare, divise, clive et crée un gouffre entre deux entités qui sont faites pour s’entremêler, où contrôle et absence de contrôle fructifient. Mais il ne faut pas non plus nier l’existence de ces deux entités c’est pourquoi il ne s’agit pas non plus de monisme, mais plutôt de non-dualisme.

    Si je comprends bien, dans ton esprit, il n’y a pas fusion de ces deux entités au moment de l’orgasme, il y a plutôt une association intime. Cette remarque me conduit à me demander si cette association peut être permanente et ainsi source de transformation de celui qui la vit ou ponctuelle dans l’extase de la jouissance.

    Le non dualisme a été pour moi la voie royale vers le plaisir et l’accueil mutuel du corps par l’esprit et de l’esprit par le corps.

    En te lisant, peut-être superficiellement, j’ai l’impression que c’est ta réflexion qui t’a permis de vivre des expériences orgasmiques de plus en plus intenses. De mon côté j’ai plutôt l’impression que c’est l’évolution de mes expériences qui m’a ouvert l’esprit en me faisant découvrir « concrètement » qu’il y avait en moi un autre moi que mon moi rationnel et qu’en m’abandonnant à ces expériences je devenais plus complet.

    C’est une discussion qui ne fait que commencer…
    Bon cheminement @epicture.

    #36563
    EpictureEpicture
    Participant

    Bonjour @andraneros
    Je vais tâcher de répondre à cette questions :

    Comment se manifestent les effets de cette structure mentale ?

    Lorsque nous naissons, nous arrivons dans un environnement déterminé, avec un patrimoine génétique déterminé et nous vivons une histoire spécifique. Les différentes études scientifiques en la matière indiquent l’immense complexité de ce qui nous détermine qui résulte de cet héritage sur lequel nous n’avons absolument aucune prise, aucun pouvoir. A partir de ces trois composantes : sociale, biologique, et historique, chacun d’entre nous va élaborer au fil du temps un discours mental, un univers mental qui va lui permettre de vivre son existence. L’homme est ainsi fait que si il ne se raconte pas son monde, si il n’élabore pas le monde mentalement dans lequel il vit, individuellement et collectivement, il ne peut absolument pas vivre dans ce monde. Notre cerveau est fait pour ça, il est à l’homme ce que les ailes sont à l’oiseau. Il est donc nécessaire d’apprendre à se construire un monde, une structure mentale cohérente, relativement rationnelle pour survivre, et vivre. Ceux qui n’y parviennent pas, ou qui voient leur structure partir en vrille deviennent fous ou se suicident.
    C’est pourquoi cette structure, ou univers mental construit tout au long de notre enfance est à la fois nécessaire, car il nous permet de vivre dans cette société, et à la fois constitue une limite à notre sentiment de liberté, à notre accès à tout ce qui ne fait pas partie de notre univers mental. Car ce qui n’a pas été intégré, a été rejeté, et n’en fait pas partie. Un effort important doit être fait pour y parvenir. Ce n’est pas comme si dans mon univers mental il existait une ambivalence entre deux aspects de l’existence, comme entre le bien et le mal, et qu’il faille faire basculer par exemple ce qui faisait partie du mal dans la zone du bien. Ça c’est relativement facile car faisant déjà partie de notre univers mental. Ce dont je parle est plus de l’ordre de ce qui a été totalement occulté, et qui pour prendre place dans mon univers mental existant, doit le modifier, doit me faire changer radicalement de perspective, et voir le monde autrement.
    Pour ce qui me concerne le plaisir prostatique a introduit dans mon univers mental une nouvelle dimension. C’est comme si j’avais été programmé pour voir le monde à plat, en deux dimensions, comme l’a fait l’homme pendant des siècles jusqu’à la renaissance, et puis d’un coup, je suis passé en 3 dimensions en introduisant la perspective. Ça donne le vertige, et ça peut être particulièrement effrayant.

    Et cela à des effets sur mon corps sur lesquels je n’ai aucune maitrise : spasmes musculaires, reprise en main instinctive par le mental de certains phénomènes de jouissance, ou de plaisirs, qui ont tous pour effet de stopper ma progression vers l’orgasme. Pour ce qui me concerne la mise en perspective concerne un rapport au corps radicalement différent. La preuve de l’existence de la prostate, organe jusque-là totalement occulté de ma structure mentale a complétement modifié mon rapport au plaisir et à la jouissance, et par la même occasion, au sexe et relations sexuelles, à ma vision du genre masculin, féminin, à l’idée de cheminement, ou d’effort pour atteindre un but, tous ces concepts qui sont gravés dans mon esprit et qui constituent une partie de la structure mentale sur laquelle repose ma capacité à vivre dans ce monde sans devenir fou. C’est une redéfinition radicale de tout un univers qui menace l’univers existant au cœur de mon esprit.

    Cela ne peut se faire que progressivement, mais cela est irrémédiablement en marche, car désormais je suis en contact permanent avec une chose qui se trouve en moi, dont je ne suis pas certain qu’il s’agisse seulement de la prostate, mais que la prostate m’a permis de découvrir.

    Comprendre que la dualité entre le corps et l’esprit doit être dépassée, est pour moi l’une des clefs qui permettent de reconfigurer mon univers mental. Mais cela ne s’arrête pas là car chacun de nos univers mentaux est écrit sur des milliers de pages.

    Pourtant, nous avons bien le sentiment d’avoir un corps, et un esprit. Il ne s’agit donc pas pour dépasser cette dualité, en effet comme tu le dis @andraneros, de faire gagner l’une des deux entités, ni de les fusionner en une seule, mais bien de les unir. Pour moi, ce qui permet cette union, c’est le mouvement de la danse ou chaque entité apporte son individualité pour créer, le temps du mouvement, et le temps du mouvement seulement, une production singulière. La jouissance prostatique est de cette nature : chaque session est unique. Il ne peut s’agir juste de reproduire des techniques pour atteindre un objectif préalablement définit. Il n’y a pas dans cette danse une relation de cause à effet entre le corps et l’esprit. Dés que ce concept de cause à effet se met en place dans mon esprit, au cours d’une session, c’est foutu, ça ne fonctionne plus. Vouloir produire un effet avec un mouvement, c’est peine perdue. Cela peut fonctionner une fois, mais pas la deuxième fois. Et pourtant, il y a bien des mouvements, puisque c’est une danse, et il y a bien des effets, puisqu’il y a plaisir. C’est là qu’intervient ce qui fait exploser mon univers mental. Ce qui se passe est inaccessible au mental. Toute tentative de saisir cela avec le mental se traduit par un echec. Je suis témoin de quelque chose qui m’oblige à reconfigurer complètement mon univers mental, non pour s’en saisir (de cette chose), mais pour le laisser s’envoler.

    C’est cela pour moi que je dois intégrer dans mon esprit dans mon univers mental et qui a été pendant les 45 premières années de ma vie totalement occulté. Si je ne l’intègre pas dans la structure que mon cerveau doit construire pour soutenir l’existence sociale et l’existence du corps, soit il a la capacité de me rendre fou, soit il restera à jamais occulté.

    Une fois intégré (ce qui est en cours) il ne constitue plus une menace pour la stabilité de l’ensemble, mais prend sa place comme un nouveau pilier qui augmente ma confiance, ma sensibilité, ma sensitivité, ma lucidité.

    Bon cheminement @andraneros

    #36571
    AndranerosAndraneros
    Modérateur

    Bonjour @epicture. Tu te fais rare et ton expérience nous manque. Je suis très heureux de te retrouver sur le forum.

    Je vais prendre mon temps pour lire soigneusement ton message et confronter mon expérience et mon ressenti aux éléments que tu mentionnes. J’espère que d’autres lecteurs viendront apporter leurs commentaires sur cette question de l’interaction entre l’esprit et le corps aux différentes étapes de leur cheminement. Ton message est passionnant et mérite qu’on y réfléchisse.

    Bon cheminement @epicture.

    #36586
    EpictureEpicture
    Participant

    Bonjour @andraneros

    Tu te fais rare

    Oui, cela tient à 2 raisons :
    – Je suis tres accaparé par ma vie professionnelle qui est en plein bouleversements et qui demande beaucoup de temps et d’investissement, mais c’est passionnant.
    – Et ma pratique a évoluée vers une attitude degustative : Je profite, et j’affine mes echanges avec mon corps. Je progresse très lentement si bien qu’il faut du temps pour qu’ une etape « digne » de temoignage soit franchie. Je suis toujours dans ma recherche d’équilibre entre excitation, desir puissant (accumulation d’energie) et relachement, détente (circulation d’énergie).

    Mais ne t’inquiète pas, j’ai toujours une petite place dans mon emploi du temps pour venir jeter un coup d’oeuil à ce qui se passe sur le forum, et lire quelques temoignages.

    Bon cheminement @andraneros

    #37598
    EpictureEpicture
    Participant

    Extraits de : Désirs passions et spiritualité, Daniel ODIER, Pocket 1999
    Chapitre 28 : L’orgasme tantrique pour les hommes

    La plupart des auteurs parlent à ce propos (dissociation de l’orgasme et de l’éjaculation) de « contrôler l’éjaculation », alors qu’il s’agit au contraire d’abandonner tout contrôle dans une détente très profonde de la respiration.
    (…) Par le massage (ici réalisé par un masseur initié) des points situés sur les méridiens, les fonctions respiratoires se détendent. Le diaphragme s’assoupli, les muscles profonds se relâchent. Toute la région du bassin trouve une autonomie et une détente qui vont permettre d’arriver progressivement à « oublier » l’éjaculation sans retenir quoi que ce soit.
    (…) Tout homme sait que l’idée même de se retenir engendre une tension physique et mentale préjudiciable à l’abandon dans les rapports sexuels…
    (…)Tous nos réflexes énergétiques bloquent ce flux (celui de la durée extatique), particulièrement celui de l’éjaculation. Pour qu’un homme soit en mesure de suivre une femme sur les vagues successives du plaisir, il n’a qu’une solution, devenir une femme énergétique, c’est-à-dire s’abandonner totalement.
    Contrairement aux habitudes, le rythme amoureux des yogin commence dans une ardeur passionnée où tout est mis en œuvre pour porter l’excitation à son comble. Plus l’union se prolonge, plus le rythme va ralentir, jusqu’à l’immobilité totale. Tous les processus vont tendrent à l’accalmie alors que l’extase elle-même va suivre une montée fulgurante.

    En réalité, Daniel ODIER parle de l’orgasme au cour d’un rapport partagé avec une autre personne. J’ai choisi des extraits qui peuvent donner l’impression qu’il n’est pas question d’autre personne. En fait, selon moi, atteindre cette extase est possible aussi bien seul, que à deux, ou à plusieurs. Il faut cependant avoir un ou une partenaire ouvert à ce genre de pratiques, ce qui ne courre pas les rues.

    Du coup, Je peux vous dire que seul, cela fonctionne aussi. Mais ce n’est pas une « branlette » pour se soulager. C’est un massage qui conduit à cette détente profonde, dans laquelle le flux énergétique parcourt le corps avec volupté. Si la concentration s’oriente vers la circulation de ce flux, que la stimulation lente accompagne avec douceur, alors l’éjaculation ne constitue plus une menace. Le jeu de massages qui accompagne les vagues de plaisirs se transforme en danse du corps avec lui-même, sans que je puisse cependant parler encore de montée fulgurante. L’esprit, quant à lui, disjoncte du moi, et plonge…
    Il reste encore quelques résidus de pensée intermittents mais que je travaille à faire disparaitre.
    Bon cheminement à tous !!

    #37608
    bzobzo
    Participant

    hé hé, c’est très proche de ce que je fais, tout ça,
    je m’y reconnais bien

    #37612
    EpictureEpicture
    Participant

    Oui @bzo, moi aussi je t’y reconnais bien.

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