#24594
Avatareveilletajoie
Participant

Bonsoir, ou plutôt bonjour à tous

Comme d’autres ici je tiens ce journal, pour marquer les sensations et souvenirs, tant leur diversité risque de m’égarer. Et aussi parce que je suis un control freak, qui affine et raffine indéfiniment ses processus. Evidemment, le lâcher-prise étant de mise, c’est un sacré desapprentissage que de ne pas essayer de reproduire jour après jour des recettes, hormis peut-être pour la préparation, que j’aime bien rituelle.

Le septième jour fut celui de la lenteur. Je craignais d’être interrompu dans ma séance de début de nuit, aussi j’ai simplement joué à me relaxer au maximum, allongé sur le dos, en respirant très profondément. Pas de mouvements des bras, pas de soupirs, de bande-son érotique, simplement m’allonger, en tenue ample, sur un tapis de yoga, avec une couverture pliée sous les fesses.

Une part de moi aimait évidemment cette contrainte du plaisir intérieur et silencieux.

Jusqu’ici dans les contractions volontaires, c’était la poussée qui me faisait le plus de sensations, quand le masseur est à la limite de tomber par terre, et que le côté comique de la situation mêlé à l’équilibre très instable de cette pleine poussée crée une tension maximale, presque vibrante.

Dans cette position-ci et ce soir-là, la poussée ne me fait pas tant d’effet, alors je joue à bouger le plus lentement possible le masseur, à le faire aller d’avant en arrière par une contraction si lente, si légère, que parfois j’ai l’impression que c’est mon simple souffle qui le fait entrer.

Les sensations sont d’une douceur et d’une lenteur exquises, sur trois, quatre, puis cinq grandes inspirations/expirations je fais juste un aller vers mes chairs.

Interdiction de bouger autre chose que mon tendre intérieur, et mon ventre qui se soulève et s’abaisse lentement…

Je me focalise sur les sensations de caresse, millimètre après millimètre, j’ai l’impression d’un bateau qui se laisse couler très doucement vers les profondeurs de l’océan, ce n’est pas fatigant pour mes muscles qui travaillent à peine, et je savoure cette progression millimétrique.

J’ai l’impression d’être gigantesque à l’intérieur, et massé par un compagnon tout aussi vaste, m’étonnant à chaque instant de pouvoir progresser encore d’un cheveu plus loin, puis encore un autre…

Sensations si douces, comme une caresse… rien de plus ce soir, pas de folie, de grands bruits ou de coeur qui bat à tout rompre, un petit plaisir si doux.

Le chemin est sinueux, incroyablement irrégulier, mais qu’il est bon de découvrir cette clairière à l’opposé de ma destination initiale.

Je vous embrasse, vous qui faites vos premiers pas dans la baie, et vous aussi les vieux loups de mer, qui avez déjà touché l’horizon.

« overflowing senses, heightened awareness
I hear my blood flow, I feel its caress »

Depeche Mode – Macro