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Participant

Merci Jieffe, ton intervention appelle quelques précisions :

Après relecture, je m’aperçois qu’il y a deux aspects dans ma phrases qui doivent être distinguées :
L’existence de l’homosexualité suscite chez de nombreux hétérosexuel une incompréhension, voire un rejet. De nombreux films, témoignages aident à voir les choses autrement. Mais il y a quelque chose de plus. Le lieu commun de l’état d’esprit homophobe c’est de percevoir les homosexuels comme des « lopettes », des hommes qui n’ont pas de couilles, être un pédé, c’est être un sous homme, un dominé. Hors la distinction dominant/dominé va bien au-delà de la simple opposition hétéro/homo, ce sont deux concepts qui sont par souci d’efficacité dans l’idéologie « ordre naturel » mélangés, mais ils doivent être distingués. D’ailleurs, cette dualité dominant/dominé existe également entre homosexuels, elle est une constante humaine, semble-t-il. Quand on a compris cela, il n’est pas difficile de considérer l’homosexualité comme l’expression personnelle d’un rapport au monde et à soi, qui mérite autant le respect que n’importe quel autre, à partir du moment où il ne conduit pas à faire de l’autre un simple objet de consommation, ce qui se rencontre malheureusement autant entre hétérosexuels qu’entre homosexuels.

La découverte du massage prostatique m’a permis, au-delà des sensations physiques que cela procure, de renforcer cette prise de conscience que le monde que nous avons bâtis, nous, hommes et femmes occidentaux, est construit sur la consommation que nous en faisons. Or à mon sens, faire du massage prostatique une nouvelle occasion de « consommer du plaisir » est vouée à l’échec. Il faut se mettre dans une autre perspective. C’est une danse de l’esprit et du corps, non dans la perspective d’une fusion, qui génère crainte de l’un ou de l’autre de se voir absorbé, dominé, mais dans la perspective d’une valse ou chacun participe à forger une œuvre. Chaque partie de notre être est respecté par chaque autre partie. Il ne peut pas être question de domination ni de consommation. Du moins c’est ce qu’il me semble. Cela dit, il ne suffit pas de le dire, c’est une autre affaire de le vivre, nous sommes tellement conditionnés qu’il faut se déconditionner couche après couche, et ça prend du temps. Mais c’est à chaque fois tellement bon de se sentir un peu plus léger, que la patience et l’effort méritent d’être engagés. C’est pourquoi j’adhère à 200 % à l’idée de cheminement qui ne doit jamais s’arrêter.

Bon cheminement à tous