#28966
bzobzo
Participant

quelque chose vient de se passer en moi,
je viens de me rendre compte à quel point je me restreins
et à quel point je me suis monté la tête avec toutes sortes de théories,
j’ai l’impression d’avoir avancé ces dernières semaines comme un cheval de labour
avec des œillères et tout un harnachement sur le dos
et j’étais en même temps celui qui conduisait ce pataud attelage
qui tentait tant bien que mal de creuser un sillon vers l’avant

je viens de dire stop, je tape du poing sur la table, j’élève la voix,
« c’en est assez! il faut que je retrouve l’ancien moi,
celui qui chevauchait sans selle, sans arrière-pensée, libre comme l’air »

assez de toutes mes théories fumeuses, de toute la technique que j’ai soi-disant mis au point,
de l’absence complète de spontanéité, de libre cours de mes instincts,
il est temps pour moi de retrouver l’ancien moi,
je m’y suis donc évertuer
et durant une séance qui a duré un bon quart d’heure dans mon fauteuil,
j’ai fais n’importe quoi, ce qui me passait par la tête,
ce que mes doigts avaient envie de saisir, de caresser, de griffer, de pincer
et tout le reste à l’avenant,
je laisse à nouveau mon corps mener les débats
tout en maintenant une écoute très attentive à ce qui se passait à l’intérieur de moi
et j’obligeais mon corps à respecter cette écoute,
à en tenir compte à tout instant,
à ne jamais interrompre ce dialogue entre mes actions et mon ressenti

mais sinon je me permettais tout,
je mêlais tout, main par devant, main par derrière,
sexe tantôt empoigné à plein main, tantôt juste effleuré,
selon ce que mon corps avait envie de faire

cela a été une véritable libération,
de laisser mon corps à nouveau s’exprimer,
de laisser mes instincts se déchaîner,
tout en maintenant cette spécificité de l’aneroless,
une écoute très forte, constante de ce qui se passe à l’intérieur,
cela ralentissait naturellement fortement le rythme,
avec la différence fondamentale, c’est qu’ici je ne force plus, cela vient tout seul
alors qu’il y a encore quelques heures,
je me forçais à ralentir, à m’arrêter, enfin ce que j’ai décrit un peu plus haut

mon corps bougeait à nouveau tout seul et se procurait du plaisir
et quel palette de sensations,
avec la main par devant, la main par derrière,
l’alternance de moments yeux ouverts, de moments yeux fermés,
les mains utilisées autrement que pour caresser, pincer, griffer, donc,
tout cela se mélangeait joyeusement selon mon envie
et cela créait une richesse, une variété de sensations incroyables