#29694
bzobzo
Participant

j’adore ces moments
où le corps en action semble se découpler complètement de moi,
il semble s’éloigner, je le laisse derrière dans mon sillage,
je sens tout ce que s’y passe mais comme dans le lointain,
moi je suis ailleurs, je flotte dans de l’ouate,
je suis caressé, je suis frotté de partout,
cent millions de couloirs emplis de bruissements soyeux
et de gloussements étouffés voluptueux

on est un cavalier avec sa monture sous soi,
au début on tient les rennes, on dirige notre errance par-ci, par-là
puis peu à peu on fait corps avec sa monture,
on entre en communion intime avec elle,
c’est à ce moment que cela doit venir,
c’est à ce moment qu’on doit pouvoir dire à ce qu’il y a sous nous:
« à toi de jouer, je lâche les rennes, je ferme les yeux, va par où tu veux,
ces steppes sont pour tes sabot,
emmène-moi, emporte-moi vers des endroits que je n’ai encore jamais foulés »