#31832
bzobzo
Participant

j’ai beaucoup fait appel au bûcheron ce soir,
le bûcheron et sa grosse cognée,
elle est faite d’un bois tellement dur , sa cognée,
il allait et venait avec sa cognée, inlassablement, le bougre,
il ne rechignait pas à la tâche
et moi je gémissait sans discontinuité, je miaulais comme une chatte en chaleur montée par son matou

et puis quand il passait un peu le relais à mes cuisses,
j’étais immédiatement comme empli de toute cette volupté soyeuse
mais la cognée semblait encore présente,
cela faisait un mélange assez somptueux,
je redoublais de gémissement, je me roulais en boule, pressant avec mes cuisses mes parties génitales,
venant les frotter contre mon ventre,
la soie semblait exploser doucement dans tous mes organes , tous mes membres,
comme c’est puissant

j’y allais très lentement, rythme hypnotique, berceuse sensuelle,
plus rien semblait pouvoir m’arrêter,
la houle était en moi, bougeait en moi, le délire était en moi,
j’étais en roue libre
et quand le bûcheron s’y remettait,
enfonçant sa cognée dans mes entrailles,allant et venant sans ménagement,
j’ai cru que ma tête allait exploser de plaisir,
sa cognée m’emplissait le cerveau, y touillait parmi des étoiles

j’ai respecté mes règles, alternance, compartimentation
mais j’ai quand même pas mal favorisé le bûcheron,
j’avais besoin d’intensité, de verticalité, d’embrasement brutal en moi,
pour laver tous mes soucis, il fallait que ça cogne, que ça frotte

et cela a marché, au bout de quelque temps,
j’étais au firmament, plus rien d’autre n’existait que ce plaisir qui m’emplissait,
m’emportait, me roulait comme un fétu de paille par moments

se sentir rouler ainsi comme un fétu de paille en soi-même,
comme emporté par un torrent sexuel, c’est quelque chose,
évidemment on est complètement déraciné, il n’y a plus aucun repère,
juste le plaisir partout comme un océan omniprésent, omnipotent,
qui a fait de nous son objet, son pantin

ce sont des moments comme cela qui nous font percevoir
à quel point il y a aussi de l’absolu en nous, de l’ineffable en nous,
des trésors en nous,
on n’est pas qu’un sac de viande occupé de pas grand chose d’autre
que de sa survie, que de son confort,
il y a quelque chose au-dessus de nous, en nous