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AndranerosAndraneros
Modérateur

Tu écrivais @epicture le 12 mars dernier dans ton message de présentation :

Ce site, ces forums, sont constellés de témoignages de cette sorte : notre vibration au monde.

La notion de « vibration au monde » ma paraît plutôt éloignée de ce que l’on peut considérer comme une perception rationnelle. Tu ajoutais deux jours plus tard en ouvrant le sujet où tu apportes le témoignage de tes progrès vers la maîtrise de ta puissance sexuelle :

j’ai ressorti du placard un appareil d’électrostimulation pour approfondir la musculation des abdominaux. Et peu à peu je plaçais les électrode de plus en plus bas, jusqu’à envelopper mon pénis avec, et mes testicules. C’était très encourageant, mais décevant à la fois, alors je continuai à descendre, sur le périnée, toujours pour me muscler me disais-je. Bien sûr je fini par placer une électrode directement sur l’anus… (… )
…ce fut une révélation… presque divine : l’anus pouvait être un VRAI lieu de plaisirs. c’était il y a 1 an 1/2.
Je ne soupçonnait pas à ce moment-là le potentiel du chemin sur lequel je venais de m’engager, tant au niveau corporel, que sexuel, psychologique, philosophique…

Pour rester dans le thème de ce fil de discussion, le déplacement de ces électrodes répondait-il
• à un état d’esprit expérimental, donc cartésien, dans lequel tu testais toutes les configurations possibles pour en retenir la plus efficace,
• ou à un état d’esprit émotionnel, donc non cartésien, dans lequel tu t’approchais d’une « zone interdite », par transgression anatomique progressive, sous l’effet d’un désir incontrôlé ?
Dans le premier cas ta pratique cartésienne (expérience systématiquement renouvelée en variant progressivement les conditions d’exécution) t’a permis d’acquérir une information (« ce fut une révélation ») pour reconstruire ta perception du plaisir.
Dans le second tu répondais à un appel de ton inconscient (expérience ancienne enfouie peut-être innée ou bien résultant de ton travail en Pilate ou tout autre chose) qui te poussait à aller là où ton conscient ne voulait pas et t’a ainsi ouvert la voie à ce que tu vis maintenant.


@antoine
nous dit le 14 octobre :

je suis un sacré cartésien à la base. J’ai une formation scientifique et suis habitué à réfléchir en mode « je décortique tout ». C’est même mon boulot en fait… J’analyse beaucoup trop, et ai du mal à me laisser emporter, c’est peut être un frein à mon cheminement.

La difficulté des gens qui ont une approche cartésienne ou mentale est qu’ils ont besoin de faits et d’informations pour construire le modèle de leur raisonnement. Or les premiers événements qui sont à l’origine de ces faits et informations sont dans notre pratique des sensations initialement faibles, souvent personnelles ni quantifiables ni aisément reproductibles. Un esprit cartésien a donc les plus grandes difficultés à progresser dans une telle situation.
Tu nous dis le 31 octobre :

La seule pratique, ici, nécessaire et suffisante, consiste en l’observation et en la réflexion.
Voir véritablement, c’est changer réellement.

Que faut-il observer pour progresser dans sa capacité à jouir ? Y a-t-il un objet d’observation commun à tous les pratiquants ? Tu ajoutes ci-dessus :

est-il préférable d’aborder lentement une expérience que l’on comprend, ou de comprendre lentement l’expérience vécue ?

La lecture des témoignages apportés aux forums spécialisés me conduit à penser que nos amis prostatonautes ne choisissent pas. Je classe ceux qui ont besoin de comprendre pour avancer dans leur expérience du plaisir prostatique en deux catégories :
• ceux qui parviennent à percevoir et reconnaître les « bonnes » sensations, celles qui sont les prémices de leurs futurs orgasmes, et qui pourront ainsi nourrir leur fonctionnement mental et les conduire à la jouissance prostatique et au-delà,
• ceux qui n’y parviennent pas et qui restent sur le bord du chemin.
Je classe ceux qui découvrent le plaisir prostatique instinctivement, en mode émotionnel en deux catégories :
• ceux qui vont savoir séparer leur plaisir interne de leur plaisir pénien, être capables d’amplifier les premières sensations et choisir de jouir sans la libération instinctive apportée par l’éjaculation pour vivre la jouissance prostatique et plus si affinité,
• ceux qui ne parviennent ni à faire cette séparation ni à amplifier leurs premières sensations en plaisir autonome et qui améliorent un peu leur plaisir pénien sans beaucoup plus.
Je mets à part bien sûr tous ceux qui vivent des orgasmes prostatiques forts et reconnus comme tels dès leurs premières expériences et qui sont capables de les renouveler à volonté en quelques sessions.
Dans les deux cas qui m’intéressent ici
• d’une part la rationalité implique une pratique méthodique
• et d’autre part le bénéfice d’une expérience instinctive initiale ne porte ses fruits que s’il est amplifié par une pratique méthodique.
• En outre la rationalité ne peut conduire au plaisir sans la perception de quelques sensations initiales et l’acceptation qu’elles sont les prémices des orgasmes à venir.
Pour répondre à ta dernière question je partage ta conclusion.

L’accès au plaisir prostatique est un entonnoir. On part d’un côté ou d’un autre mais plus on s’enfonce dans l’entonnoir plus les expériences des prostatonautes se rapprochent, se ressemblent.

Je me classe plutôt dans les « cartésiens » avec les qualités et les défauts attachés à ce type de personnalité. Mon cheminement me conduit à devenir de plus en plus sensible à ce que je vis et à ce que je ressens, à accepter les effets de mes expériences même si je ne peux les intégrer dans ma logique. Lentement j’apprends à vivre dans l’instant et dans mon corps, à accepter mes émotions sans peur ni angoisse et je peux dire qu’en ce qui me concerne une jouissance incontrôlable est une sacrée émotion !