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SeverusSeverus
Participant

Bonsoir à tous.

Je commence par vous souhaitez une bonne année 2019.
Cela fait pas mal de temps que je ne suis pas venu partager sur ce forum. Presque un an, finalement. Je suis resté silencieux, mais j’ai lu avec attention les différents témoignages, me retrouvant dans quelques uns, utilisant l’expertise trouvée dans d’autres pour progresser encore.
Et depuis ce temps, il y a eu quelques évolutions.

Je suis passé par une période de plusieurs semaines d’absence complète de progrès. Ce fut frustrant. Je tentais de me connecter avec mon corps, de retrouver des sensations éprouvées pour apprendre à les laisser venir, les laisser croitre. Mais ce fut très calme. Cette période a été durant un temps de gros travail, et stress professionnel. Comme quoi, plus que jamais, ces choses peuvent parasiter (oui, je défonce une porte ouverte).
Chaque séance se concluait sur le même constat : pas très mauvais, mais franchement moyen. Mon corps et mon esprit se souvenant du plaisir précédent, je savais que je passais à chaque fois à coté. J’ai été cependant très fidèle, revenant régulièrement à mon aneros afin de garder le pli, de ne pas régresser dans mes progrès de rewiring et de rester alerte. Somme toute, poursuivre un apprentissage que je croyais terminé à tort. J’ai donc, comme dit le proverbe, remis mon ouvrage sur le métier, continuant sans cesse à y revenir.

Puis, il y a eu un léger mieux en fin de printemps. J’ai eu l’impression d’à nouveau retrouver le chemin du plaisir. Mais il était fugace, ne restait pas en s’évaporant à la moindre occasion : changement de position un peu rapide, un bruit à l’extérieur, une idée traversant mon esprit. Ces éléments ont été la preuve que je ne tenais pas le mon bout dans ma recherche et que, indubitablement, j’avais eu de la chance dans mes précédentes expériences, comme l’explorateur qui tombe au hasard sur une grande découverte et qui, au moment de revenir pour explorer son cité mythique, se paume dans la jungle.
L’été n’apportant pas de nouvelles prouesses et de progrès notables, d’autant plus que cette période de l’année s’est accompagné de quelques nouveaux impératifs assez stressants à gérer, j’ai donc laissé filer le temps en différant à nouveau mon investissement. Je ne pensais pas cette recherche simple, et je savais qu’elle nécessitait un réel travail sur moi-même. J’ai donc pris le temps d’avoir le temps. Je faisais donc des entrainements de bases, des gammes sur un piano dont j’ignorais encore le sens et la tonalité des touches.

Après l’été, ayant pu normaliser ma vie en dehors du stimulateur, j’ai pu reprendre. J’ai décidé de tout recommencer du début, comme un débutant (même si le rewiring était en parti acquis et que j’avais déjà des réflexes utiles). Je commençais donc par reprendre mes stimulateurs et de choisir celui qui serait mon premier objet de travail. Sans trop de surprise, ce fut l’helix trident. C’est un stimulateur décidément performant. Il est à la fois présent et sait aussi se faire oublier. Les autres formats et autres références ont des avantages, mais aussi amènent des inconvénients, des chemins alternatifs que je perçois avec plus de difficultés.
J’ai aussi revu la technique de lubrification et la position. Là encore, ce sont des techniques de base : un lubrifiant à base de silicone et une position en chien de fusil, étendu et détendu.
Et alors, ce fut un travail régulier : effet de la lumière, de la musique, de la stimulation avant (films, photos porno) et pendant (stimulation délicate par caresse), de l’heure de la séance, de sa durée. Mentalement, je notais tout. D’une fois à l’autre, je partais de ce qui avait marché, et je faisais évoluer. Dans un sens, puis dans l’autre, afin de trouver l’optimal.
Au fil du temps, mon corps a retrouvé ses habitudes, ses sensations, sa liberté. Et le plaisir est revenu, il s’est installé, restant parfois discret, mais présent. La session se faisait douce parfois, à d’autres moments violente et agitée. A chaque fois, des choses découvertes, des souvenirs corporels qui se construisent. Au fil du temps, le chemin arpenté est pris librement par mon corps, qui retrouve sa route. J’y découvre alors des impressions nouvelles, un détachement supplémentaire. Et c’est par rapport à cela que je comprend que je n’avais pas découvert encore la vérité, tout au plus quelques paillettes dorées sur le chemin du filon. Cette liberté nouvelle permet à mon esprit de lui aussi prendre de la distance. Car j’ai compris que l’une des limites que je m’imposais sans m’en rendre compte était que je restais collé à la terre, prisonnier de mon corps, persuadé que si je me laisse m’échapper, je vais manquer le « moment ». J’apprends donc à me détacher, m’isoler et me balader dans mes rêveries. Je vais et je viens, entre des sensations, des couleurs, des odeurs. Mon cheminement mental n’est jamais très clair, je m’avance suivant un courant que je ne prévois pas avant. Ce courant, j’apprends à la décrypter. Je sais si une séance peut avoir lieu, je sens mon esprit apte, ou non, à s’échapper. Je choisis mon temps, j’organise mon moment, entre ma femme et les obligations à l’extérieur. Je laisse l’occasion m’inspirer, suivre une impulsion lorsqu’elle se présente. Et finalement, je m’étend.

Fort de ces expériences et confiant, finalement, dans ma propre capacité à retrouver, trouver, cultiver, etc., le royaume du plaisir prostatique, je me sens libéré d’une contrainte que je ne parvenais pas à nommer. Reste que je sais qu’il y a encore du chemin. Je ne vois pas cela comme une gêne, ces dernières semaines ayant été riches en nouveautés, je sais donc que ma route a été empruntée, que d’autres y sont parvenus, et que d’une certaine manière, ils m’attendent. Je vous donne donc rendez-vous.