#33299
bzobzo
Participant

plus que jamais mon plaisir semble être comme une musique s’écoulant de partout dans ma chair,

des petites notes dans mon bassin, un filet frais et léger,
le chef d’orchestre a levé sa baguette, la tension devient palpable
mais rapidement cela fuse de partout, tous les musiciens s’y sont mis,
et cela semble danser partout, rire partout follement, des écrous se dévissent, des portent volent en éclats,
du vent, de la folie partout, il n’y a plus de règles, désordre sacré, dérèglement viscéral,
comme cela danse, comme cela bouge, comme cela frotte,
ce corps n’est plus que pressions et frottements langoureux, pressions et frottements lascifs,
notes de musique reliés entre elles, notes de musique qui dansent, qui dansent,
qui se bousculent en torrent désordonné, en torrent joyeux,
montent les unes sur les autres, se piétinent, s’écartent,
se retrouvent, se reperdent, s’enfouissent les unes les autres,
émergent bras dessus bras dessous, enlacées, enchevêtrées, se dispersent, se retrouvent encore,
tournoient soudainement majestueusement dans mes entrailles comme des oiseaux dans le ciel,
chorégraphie réglée au cordeau,
se croisent et se décroisent encore et encore,
arabesques miraculeuses, volupté, ah volupté souveraine, océan de la langueur,
comme je parviens à m’aimer, comme je parviens à m’aimer,
comme je parviens à m’aimer charnellement,
quelle incandescence souveraine en moi

parvenu à un tel degré de fluidité, parvenu à un tel degré d’intensité,
parvenu à un tel degré de précision dans les sensations,
parvenu à un tel degré de nuances changeantes, de variétés subtiles,
fruits de la maturité, recueillement sans cesse dans le renouvellement,
il ne me reste plus qu’à me laisser aller sans retenue, ne plus penser à rien, juste laisser ma chair délirer,
juste à me blottir dans cette pâmoison continuelle, dans ce frissonnement éblouissant de tout mon être

comme dans un nid, je suis comme dans un nid,
comme noyé, intégré, dans le fond d’un nid,
comme noyé, intégré dans le fond d’une fleur géante qui s’offre au ciel, qui s’offre au soleil,
butinée, froissée de tous côtés par des milliers d’abeilles et de bourdons gloutons
tournoyant, plongeant, décollant, replongeant sans cesse,
quel va et vient tout en douceur partout en moi