#35125
bzobzo
Participant

au fond, debout,
je fais grosso modo la même chose que quand je pratique couché,
sauf que là, debout, mon mode liane lascive devient une danse
parce qu’il n’y a aucune entrave au mouvement

une nette différence tout de même,
cette sensation de se marier au vide,
d’engrosser l’espace autour de moi de mes sensations, de ma volupté,
comme si elles s’épanchaient vers l’extérieur
et la jouissance est accompagné de vertige
ou plus précisément la jouissance est vertigineuse,
elle met en péril ma station debout,
elle semble en profiter aussi pour se lancer dans l’espace,
m’entraînant vertigineusement

dressé et jouissant, c’est être plongé dans une baignoire d’ondes fluctuantes,
un aquarium descend du plafond, passe devant les yeux,
ma vision devient trouble, comme si je regardais sous l’eau,
« ah mon intérieur est partout », je me suis fait la réflexion,
j’ai eu une grosse fuite d’intérieur vers l’espace m’entourant

danser son plaisir, mon nouvel dada,
debout, on est automatiquement dans une verticalité du plaisir,
mes ondes qui d’habitude m’entraîne plutôt vers l’horizon dans une lente dérive,
ici me font monter,
l’horizon semble s’être rapproché, semble me coller à la peau
et je cherche à grimper dessus, à passer par-dessus

un rut animal me prend par moments,
j’écarte les cuisses lascivement, je tends le cul, j’offre la croupe,
je sens mon troutrou qui baille, vibrant, frémissant déjà à l’avance
d’un va et vient bûcheron imminent,
quel moment d’empalement suprême,
j’en bande comme un taureau de me sentir un instant tellement empli par mes contractions,
une raideur souveraine me remonter dans les entrailles,
une autre raideur rend hommage à son labourage vigoureux

mais déjà je retourne vers l’orfèvrerie,
de lents mouvements, des caresses onctueuses, onduleuses
et des couilles pressées, frottées lentement, lentement, entre mes cuisses,
comme irradiant tout mon corps d’une soie tellement voluptueuse,
je vais m’envoler, c’est pas possible autrement,
tant de sensualité, une telle dentelle aérienne, fine, m’effleurant de tous les côtés,
mon âme nage dedans, le moindre atome de mon être en est frotté ineffablement,
cela n’arrête pas, vague après vague,
une telle félicité habite mon corps,
je vais m’évanouir, c’est trop pour un seul homme

danser son plaisir, c’est épouser l’espace,
c’est faire corps avec le mouvement, avec le geste,
c’est se déchirer,
dehors devient dedans, dedans devient dehors