#35913
bzobzo
Participant

on peut bander de deux manières,
l’une, la plus commune, la plus pratiquée très majoritairement,
c’est vers l’extérieur, la petite colonne de chair dressée fièrement, gorgée de sang,
l’autre, nettement plus rare, nettement plus confidentielle,
c’est bander vers l’intérieur

quand on bande vers l’intérieur,
il n’y a pas de petite colonne de chair dressée fièrement, gorgée de sang,
il y a un pénis flasque, indolent, rabougri, pendouillant
mais derrière cette façade de gros ver débonnaire au repos,
il y a un bouquet dense d’ondes s’élançant, filant à partir des génitaux, filant à partir de l’anus,
se répandant vers l’intérieur,
une érection majestueuse de vibrations s’élançant à l’assaut de la chair tendre des organes,
les pénétrant, les frottant, les fouillant, les tripatouillant, les retournant dans tous les sens,
montant jusqu’au cerveau, y explosant en feux d’artifice, en coulées de miel chaud

quand on bande vers le dehors, on bande vers quelqu’un d’autre,
quelqu’un d’autre de réel ou d’imaginaire, de fantasmé, voire même de non exprimé en aucune manière,
alors que quand on bande vers l’intérieur, on bande vers soi, vers soi, pour soi
en d’autres mots, il y a tentative de pénétration en nous par nous

tentative de pénétration dans une forteresse qu’on croyait jusqu’ici impénétrable
mais dont on a eu l’intuition qu’elle ne pourrait être qu’une passoire en fait,
une passoire dont il faut juste trouver les orifices
et puis la manière d’y générer du mouvement, du frottement, avec quelque chose,
beaucoup de mouvements, beaucoup de frottements, oh oui,
tout un travail de patience,
tout un travail de spéléologue dans la chair