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Participant

Bonjour @andraneros
Je vais tâcher de répondre à cette questions :

Comment se manifestent les effets de cette structure mentale ?

Lorsque nous naissons, nous arrivons dans un environnement déterminé, avec un patrimoine génétique déterminé et nous vivons une histoire spécifique. Les différentes études scientifiques en la matière indiquent l’immense complexité de ce qui nous détermine qui résulte de cet héritage sur lequel nous n’avons absolument aucune prise, aucun pouvoir. A partir de ces trois composantes : sociale, biologique, et historique, chacun d’entre nous va élaborer au fil du temps un discours mental, un univers mental qui va lui permettre de vivre son existence. L’homme est ainsi fait que si il ne se raconte pas son monde, si il n’élabore pas le monde mentalement dans lequel il vit, individuellement et collectivement, il ne peut absolument pas vivre dans ce monde. Notre cerveau est fait pour ça, il est à l’homme ce que les ailes sont à l’oiseau. Il est donc nécessaire d’apprendre à se construire un monde, une structure mentale cohérente, relativement rationnelle pour survivre, et vivre. Ceux qui n’y parviennent pas, ou qui voient leur structure partir en vrille deviennent fous ou se suicident.
C’est pourquoi cette structure, ou univers mental construit tout au long de notre enfance est à la fois nécessaire, car il nous permet de vivre dans cette société, et à la fois constitue une limite à notre sentiment de liberté, à notre accès à tout ce qui ne fait pas partie de notre univers mental. Car ce qui n’a pas été intégré, a été rejeté, et n’en fait pas partie. Un effort important doit être fait pour y parvenir. Ce n’est pas comme si dans mon univers mental il existait une ambivalence entre deux aspects de l’existence, comme entre le bien et le mal, et qu’il faille faire basculer par exemple ce qui faisait partie du mal dans la zone du bien. Ça c’est relativement facile car faisant déjà partie de notre univers mental. Ce dont je parle est plus de l’ordre de ce qui a été totalement occulté, et qui pour prendre place dans mon univers mental existant, doit le modifier, doit me faire changer radicalement de perspective, et voir le monde autrement.
Pour ce qui me concerne le plaisir prostatique a introduit dans mon univers mental une nouvelle dimension. C’est comme si j’avais été programmé pour voir le monde à plat, en deux dimensions, comme l’a fait l’homme pendant des siècles jusqu’à la renaissance, et puis d’un coup, je suis passé en 3 dimensions en introduisant la perspective. Ça donne le vertige, et ça peut être particulièrement effrayant.

Et cela à des effets sur mon corps sur lesquels je n’ai aucune maitrise : spasmes musculaires, reprise en main instinctive par le mental de certains phénomènes de jouissance, ou de plaisirs, qui ont tous pour effet de stopper ma progression vers l’orgasme. Pour ce qui me concerne la mise en perspective concerne un rapport au corps radicalement différent. La preuve de l’existence de la prostate, organe jusque-là totalement occulté de ma structure mentale a complétement modifié mon rapport au plaisir et à la jouissance, et par la même occasion, au sexe et relations sexuelles, à ma vision du genre masculin, féminin, à l’idée de cheminement, ou d’effort pour atteindre un but, tous ces concepts qui sont gravés dans mon esprit et qui constituent une partie de la structure mentale sur laquelle repose ma capacité à vivre dans ce monde sans devenir fou. C’est une redéfinition radicale de tout un univers qui menace l’univers existant au cœur de mon esprit.

Cela ne peut se faire que progressivement, mais cela est irrémédiablement en marche, car désormais je suis en contact permanent avec une chose qui se trouve en moi, dont je ne suis pas certain qu’il s’agisse seulement de la prostate, mais que la prostate m’a permis de découvrir.

Comprendre que la dualité entre le corps et l’esprit doit être dépassée, est pour moi l’une des clefs qui permettent de reconfigurer mon univers mental. Mais cela ne s’arrête pas là car chacun de nos univers mentaux est écrit sur des milliers de pages.

Pourtant, nous avons bien le sentiment d’avoir un corps, et un esprit. Il ne s’agit donc pas pour dépasser cette dualité, en effet comme tu le dis @andraneros, de faire gagner l’une des deux entités, ni de les fusionner en une seule, mais bien de les unir. Pour moi, ce qui permet cette union, c’est le mouvement de la danse ou chaque entité apporte son individualité pour créer, le temps du mouvement, et le temps du mouvement seulement, une production singulière. La jouissance prostatique est de cette nature : chaque session est unique. Il ne peut s’agir juste de reproduire des techniques pour atteindre un objectif préalablement définit. Il n’y a pas dans cette danse une relation de cause à effet entre le corps et l’esprit. Dés que ce concept de cause à effet se met en place dans mon esprit, au cours d’une session, c’est foutu, ça ne fonctionne plus. Vouloir produire un effet avec un mouvement, c’est peine perdue. Cela peut fonctionner une fois, mais pas la deuxième fois. Et pourtant, il y a bien des mouvements, puisque c’est une danse, et il y a bien des effets, puisqu’il y a plaisir. C’est là qu’intervient ce qui fait exploser mon univers mental. Ce qui se passe est inaccessible au mental. Toute tentative de saisir cela avec le mental se traduit par un echec. Je suis témoin de quelque chose qui m’oblige à reconfigurer complètement mon univers mental, non pour s’en saisir (de cette chose), mais pour le laisser s’envoler.

C’est cela pour moi que je dois intégrer dans mon esprit dans mon univers mental et qui a été pendant les 45 premières années de ma vie totalement occulté. Si je ne l’intègre pas dans la structure que mon cerveau doit construire pour soutenir l’existence sociale et l’existence du corps, soit il a la capacité de me rendre fou, soit il restera à jamais occulté.

Une fois intégré (ce qui est en cours) il ne constitue plus une menace pour la stabilité de l’ensemble, mais prend sa place comme un nouveau pilier qui augmente ma confiance, ma sensibilité, ma sensitivité, ma lucidité.

Bon cheminement @andraneros