#40298
bzobzo
Participant

ma pratique est très certainement extrême,
(je fais ici référence à un texte d’ @andraneros me concernant, dans un autre fil)
je m’en rends pas toujours compte tellement elle m’est devenue naturelle, simple, facile, aller de soi

le fait que j’habite seul, dans des circonstances matérielles en tous points propices,
que je n’ai pas beaucoup de vie sociale,
(quelques uns sont morts, beaucoup sont partis à l’étranger, me suis fâché à peu près avec tout le restant)
que j’ai jamais été quelqu’un, non plus, de très soucieux des conventions,
et puis surtout qu’après quelques sérieuses désillusions amoureuses,
je me sois mis à l’écart de toute interaction sexuelle, que je l’ai fui avec beaucoup d’ingéniosité et de fermeté,
j’ai fui la compagnie des femmes systématiquement pendant de longues années

le temps a passé,
à tel point que j’ai finalement complètement oublié comment me rapprocher à nouveau d’elles,
le jour où cette envie, ce besoin, s’est réveillé à nouveau en moi,
le besoin s’est exprimé en moi de manière irrésistible de sentir à nouveau quelqu’un contre moi,
là le désert s’est fait vraiment sentir un long moment,
plus tard, avec un bras, maintenant, nettement plus musclé que l’autre,
la découverte du plaisir prostatique est tombée près de moi comme une bouée de sauvetage
et ainsi suis resté bien au-dessus de la surface à nouveau,
mieux je barbottais, me suis assis sur cette bouée et jouais joyeusement

peu à peu, il n’y avait plus rien à sauver en moi, plus de péril en la demeure,
juste à m’engager toujours plus en avant dans une voie de plus en plus riche
qui assouvit somptueusement la chair,
cependant à partir d’un moment donné,
j’ai tout de même senti que ce n’était pas encore tout à fait cela qu’il me fallait
parce que je sentais au fond de moi que quelque chose qui me manquait très fort, il y a encore pas longtemps,
était là, comme un filon précieux, incomparable, qui dormait dans la gangue des profondeurs
que je pouvais l’en extraire ponctuellement, le faire monter massivement et lui donner le contrôle de ma chair,
qu’il pouvait ainsi me permettre de vivre un plaisir radicalement différent,
me faire vivre le plaisir de ce corps manquant à mes côtés,
j’avais découvert que le plaisir de l’autre, était là aussi en moi

le féminin, je ne pouvais pas l’avoir tout contre moi, le sentir vibrer tout contre moi
par contre je pourrais, à force de travail sur moi-même, le vivre de l’intérieur,
faire monter toute cette quantité incommensurable de féminin que je sentais au fond de moi
et qui se manifestait déjà régulièrement durant les séances

je devinais une voie, je devinais qu’il y avait une voie à creuser là,
je pressentais que tout ce féminin qui n’était plus à portée de mes mains,
ces seins, ces hanches, cette peau, ce vagin, ces gémissements, ces mouvements,
toute cette délicieuse lascivité qui m’était devenu tellement étrangère, qui s’était tellement éloignée de moi,
je la sentais en moi, au fond de moi, qui pouvait prendre forme, qui pouvait prendre vie,
je pressentais ainsi des corps à corps amoureux délicieux,
une interaction puissante entre le masculin et le féminin dans ma chair,
qu’il y avait tout le matériaux en moi pour créer tout cela

une langue étrangère, un vocabulaire et une grammaire,
tout le yin du monde est là en moi aussi malgré que je ne sois pas une femme, ni même homosexuel pour un sou,
enfin bisexuel tout de même sur les bords sérieusement,
tout le yin du monde est là en moi qui peut prendre vie dans ce corps
et me donner à vivre une interaction exceptionnelle au fond de moi-même