#40823
bzo
Participant

hier, c’était mon premier jour après que le soir d’avant, il y ait eu une éjaculation,
si je devais qualifier le niveau des sensations qui ont été générées hier,
je dirai que c’était du 10/10

hier, il n’y a pas eu d’éjaculation, aujourd’hui au réveil,
j’ai eu mes habituels petits moments d’intimité voluptueuse sous la couverture,
j’ai directement senti que c’était monté déjà d’un cran par rapport à hier,
c’est du 11/10
et sans doute demain, ce sera du 12/10 et ainsi de suite,
c’est cela le surrégime, les sensations qui devient exacerbées
parce qu’il y a cette forme d’abstinence, le fait en tout cas, qu’on n’éjacule pas, que les énergies s’accumulent

mais cette fois-ci, je laisse faire, je ne vais plus retenir, si mon corps aura envie d’aller jusqu’à l’éjaculation,
cela arrivera, je dégusterais l’instant comme il le mérite,
avant cela, je sais que pour arriver à cet moment paroxystique,
il m’aura fait voir de toutes les couleurs, du technicolor sur grand écran

se laisser mener par son corps, j’ai bien observé ce matin ce que cela veut dire,
imaginons-nous marcher, en forêt, par exemple,
le chemin devant nous, est facile, bien plat, pas de bosses,
on avance sans faire attention à nos pas, on délègue à son corps
le soin de gérer les jambes, d’enchaîner les foulées
mais si le terrain devient plus difficile, des trous, des bosses, des branchages tombés,
ou que l’on quitte le chemin forestier pour s’engager parmi les arbres,
là directement notre intellect se mobilise, prend la relève, s’empare des commandes

mécanisme bien huilé, parfaitement coordonné, on s’en rend même pas compte,
vous faites désormais attention à chacun de vos pas,
pour ne pas vous casser la figure, pour ne pas tomber, vous fouler la cheville,
vous ne penser plus à autre chose, vous ne rêvassez plus,
vous vous concentrez sur vos jambes, sur les pas avec ceux-ci pour avancer

eh bien, ce à quoi vous devez arriver,
enfin du moins dans la façon dont je pratique, c’est comme cela que cela se passe,
c’est que ce soit votre corps qui mène le plus possible les débats
comme si vous étiez sur un chemin sans obstacle, sans difficulté aucune
sauf qu’ici vous n’allez pas rêvasser, penser à autre chose tandis que vous avancez,
vous vous donnez juste l’occasion ainsi de transformer votre esprit en une éponge,
prête à s’imbiber de la moindre sensation qui monte
et de la vivre comme si vous baignez dedans, entièrement immergé dedans

le corps doit mener donc les débats, le mécanisme est là en nous, pour lui passer les commandes,
il est exactement le même que celui qui va s’opérer dans l’exemple que je décris au-dessus,
il est le même, si vous vous levez de votre lit et que vous commencez à avancer,
qui va aussi s’enclencher pour laisser à votre corps tout seul le soin
de vous mener d’un point X de votre chambre à un point Y,
vous ne serez pas là, concentré sur vos jambes à tout moment à vérifier l’exécution de chacun de vos pas,
peut-être les premiers car vous venez de vous lever et que vous êtes encore un peu en déséquilibre

nous menons les débats avec nos pensées, avec notre intellect mobilisé à 100%
parce que c’est du terrain qui ne nous est pas familier, le massage prostatique ou tout autre façon de pratiquer,
c’est comme si vous sortiez du sentier dans la forêt
et vous retrouviez sur le tapis de feuilles et de branches mortes
à devoir faire attention à chaque pas pour ne pas risquer de tomber ou de vous fouler la cheville,
c’est une sorte d’automatisme devant l’inhabituel, devant l’inconnu
de faire de cette façon aussi quand on est couché dans un lit et qu’on essaie d’éveiller ses sensations

mais c’est un mauvais automatisme qu’on peut facilement cesser si on s’en rend compte
et qu’on se donne les moyens de le faire, c’est juste une question d’habitude,
ce mécanisme qui permettrait au corps de prendre les commandes, est là,
il est splendidement huilé, exercé des milliers de fois tout le long de la journée,
il pourrait s’enclencher en un instant, il suffirait qu’en vous,
vous laissiez faire, vous acceptiez de ne plus avoir la main sur l’action avec votre tête
de la même manière que quand vous marchez en rue,
vous ne pensez plus à surveiller vos jambes à chaque instant,
c’est un simple lâche prise,
une acceptation humble et confiante en les capacités de notre corps à faire mieux que nous,
même dans une situation où les automatismes ne semblent pas être là
qui pourraient prendre le relai

que va-t-il se passer, comment mes mains vont-elles continuer sans moi pour les diriger?
comment mon action sur le masseur va-t-il se faire tout seul?
accepter humblement que notre corps peut se passer de nous, même devant de l’inconnu,
dans les moments de grand danger, c’est le corps qui nous sauve la plupart du temps,
l’esprit est trop lent, il analyse, il y a des moments où il faut laisser parler l’instinct

eh bien ici c’est la même chose, il est temps de laisser parler l’instinct
et cela se passera cent fois, cent mille fois mieux,
car votre corps saura toujours infiniment mieux que vous comment mener l’action durant la séance,
comment allumer les sensations, comment les entretenir, comment les magnifier, comment les mener à l’incandescence
il saura toujours infiniment mieux le faire que vous pourrez le faire avec votre intellect, vos pensées

le corps qui mène l’action, ce sont des faits et des gestes qui sont « sensation driven »,
être mené par ses sensations, pourrait-on dire,
cela veut qu’au fur et à mesure que les sensations naissent,
votre corps va adapter quasi instantanément en fonction du ressenti,
la chorégraphie du mouvement, des gestes, des caresses, des contractions,
enfin de tout ce qui se passe durant la séance

être « sensation driven », c’est une merveille, c’est un miracle, déjà en soi, à vivre
c’est tout de suite la sensation d’être en contact direct avec son corps,
être totalement avec lui dans l’espace et le temps,
vivre en direct tout ce qui se passe avec son corps, ne plus être dans cette petite cellule dans notre tête
où l’on est habituellement et d’où l’on dirige la manoeuvre,
c’est directement cette sensation de complicité, de communion, merveilleuse
enfin bref, c’est pour moi, une des choses les plus importantes de la pratique à comprendre,
voire la plus importante

joyeuses Pâques, beaucoup d’oeufs de toutes les couleurs, dans votre chair