#41213
bzo
Participant

j’ai une petite théorie à moi, je vais l’exposer,
délirons un peu, meublons, voulez-vous

pour moi, c’est formé peu à peu l’idée qu’il y a deux groupes de plaisir,
il y a des plaisirs dits « natifs » et des plaisirs dits « en surcouche »,
les uns n’excluant pas les autres,
les deux types pouvant cohabiter parfois de manière subtile et complexe

qu’est-ce que j’appelle un plaisir natif?
c’est pour un homme,
tous les plaisirs basés sur des sensations perçues
telles que générées par ses organes, par ses membres,
par exemple,
tout ce qu’un homme peut ressentir
quand son sexe dressé, est manipulé, par une main, une langue, une bouche,
un pieds, des seins, toutes sortes d’objets, des stimulations électriques, etc, etc
ou encore introduit dans un vagin, un anus, un sextoy,
une bouse de vache bien chaude, compressée dans une housse, que sais-je

ou bien encore, les sensations de sa prostate
il titille celle-ci avec un masseur ou des contractions,
ou même juste en se détendant, travaillant sa respiration, se concentrant
celle-ci va finir par réagir,
entraîner le corps de plus en plus en roue libre

le principe du plaisir natif étant que les sensations sont ressenties
telles que générées par les organes, le corps,
même si c’est thème et variations, que le spectre peut être très vaste

alors que ce que j’appelle un plaisir en surcouche,
lui, est construit, est bâti de toutes pièces,
va être basé sur les différents types d’ondes possibles dans le corps,
génitales, anales, prostatiques, énergétiques ou autre
mais le principe de ce plaisir en surcouche,
est qu’il va les transformer radicalement, de fond en comble, en quelque chose d’autre,
faire ressentir quelque chose de totalement différent
qui n’a plus rien à voir avec la sensation initiale ou si peu,
cela correspond, en général, à la matérialisation d’un fantasme
ou bien pour pallier un manque, dans mon cas

ce n’est possible que dans des condition bien précises,
il faut pour y parvenir, acquérir, ce que j’appelle, la complicité de son corps,
parvenir à bâtir avec celui-ci
par le biais d’un certains nombres de gestes, de mouvements, de postures, d’actions diverses
comme un langage de plaisir nouveau

un langage de plaisir nouveau à parler avec son corps ou une partie de celui-ci,
avec une grammaire et un vocabulaire à mettre au point, au fil des jours, au fil des nuits,
à enrichir, à diversifier, de plus en plus,
par le truchement duquel on va pouvoir interagir avec sa chair, solliciter celle-ci,
en lui envoyant un certain nombre de signaux,
de demandes de sensations inédites, fabriquées, en quelque sorte,
et elle va nous répondre en nous les faisant éprouver

d’où avec ce type de plaisir en surcouche
qui nécessite une très forte coopération, une très forte collaboration, de son corps
pour que cela fonctionne,
cette puissante sensation de complicité avec lui

il faut bien sûr se donner les moyens de ses ambitions,
c’est-à-dire beaucoup de patience, de persévérance, d’explorations, d’audace,
pour établir ce lien intime avec son corps

ainsi, moi, avec mon mode yin,
c’est quelque chose que j’ai pressenti à un moment donné, durant mon parcours en massage prostatique, avec masseur,
chaque séance m’apportait pourtant son lot d’orgasmes et très régulièrement, des super O aussi
mais j’étais de moins en moins satisfait, avec le temps qui passait,
car je percevais de plus en plus en moi cette possibilité en moi, ce potentiel d’un tout autre type de plaisir

le mode yin, tellement riche, coloré, épanouissant,
créant l’illusion parfaitement réaliste dans sa chair
que le féminin monte, s’empare de notre corps, le fait vibrer autrement,
nous faisant vivre de la volupté, des sensations, de la jouissance, au féminin
ou du moins quelque chose qui peut lui être fortement assimilé

j’ai eu l’intuition que c’était possible, que cela correspondrait mieux à mes besoins,
au profond manque de féminin dans ma vie,
du fait qu’à un moment donné, je m’étais exilé sexuellement sur une île déserte
avec juste les ressources de mon corps, à ma disposition