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AndranerosAndraneros
Modérateur

Bonsoir @epicture. Je suis heureux que tu aies pu retrouver un peu de temps libre pour nous apporter les fruits de ton cheminement orgasmique et les réflexions que t’inspirent nos échanges.
Autre paradoxe :
Tu as bien raison de mettre les points sur les « i » :

je ne « maîtrise » pas l’orgasme prostatique

Le contenu et la forme de tes messages ont beaucoup évolué depuis bientôt deux ans. Tu as commencé par une phase de découverte où tu avais beaucoup plus de questions que de réponses. Elle t’a conduit à une phase d’expérimentations sensuelles où tu as vécu des moments de jouissance de plus en plus intenses et de plus en plus faciles à répéter. Tu en a tiré une méthode adaptée à ta personnalité pour développer l’intensité, la profondeur, l’ampleur de ces moments. Tu es devenu maintenant capable de vivre à volonté des expériences orgasmiques que tu aurais classées comme mythiques si on te les avait décrites il y a deux ans.

Il est normal que des lecteurs qui découvrent notre pratique pensent que tu « maîtrises ». J’emploie ce mot parce que je sais d’où tu es parti et ce que tu as fait pour devenir celui que tu es aujourd’hui. Le mot « maîtrise » permet de rendre justice à ton travail de développement personnel. C’est important parce que je pense que ton exemple peut aider tous les hommes qui se lancent dans la même quête que nous.

Mais tu as raison de protester contre ce mot pour mettre en évidence deux vérités importantes pour la découverte de cette jouissance mythique :
1. Un « maître » enseigne à des disciples. Or notre pratique est profondément personnelle, au moins aussi émotionnelle que technique, ce qui signifie qu’il n’y a pas de vérité absolue à transmettre, au mieux une méthode ou plutôt des méthodes qui permettront aux nouveaux arrivants de découvrir leur propre voie de développement personnel.
2. Comme tu le dis avec force, notre cheminement vers le super O’ ne vise pas à nous installer dans un état clairement défini, immuable et universel mais à nous mettre en mouvement dans l’exploration d’un monde infini qui va de la perception de l’énergie vitale de chacune de nos cellules à l’extase spirituelle. Cet infini en nous, cet infini autour de nous ne peut pas se réduire au discours d’un simple maître.

Autre paradoxe :

Je ne crois pas que le super O n’existe pas, mais je crois que le super O n’existe pas en tant qu’aboutissement.

Pour rendre plus facile à comprendre ta double négation, je la traduis par « Je crois que le super O existe, mais pas en tant qu’aboutissement ». Je suis tout à fait d’accord avec toi. Je le disais fin septembre 2019 (avant dernier paragraphe) :

notre définition du super O’ évolue. Au début de notre cheminement nous classons facilement dans cette catégorie des orgasmes que nous classerons plus tard comme simplement meilleurs que nos orgasmes d’avant mais sans plus. Quand nous sommes bien plus avancés dans notre pratique nous réservons cette notation à des orgasmes bien plus intenses, bien plus profonds, bien plus étendus.

Ce à quoi tu répondais :

 » l’objectif de tous les pratiquants, vivre des super O’s mythiques  »
Je ne suis pas certain que cela soit finalement mon objectif. Mon objectif est bien plus vaste, et s’inscrit dans une démarche globale de tout mon être. Le super O est une sorte de cerise sur le gâteau, mais il ne faut pas que la cerise fasse oublier le gâteau.

Tu nous dis aujourd’hui :

Je ne sais pas si j’ai déjà connu un super O. J’ai déjà connu des moments de plaisirs intenses, aussi bien avec le massage prostatique qu’avec le massage pénien, mais ils n’étaient pas de même nature, et j’ai toujours l’impression qu’il existe une possibilité d’éprouver encore plus de plaisir 

Je réponds à ma manière que j’ai connu des super O’s mais, plus tard, j’ai connu un peu mieux, j’ai donc déplacé mon curseur ce qui sortait mes premières expériences de la catégorie. Puis j’ai connu encore un peu mieux… A partir de ce constat le super O est devenu une notion relative. J’aurais pu en faire un mythe inaccessible et tomber dans une dépression prostatique. Au contraire j’en ai fait un objectif pour la prochaine étape et encore mieux un encouragement à poursuivre mes expériences, à garder l’esprit ouvert, à rester appliqué, patient et confiant.

Autre paradoxe :

Je ne maîtrise pas le plaisir prostatique car j’ai remarqué que plus j’essaye de le maîtriser, c’est à dire « faire quelque chose d’adéquat pour le provoquer, le faire grandir », moins je le ressens. Ce qui ne veut pas dire qu’il ne faut pas bouger, mais le mouvement n’est pas le fruit d’un plan établi, d’une réflexion rationnelle, d’une volonté consciente, le mouvement est dû à un abandon à soi-même, une absence de résistance.

On peut répondre que la maîtrise est précisément le contraire de l’attitude que tu décris ici. Tu décris, d’une certaine manière l’application mécanique de gestes techniques. L’acquisition de la maîtrise passe par une première phase qui consiste à acquérir l’exécution de gestes. Mais elle est incomplète sans la seconde phase qui consiste à acquérir la sensibilité qui va rendre instinctive l’exécution technique au profit de la spontanéité du geste, soit dans notre domaine de la jouissance prostatique au profit de l’émotion.

Peu à peu, j’ai appris à être dans cette posture mentale ou la résistance est réduite au minimum, ce qui ouvre la porte du plaisir prostatique. Mais je serais incapable de dire ou d’expliquer quelle est cette posture mentale, c’est indescriptible. Mais le mental est toujours là; il peut, par une sorte de « clignotement » mental sans véritable construction rationnelle danser avec le corps. Mais quand le plaisir étreint le corps, le mental se fait silence, et profite en conscience de l’instant.

Cet aspect de ton expérience est très proche de ce que je vis. C’est ainsi que l’essentiel de mon cheminement s’est révélé au cours de sessions nocturnes quand mon esprit conscient s’effaçait au profit de mon « esprit corporel », comme tu le nommes dans ton nouveau fil de discussion.

De mon point de vue tu n’as pas été trop long. Tu apportes d’excellents exemples de cette notion de paradoxe qui est l’objet de ce fil de discussion.

Bon cheminement @epicture, bon cheminement @chaines.