#47598
bzo
Participant

on pourrait imaginer, qu’avec les jours passant,

d’énergie sexuelle s’accumulant, de plus en plus,

et que par conséquent, de corps devenant de plus en plus réactif,

qui fait qu’au moindre contact,

l’intensité, la richesse, de ce que l’on perçoit,

s’étant développé de manière tellement exponentielle

 

on pourrait imaginer que dans un tel état,

qu’on se bécote soi-même, qu’on s’asticote, à tout bout de champ,

qu’on n’y tient pas et qu’on s’envoie en l’air , le plus possible,

qu’on n’est plus qu’une bête en rut, du matin au soir

et je ne parle même pas de la nuit

 

mais non,

chez moi, en tout cas, ce n’est pas du tout le cas,

tout au contraire, ces derniers jours, je pratique de moins en moins,

je semble m’assagir de plus en plus

et je sens que ce n’est pas juste passager

mais que c’est bien le fait, la conséquence

que ma chair soit de plus en plus sursaturée, sur-engorgée, sur-imbibée,

de ces énergies

 

je perçois une sorte de bien être généralisé, de plus en plus,

pas à proprement parlé, sexuel,

juste, je plane un peu, comme cela, en douce, dans ma chair,

me sens bien, vraiment bien, inhabituellement bien,

juste à être là, dans l’instant, avec ce corps,

à habiter dedans,

à sentir cette chair chaude, douce, tellement vivante

une sorte de discrète, légère, béatitude, de tous les instants

 

ponctuée, tout de même, de petits montées de plaisir

provoquées soudainement, spontanément,

par un geste, un mouvement, une position de mon corps

ou alors que je lance quelques contractions,

me caresse un peu, quelques instants

 

cela provoque chez moi, immédiatement, un basculement ,

je commence à vivre mon corps au féminin,

tellement intégralement, tellement totalement,

c’est magiquement troublant,

une sorte de transformation à la docteur Jekill et mister Hyde

mais en infiniment agréable, en infiniment voluptueux, en infiniment transgressif

 

comme un bref tsunami d’une telle qualité qui me traverse,

des sensations d’une finesse,  d’une précision,  d’une intensité,

à vous couper le souffle

 

une vague de volupté,

comme une sculpture vivante, géante, ciselée,

par le burin d’un volcan d’amour

qui passe un instant,

éblouissant ma chair,

me bouleversant de fond en comble,

me mettant plein d’étoiles soyeuses, dans la tête,

des larmes de bonheur, même, souvent, dans les yeux

 

je me satisfais de cela, plus de séance au lit,

juste quelques secondes ici et là,

quelques secondes de communion intense avec mon corps,

de chevauchée, ensemble, comme cela, à la dérobée

 

perfection du moment,

brève félicité,  épanouissement instantané,

ailes géantes colorées qui se déploient un peu partout sur mon univers,

battant, battant, battant,

tellement doucement mais tellement irrésistiblement

 

parfois, je me saisis de mes seins, les triture un peu, les palpe, les presse,

ils deviennent comme des globes de chair délicieusement souple, élastique,

rayonnant, irradiant, de chaleur voluptueuse

 

je fais monter une contraction

et le ciel s’entrouvre,

un instant, une armada d’anges dévale la pente,

viennent me cueillir,

viennent me pénétrer de tous les côtés, de leur substance velouteuse et chaude,

je me rends à eux, je m’ouvre à eux, me laisse emplir par eux

 

et puis,  plus rien,

le quotidien revient, est partout en moi, sur moi, sous moi

mon corps n’existe plus que comme un véhicule anonyme

l’extraordinaire, l’incroyable,  a eu lieu, un moment,

il a disparu, il s’est envolé en fumée,

je porte mon secret comme un bienheureux