#48923
bzo
Participant

les hommes ne savent pas, pour la plupart,
mettre en route toute cette délicieuse machinerie sexuelle
que constitue de la tête aux pieds,
leur corps

en solliciter toute la diversité, toute la richesse
rechercher à en devenir complice,
à être en dialogue intime avec

tout ce qu’ils font, la plupart du temps,
c’est de laisser se dresser leur petite colonne,
attendre qu’elle soit bien dure
et puis vogue la galère,
toutes leurs sensations sont centrées
autour de ce petit monument éphémère
dont ils sont particulièrement fiers,
jusqu’à ce qu’il explose et se dégonfle

mais avec le cheptel, la moultitude,
des gestes et des mouvements,
avec chaque centimètre carré de cette peau,
au grain, à la fois, si délicat et si gourmand,
avec tous les effleurements savants
ou au contraire, sans ménagement, ratissant large,
possible

avec toutes les contractions musculaires,
les mises en tension de la chair et de ce qu’il y a en-dessous,
avec tous les changements de posture
les menus déplacements des membres,
avec toutes les pressions diverses et variées,
applicables, un peu partout, un peu n’importe comment,
possible

se construire un château,
illuminé à tous les étages,
par la fête

un atelier, des outils,
mis à disposition, en libre service, à volonté,
un matériau vivant à travailler,
plein de désir, plein de mystère, plein de volupté,
plein de veines qui courent dans les profondeurs, d’extases, riches et variées

nous attendent,
parfois toute une vie,
en vain,
accumulant la poussière