il y a ce matériau, hautement inflammable, dans ma chair,
comme il m’emplit, ce matin,
je bouge mon cul,
des flammes de soie chaude et ondulante,
semblent se mettre immédiatement à danser
je saisis mes seins, je les pétris un peu,
comme c’est doux,
comme c’est chaud, dans ma poitrine,
je suis assis,
je relève un peu la fesse droite,
pour glisser deux doigts en moi,
me suis levé, il y a pas longtemps,
mon anus est encore bien glissant
de tout le beurre de karité
dont je m’enduis, le soir, avant de me coucher
je me mets à bouger des hanches,
à danser sur mes doigts bien enfoncés,
l’autre main, chipote le sein gauche, le palpe, le presse, le frotte,
mes doigts me pénètrent de plus en plus,
j’essaie de m’empaler le plus possible dessus,
de les sentir le plus enfoncé possible en moi
et de gigoter dessus
je ralentis maintenant le mouvement,
bien sentir les frottements dans ma chair,
en déguster chaque millimètre de déplacement
j’ai déjà fait cela dix fois, cent fois
mais à chaque fois, le plaisir est comme tellement neuf,
tellement intact, tellement resplendissant,
mon cerveau est plein d’étoiles de chaleur qui volètent,
et tout mon corps semble comme un tube,
avec un nectar incroyablement soyeux,
circulant dedans, virevoltant, ondoyant
un dauphin dans la mer,
je me connecte à lui,
nous nageons de concert,
j’ai saisi sa nageoire, il m’entraîne,
l’eau est bleue, bleue, bleue,
est une caresse généralisée de tout mon être
je vois le soleil, au-dessus de la surface
qui brille comme un chandelier, dans le ciel,
qui semble avoir des tentacules dansant dans toutes les directions,
dans l’eau autour de moi,
c’est la fête de la lumière dansante,
c’est la fête de l’air pur et du vent
d’un espace immense, se révélant en moi